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Vivre libre, c’est le théorème de l’éclipse.
Ce que cache cet extraordinaire soleil qu’est le vivre libre, c’est la lune du vivre seul.

Moi, jeune terrien, je dois accepter le rayonnement de la liberté, et la réalité de mes multiples faces. Je dois aussi accepter mon ignorance. Ma face cachée.

Si je peux mettre un périmètre à qui je suis, je peux mettre un périmètre à un espace de liberté.

Vivre libre, c’est être capable d’évoluer, d’avoir une vie bonne, dans un espace où l’on se connaît.

Mais avant de développer cette courte introduction, il me paraît utile de parler d’attachement, de rôti, et de riz.
Ne soyez pas effrayé, j’ai bien pris mes gouttes !

L’attachement, parce qu’il est notre premier besoin.
Notre premier besoin n’est pas d’être libre, mais d’être attaché à quelqu’un pour devenir libre.
Je vous invite à consulter les travaux de recherche conduits par la psychologue canadienne Mary Ainsworth sur ce sujet. En prolongeant ceux du Dr Bowlby, elle démontre les différents développements d’un nourrisson en fonction de l’attention portée par l’adulte référent (parent ou non parent).
Schématiquement, il existe 3 grandes catégories de développement.

Si la figure parentale surveille en permanence l’enfant, il finit par jouer seul. En confiance car « attaché », il peut découvrir le monde : il peut assumer sa liberté.
Si la figure parentale le surveille partiellement, l’enfant reste anxieux et ne peut pas jouer seul : il aura en permanence besoin de capter l’attention du parent pour se rassurer. Dès qu’il l’obtient, il retourne à ses occupations, mais continue à surveiller l’adulte pour s’assurer de son attention. L’enfant n’est pas occupé par son développement personnel, mais par l’attention d’un autre. Il ne peut pas assumer entièrement sa liberté.

Si la figure parentale se désintéresse complètement de l’enfant, quoi qu’il fasse, après une phase initiale de colère, l’enfant « se coupera » de sa douleur d’être ignoré en se construisant un monde à part : c’est le début de la sociopathie. Il n’y a plus aucune liberté. Il ne se développe pas lui, mais par rapport et contre les autres.

Il est important de postuler que l’on ne peut être libre, que si l’on se sait aimé et attaché, donc lié, donc pas si libre que cela !!!!
Au fond, la section du cordon ombilical n’est qu’un geste symbolique.

Je ne suis pas moi, je suis une continuité des autres.
Comment pourrais-je être libre, si je ne suis pas seul ?
Accepter l’héritage, le patrimoine.

Cela me fait arriver au rôti.
Un jeune marié voit sa femme lui servir un rôti dont les entâmes sont coupées. Quand il lui demande pourquoi elle fait cela, elle répond que c’est comme cela que ça se sert, que sa mère a toujours fait comme ça.
Il obtiendra la même réponse de sa belle-mère.
Et quand enfin il peut questionner la grand-mère, elle lui apprend qu’elle le faisait parce que son à plat à servir était trop petit.

NOTRE HÉRITAGE

Combien de choses faisons-nous, pensons-nous, sans en ignorer même la cause. Simplement parce qu’on l’a toujours vu faire, ou entendu dire.
Nous ne sommes pas libres, mais prisonniers d’un savoir-faire ou d’un savoir être.

Alors il faut tout remettre en cause ?
La quête de la liberté passerait-elle par l’effacement du disque dur… ??? !!!

Je vous laisse le choix dans la ponctuation. Laissez-moi vous servir le riz avant d’aller plus loin dans le raisonnement.
Il existe en Asie des petits singes voleurs de riz.
Pour les attraper, les cultivateurs vident des noix de coco au travers d’un petit pertuis, suffisamment grand pour permettre le passage de l’avant-bras de ce singe.
Ils le remplissent de riz, et laissent le piège en place.
Le singe voleur y introduit le bras, saisit le riz, mais ne peut retirer le bras car le volume de son poing l’empêche de repasser au travers du pertuis.
C’est ainsi qu’il se fait attraper.

Mais aussi, pour comprendre que notre liberté passe par le renoncement. Notre liberté passe par le choix.

Cette parabole est à mon sens la meilleure pour illustrer ce qu’est le lâcher-prise. La liberté n’est pas un dû, mais une conquête.
Pour être libre et heureux, il faut accepter d’être aimé, lié aux autres, mais aussi savoir qui l’on est vraiment, et être capable de renoncer à tout sauf l’essentiel, la vie.
Pour vivre libre, il faut être capable d’accepter, de renoncer, et d’être seul.

Mais alors, pourquoi faire ça ? est-ce si important que cela de vivre libre ?

Je peux comprendre le besoin de travailler sur moi pour être heureux, mais pour être seul ?!?

Extrait d’un dialogue intérieur auquel je vous associe :
« mais enfin Bob, c’est une réalité ! ». On peut bien partager une expérience avec quiconque, chacun d’entre nous en repartira avec des sentiments, pensées, émotions différentes, et qui lui seront propres.
On est seul, car on est seul en contact avec notre propre perception, et son analyse.
Quand vous ajoutez à cette perception différente, votre culture, religion, patrimoine familial, votre pays, votre humeur, etc. …
La pensée est une marmelade.
Serions-nous tous des sortes de gros pots de confitures ?

Il faut vivre libre, car c’est une réalité, on ne peut y échapper, on est seul.

LE JOUR OÙ L’ON COUPE LE CORDON

Et pourtant, imaginez cette longue chaîne qui nous unit tous, ascendants et descendants. Comme une fleur qui s’érige, largue son pistil pour donner une fille fleur, puis retombe avant de disparaître, et laisser ce pistil donner une fille fleur qui peut s’ériger, larguer un pistil… Nous sommes une continuité.
Nous sommes seuls, dans une continuité.

Comme un arbre qui donnerait des ramifications sans fin.
Nous sommes des segments d’une branche, issue d’une branche mère, et donnant des branches filles.

Nous sommes seuls, liés.

La liberté, c’est la conscience du lien, la connaissance de sa place dans un arbre de vie, nourrit de la lumière du soleil et de la lune
Nourrit de la vie
Le temps de quelques secondes
Attaché, puis détaché, puis rattaché
Libre
Heureux
Léger, comme le temps qui passe

Car la liberté n’est pas une réalité en tant que telle.
Elle n’est qu’une part d’une réalité qui nous compose
Elle se résume à la nature de quelques choix.
On est libre de choisir nos orientations, mais pas de qui on est.

NUL N’ÉCHAPPE À SA VRAIE NATURE

Alors en quoi cette liberté est si précieuse ? au point d’y être inscrite sur la devise de notre bonne république, associée à l’égalité et la fraternité.

On entend souvent que ce qui compte véritablement, ce n’est pas le résultat, mais le chemin.

On rapporte même à Albert Einstein le propos suivant : « Là où il y a une volonté, il y a un chemin ».
C’est bien possible, elle est la traduction de sa théorie du E=mc2.
Le c2 est une constante, seules varient le E, c’est-à-dire l’énergie, et le m, c’est-à-dire la masse.
Il faut lire l’équation en ces termes : la variation de l’énergie est proportionnelle à la variation de la masse.
C’est l’équation de la liberté.
C’est l’équation de notre volonté.
C’est l’équation du chemin à suivre.

Plus nous donnons de la densité à ce que nous sommes, plus nos choix déterminés par notre capacité à être libre nous donne de la masse, et plus nous avons de l’énergie de vie.

Ce qui compte, c’est le mouvement, la variation de masse.
Il faut savoir se remettre en question tous les jours.
La variation de l’énergie est proportionnelle à la variation de la masse.

Notre liberté nous offre la possibilité de ne pas être flasque, comme une sorte de flan inerte capable d’absorber l’énergie sans la restituer.

Cela rejoint l’idée développée par la philosophe Simone Weil : savoir créer un vide dans son esprit.
Le vide offre la possibilité d’accueillir.
Le vide n’a pas de préjugés.
Le vide crée une dépression, donc un mouvement.

Créer un vide en soi permet d’accueillir la Liberté.


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