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Diane GagnéVoyager léger

L’explosion de la diversité sur le chemin spirituel offre une grande variété au chercheur de vérité. Lorsqu’on me questionne quant aux approches que je privilégie, je réponds toujours aux gens que tous les chemins sont bons lorsqu’ils mènent au cœur. Mais il n’en demeure pas moins que même si on cherche à se rendre au cœur, la multiplicité des voies offertes peut parfois embrumer l’esprit et même apporter une certaine confusion.

Je ne me cache pas de mon inclinaison vers les approches non-duelles. Mais je suis également en mesure de dire qu’elles demandent beaucoup de vigilance et surtout beaucoup de Présence. Dans ce domaine, tellement de choses se passent dans le silence ! Multiplier les mots, les concepts, les explications et les enseignements, peut parfois être plus problématique qu’autre chose. Il faut faire preuve d’une certaine prudence lorsque vient le temps de se diriger vers le web et les réseaux sociaux pour trouver des enseignements sur l’aspect plus « technique » de voies telles que le Vedānta, l’Advaita, le Shivaïsme du Cachemire et autres dérivés des approches orientales qui abordent la réalité avec ce regard. Les sources de confusion sont multiples. Il y a des amalgames qui sont parfois faits, dans une volonté bien intentionnée de vouloir être créatif ou simplement parce qu’on « pense » rendre les choses plus simples ainsi. Mais il y a surtout le fait que bien souvent, nous butinons la spiritualité et que si nous n’écoutons pas l’ensemble de la vidéo, de la baladodiffusion ou ne lisons pas l’entièreté du livre ou du texte, nous pouvons en manquer des petits et même des grands bouts. Bref, rien de dramatique, mais quand même, parfois suffisant à amener sur des voies de contournement plus ou moins longues. Et la question du bypass spirituel, devient un sujet dont il est de plus en plus traité. Du moins du côté de la littérature anglophone. Du côté francophone le sujet est un peu moins adressé.

Le bypass spirituel est un concept qui a été développé au milieu des années ‘80 par un psychothérapeute et enseignant bouddhiste américain se nommant John Welwood. Cela se résume assez simplement au fait d’utiliser des concepts, idées et/ou pratiques spirituels pour contourner ou éviter de faire face à des problèmes émotionnels non résolus, des blessures psychologiques et des désordres qui demandent à être traités. Des concepts, tels que le détachement ou le fait que « tout est māyā », ainsi que le positivisme outrancier de certaines approches qui vous expliquent que notre vie est à l’image de ce qui nous habite intérieurement, sont des exemples d’enseignements qui, s’ils sont mal véhiculés ou incompris, peuvent vous amener à nier un aspect très important du chemin spirituel. Il en est de même avec certaines pratiques méditatives ou certains rituels qui peuvent vous emporter dans des états intérieurs très extatiques, dans lesquels le pratiquant souhaitera retourner, encore et encore.

Les pratiques méditatives sont généralement enseignées comme des voies d’observation. Le but est bien sûr de calmer, de permettre de prendre du recul, de développer l’attention, parfois même la concentration. De s’ouvrir également à son domaine intérieur. Ce qui peut parfois faire surgir toutes sortes d’états, qui peuvent être plus ou moins envahissants ou difficiles à gérer. Il existe toutes sortes de techniques, dont la pleine conscience qui fait actuellement fureur. Fortement « moussée » par le domaine de la science, c’est une excellente pratique pour calmer, réduire les états anxieux et permettre de développer l’attention. Mais elle a d’importantes limites pour qui désire cheminer vers un état non-duel. Ou même simplement vers plus de paix sur une base permanente. Elle n’est pas différente en cela de toutes les autres pratiques spirituelles.

Pourquoi me demanderez-vous ?

Pour plusieurs raisons, mais la principale étant qu’on se méprend sur le sens de la méditation. On voit la méditation comme une « pratique », alors qu’en fait c’est vraiment un état d’être. C’est un état complètement naturel qui peut, oui, s’apprivoiser et être touché au moyen d’une pratique méditative. Mais celle-ci doit être orientée d’une certaine façon, pour un jour diminuer et finalement être réorientée autrement. Le poste de l’observateur dans lequel nous place la majorité des approches méditatives, est un poste temporaire et la vie n’est pas là pour être vécue dans une tour d’observation.

La vie est là pour être embrassée dans sa totalité, dans tout ce qu’elle nous offre. Parce qu’elle nous offre exactement ce dont nous avons besoin. Et de cheminer vers un état d’équilibre, vers un mieux-être, où la paix est d’abord et avant tout affaire d’écoute et d’accueil. C’est d’ailleurs pourquoi on vous parle abondamment de silence sur le chemin spirituel. Parce que l’écoute ne peut s’accomplir que dans le silence, et que l’accueil demande cette même prédisposition à pouvoir être, d’une certaine manière, réceptif. Tout ce qui résiste persiste, dit l’adage bien connu. Alors, quand bien même nous nous déposons sur un tapis de yoga, un coussin de méditation, que nous allons danser sous la lune au son des tambours ou nous recueillons dans une église, une synagogue ou une mosquée, toutes ces pratiques ne feront aucune différence dans notre vie, si au sortir de notre pratique ou discipline spirituelle, l’écoute et l’accueil ne sont pas au rendez-vous dans les autres sphères de notre vie. Donc, si votre pratique et/ou discipline spirituelle tend vers ces deux aspects, il y a de très fortes chances que cela finisse par déteindre ailleurs. C’est ce qui est d’ailleurs souhaité. Sinon, il faudra un jour ou l’autre en venir à voir ces deux aspects comme étant au cœur de toute votre démarche. Au cœur de toute la vie…

Écouter le chant des oiseaux, accueillir avec joie le soleil qui se lève le matin. Savoir s’émouvoir du rire d’un enfant ou d’une sonate de Bach. Accueillir un être proche dans sa souffrance ou simplement s’autoriser nous-même à vivre pleinement nos émotions, plutôt qu’à les rationnaliser. C’est là le sens même de la vie. S’autoriser même à résister ! Voir que nous résistons et que ça aussi c’est normal. Accueillir la résistance, c’est se permettre de démasquer ce qu’il y a derrière celle-ci. Tous les états de guerre en nous sont à pacifier, et réconcilier toutes les parts de soi est le gros boulot du chercheur de vérité. Ce qui nous habite est précieux, même ce qui vous paraît plus sombre ou moins noble. Ce sont des perles, que nous avons enfilées sur un fil de soie très fragile, pour ensuite l’enfouir en nous. Et si toutes les approches spirituelles qui se multiplient nous offrent toutes sortes d’outils pour appréhender ce travail d’orfèvre que nous avons accompli sur le fil de la vie, il ne faut pas oublier toute la délicatesse qu’il faut avoir lorsque vient le temps d’adresser la petite ou la grande histoire qui nous habite et les blessures du passé. Comprendre cette histoire n’est que la première partie du chemin, la partie la plus facile, celle qui relève de la prise de conscience et de l’intellect. La libérer est l’autre partie, celle qui demande écoute et accueil bienveillant. Une écoute beaucoup plus subtile, qui relève du cœur et des émotions, mais aussi du corps et de sa grande intelligence à nous faire sentir ce qui ne va pas.

C’est pourquoi un jour, il faut sortir de la « quête » spirituelle et cesser de butiner d’une offre à l’autre. Parce que cet aspect des choses relèvera toujours de l’intellect et de l’ego qui cherche un but ou une finalité. Voir qu’il n’y a nulle part où aller ! Tout est déjà là, en chacun de nous. Il faut simplement écouter et accueillir ce qui demande à se libérer. Se dépouiller, lentement mais sûrement pour revenir à l’essence, pour ne pas dire à l’essentiel. Cette idée que les choses sont ou ne sont pas bien est un biais perceptif. La vie n’exclut rien, embrasse tout et ne fait pas de distinctions de la sorte. Le tigre qui tue sa proie y a tout autant sa place que ce virus qui bouleverse nos vies, depuis un peu plus d’un an maintenant. C’est nous qui n’acceptons pas la vie telle qu’elle est, et qui résistons continuellement à ce qu’elle charrie sur nos berges. Aussi, il faut voir qu’il en est de même avec les difficultés qui ont jalonné votre vie. Elles ont toutes leur raison d’être et ont contribué à forger le très bel être que vous êtes. Si vous les voyez pour ce qu’elles sont, dans un accueil bienveillant, rempli de douceur, vous pourrez libérer la souffrance qu’elles ont induite, tout en conservant leurs fruits : les apprentissages et la sagesse qu’elles vous ont apportés.

D’un regard non-duel, tout a toujours sa raison d’être. Tout est l’expression de l’infini, qui s’exprime dans un amour totalement libre et ouvert. Un amour d’une profondeur et d’une intelligence que nous ne pouvons pleinement appréhender dans les limites de l’être et de sa finalité. Finalité que nous pouvons apercevoir de façon fugace, mais jamais comprendre dans sa totalité. Les trajectoires évolutives, la vôtre comme celle de ce monde dans lequel nous vivons, sont hors de notre portée. C’est donc pourquoi nous devons nous abandonner à la vie. Accueillir tout ce qu’elle nous apporte et apprendre, lentement mais sûrement, à faire fi des opinions, regards et jugements que nous attribuons aux évènements, aux gens et aux choses. Que nous nous attribuons. Simplement écouter les enseignements silencieux qui nous sont offerts. Des enseignements que nos oreilles et même notre esprit ne peuvent pas toujours appréhender, mais que notre cœur est en mesure de pleinement comprendre.

Être des observateurs, qui, de notre pinacle intérieur, prenons un moment de recul, pour comprendre que le territoire que nous visitons est une partie du voyage. Une partie essentielle. Mais un jour, nous devons redescendre et apprendre à voyager léger. Vivre pleinement, s’investir gaiement, tout en ayant cette grande sagesse de voir que tous les voyages ont un jour une fin.

Crédit photo : Pezibear sur Pixabay


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Diane Gagné

25 ans dans le domaine judiciaire ainsi qu’une quête personnelle jalonnée de hauts et de bas, c’est le parcours de Diane avant que sa vie bascule complètement. Une nuit noire de l’âme l’entraîna jusqu’à une tentative de suicide. Un éveil spontané s’en suivi, un retournement de conscience s’opéra et plusieurs années d’arrêt s’imposèrent pour intégrer cette expérience. De cette pause naquit une réalité complètement nouvelle.

Nous sommes la Présence Éternelle qui habite au coeur d’un mouvement qu’on appelle la Vie. Rien à retrancher ou à ajouter à une vie qui est complète et pleine d’elle-même. Souffrances et résistances ne sont que le fruit d’une séparation illusoire. Nous ne tendons vers rien de spécifique sur le chemin spirituel, mais retournons simplement à ce qui est préexistant à toute manifestation. Il n’y a donc rien à apprendre mais tout à oublier.

Des pensées, des réflexions, des inspirations surgissent et repartent. Rien ne peut vraiment être saisi. Dans un élan de partager ce vécu, des textes, des partages en Présence et des conférences vous sont offerts. Ainsi que des services pour vous accompagner sur votre chemin.

Une simple présence sur votre chemin d’éveil, qui ne prétend à rien de particulier. La Vie qui se déverse, d’un cœur à l’autre…

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