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Yan Serre
Une bulle d’ego…
Yan SerreUne bulle d’ego…

Quelle folie des Hommes de vouloir se faire dieux…

À l’instar des descriptions de la mythologie grecque, le genre humain rêve depuis toujours, secrètement ou non, de bousculer les résidents de l’Olympe ! C’est d’autant plus amusant qu’en réalité, Dieux nous sommes déjà depuis des temps d’avant le Temps lui-même ! Modérons néanmoins notre discours en rappelant que ce n’est qu’en un sens seulement. Nous pourrions oser cette affirmation si nous tentions de rejoindre d’ici-bas notre déité intrinsèque par un tout autre chemin que celui que nous avons choisi pour nous y reconnecter. Car notre voie d’escalade à la montagne Olympe, nous avons décidé de la frayer via la connaissance, le mental et le pouvoir. Pourtant, la seule façon pour redevenir ce que nous sommes intrinsèquement, en tant que Créateur incarné, ne peut passer que via le chemin du cœur. Notre art à tout compliquer par le mental développe l’ego et peut même ainsi faire main basse sur le spirituel ! Trop souvent, médiums, «canals», coachs holistiques ou tout autre genre d’êtres s’affublant de  panoplies digne de «super héros» sont finalement emprisonnés par ce terrible ego spirituel…

La céleste vibration compassionnelle reste toujours présente par nature… 

Si cela n’empêche en rien la véracité d’expériences vécues et dites « extraordinaires », que cela n’enlève pas plus à la sincérité de leurs croyances, cela entache néanmoins leur simplicité et peut rendre leur orgueil parfois démesuré ! Avoir expérimenté ce genre de choses n’est certes pas offert à tous les coins de rues mais il n’est pourtant pas question de finir par en tirer une gloriole ou une supériorité déplacée. Ce type de très puissants enseignements reçus de façon directe se produit souvent une seule fois ou sur de très courtes durées. Comment pourrait-on en tirer la conclusion que l’on a presque parachevé sa « formation » aux règles de l’Infini que comporte l’Amour Divin ? Le risque devient alors grand de succomber à l’auto-proclamation de capacités conduisant souvent à ce fameux ego spirituel. Ainsi, cette bulle d’énergie semble dangereusement enfler en occident depuis quelques années ! Nombre de ces « thérapeutes » croient sincèrement en leurs pouvoirs de guérison, de guides d’âmes ou d’un tas d’autres particularités fleurissant tel des champignons suite à une douce pluie spirituelle printanière et pourtant…

La vertu cardinale a l’ensemble de ces magnifiques capacités demeure éminemment reliée au cœur. Donc, à la simplicité et à l’humilité ! Si cela a été englouti par un ego déguisé en gourou alors, il ne s’agit plus ici que de techniques, savoirs et autres connaissances. Quand on n’est pas même proche de la manipulation ! Mais où est donc passée la sainte vibration ? Le risque est tout particulièrement élevé que cette même vibration initiale et indissociable ait été dévorée par monsieur l’ego dans sa grandiloquente posture du chevalier blanc ou de l’infirmière spirituelle !!! La dite «connexion» médiumnique ou holistique peut alors être superficielle et le socle de construction égotique sur lequel est bâti la relation d’avec les autres n’en devient que plus problématique. L’individu «connecté» s’en trouve enorgueilli, consciemment ou inconsciemment, par le rôle qu’il joue et l’admiration qu’il peut dès lors susciter sur les autres ! Du possible statut de patient, on peut basculer alors à celui de client pur et dur.

La notion d’argent, de profit voire d’enrichissement personnel n’est parfois plus très loin. Pourtant, toute montée en puissance franche et sincère en spiritualité ne peut se faire, arrivée à un certain seuil, qu’au travers de la simplicité et de l’humilité. Si cette étape est niée, oubliée ou pire refoulée, elle permet alors la construction quasi inévitable de l’ego spirituel ! Il mènera tôt ou tard à une forme d’échec et bien plus pour celui qui se pense le soignant.  Quant au «soigné», lui, aura peut-être réussi à ouvrir une porte ! C’est là, trop souvent, une des seules belles capacités que l’on peut louer chez le thérapeute dit spirituel.

Voici déjà une céleste étape me diriez-vous mais s’il ne l’a pas lui-même transcendée, alors l’aventure se stoppe ici ou elle transmet sa capacité à la production d’un nouvel ego spirituel ! Si l’aérienne vibration compassionnelle reste toujours présente par nature, puisque l’Amour est la patience par essence, elle s’en trouve remisée au quatrième sous-sol par un mental ego exhibant sa somptueuse cape de sauveur ou de guide patenté ! Peuvent alors tomber des « je sais, j’ai vu, je suis en contact avec… » et ainsi de suite.

Diluer mécaniquement le petit ego et l’ensemble de ses velléités… 

Le mental a réussi le tour de force de rentrer par la fenêtre après que vous l’ayez chassé par la porte ! Adapté à la situation nouvelle qui était à ce moment sincèrement celle du futur «canal», il a endossé le flamboyant et lumineux costume «spirituel» sans presque rien en vibrer du plus profond de son cœur. Le piège va ainsi se refermer sur le sincère candidat compatissant qui se transformera alors souvent en mystique «coach de vie» ou autre «éveilleur d’âme»…. Celui-là même sera peut-être devenu incapable de coacher son propre ego englué dans la mélasse de sa si somptueuse «mission de vie» !!! Avez-vous remarqué combien ils sont souvent le canal d’un être suprême tel un archange, d’Isis, de Marie-Madeleine ou de Jésus…. Et si cela ne demeure, en effet, pas impossible, c’est au détriment de leur croyance qu’ils sont presque Celle ou Celui qu’ils disent «canaliser» en chair et en os. Cela les ferait probablement «fondre» sur place si une telle puissance les habitait totalement comme ils aiment à le laisser penser !!! Essayez donc de balancer du cent mille volt dans un appareil à 220V !!!

Nous assistons de la sorte depuis quelques années à une puissante éclosion, en bulle spéculative, d’un énorme égrégore spirituel. Comme presque toujours dès que le mental à la sauce occidentale s’empare de quelque chose, tout devient curieusement basé sur la sacro-sainte notion de réussite, de but ou de profitabilité. Cependant, si réelle re-connexion il y a, alors, la simplicité doit vite reprendre ses droits et se réinstaller d’elle-même. S’y dilue mécaniquement le petit ego et l’ensemble de ses velléités à se donner des «diplômes» autoproclamés de coach, médium, éveilleur d’âme, canal et tout ce qui transpire le «Moi Je suis ceci ou cela…. ». Fort heureusement, au cœur de cet ensemble, s’épanouissent de beaux esprits emplis de compassion et de sincère envie d’aider leur prochain !

N’ont-ils pas, in fine, pour unique vocation de rappeler combien l’apprentissage de soi et du soi sont les plus belles des voies…

Tout se joue dans une interdépendance absolue et inextricable des choses et des événements… 

Les grands maîtres ascensionnés ne s’autoproclament pas ainsi mais se retrouvent souvent entichés de ces « armoiries » par leurs admirateurs. Alors, évidemment, pour nos candidats à la possible et salutaire re-connexion, se présenter humblement en disant juste «Je suis… » (dans la simple plénitude d’Être !) sans aucun attribut ronflant accolé, ce n’est pas attirant pour un sou ! Qui se sentant mal dans sa peau, perdu, en dépression ou en manque de confiance voudrait confier la plausible sortie de ses propres filets de malheurs à quelqu’un qui ne présente rien de magique ou de miraculeux ? Hé bien probablement pas grand monde, si ce n’est personne ! Cela ne ferait pas les affaires de nos grands thérapeutes…. Dépouillé de leurs attributs aux accents magiques voire quelque peu miraculeux et tant recherchés par les futurs patients, il ne reste peut-être plus grand chose de vendeur ! C’est là que les «patients» tiennent aussi une grande part de responsabilité. À l’instar d’un passage chez le médecin qui pourrait bien dire « au revoir » à ses clients s’il refusait de prescrire systématiquement une ordonnance donneuse de médicaments, notre coach doit délivrer sa dose de magie ou de miracle en tant qu’intercesseur d’avec le monde de l’invisible ! Sinon, le client sortira de là bien déterminé a le quitter définitivement pour un plus «chamanique» que lui. Le «client» participe ainsi à l’explosion de cette bulle d’ego spirituel ! Quel coach de vie spirituelle conservera la confiance de son patient sans sa dose de surenchère de connexion aux forces invisibles? Comme toujours, il faut trouver le parfait équilibre entre les deux pôles… La fameuse voie du milieu ! Toute connexion au Soi ne semble possible qu’après la prise de conscience que rien ne vient réellement de l’extérieur. Et que, pourtant, tout se joue dans une interdépendance absolue et inextricable des choses et des événements. Comprendre le juste et simple rôle de l’ego entre l’Invisible et la matière n’est décidément pas chose aisée ! L’appréhender tel un modeste pont organisateur entre ces deux polarités reste une difficulté. En conséquence, toute croyance basée sur le fait que l’on détient un pouvoir extérieur offert suite à une expérience mystique doit être transcendée sitôt la maturité de ladite expérience faite. Il ne peut y avoir que RE- connexion. RE- découverte que tout est déjà en soi et accompli de l’intérieur par essence !  «Je suis tout», Le Tout, en mon propre sein et il en est ainsi pour chacun d’entre nous tous ! Plus la RE- découverte de cette vérité est intégrée avec humilité et plus l’on se Re- connecte à la Source dont nous sommes intemporellement une pièce du parfait puzzle. «Comment le maillon d’une chaîne aurait-il l’idée saugrenue de vouloir passer devant les autres?!»* Malheureusement, cette expérience a vite fait d’être possiblement utilisée par l’ego et s’avérer devenir le plus gros piège sur le chemin de l’apprenti spirituel !!! C’est une étape obligée dans laquelle on peut non seulement se retrouver embourbé mais qui peut surtout produire cette boursouflure de l’ego ! Comprise et transcendée, elle ouvre la porte à la félicité du cœur, la joie sobre et quasi autonome de vivre simplement… De simplement vivre !

La divinité qui est en moi reconnaît la divinité qui est en toi

N’avez-vous jamais remarqué comme les êtres RE- connectés sont humbles et rayonnent toujours d’un sourire chaleureux illuminant leur visage ? Il m’est arrivé, au cours de mon chemin, de croiser le regard de certains de ces rares êtres à l’ego transcendé, suscitant, plus que de raison, une folle admiration. Tournant même, parfois, au possible fanatisme pour nombre de leurs admirateurs ! Ainsi, certains espèrent un regard, un contact ou une parole venu du gourou qui satelliserait leur petit «mental ego» jusqu’au septième ciel d’un : «Tu as vu, c’est sur moi qu’il s’est arrêté» et bien d’autres joyeuseries du genre. D’autres, au même moment, se seront courbés jusqu’à s’écraser au sol sur le passage du dit maître. Des êtres persuadés de leur incommensurable petitesse, inconscients du fait que vibrent en eux exactement les mêmes capacités lumineuses que celles de leur éclaireur de conscience. En fait, ils sont leur propre gourou et leur gourou est eux ! Indissociables par nature ! S’incliner devant un maître véritable n’a de sens dès lors que si vous l’entendez telle la profonde signification du fameux «Namaste» marquant: «La divinité qui est en moi reconnaît la divinité qui est en toi». Ces êtres précieux ne brillent pas par une nature profondément différente de la nôtre mais grâce à la dépollution mentale entreprise, et surtout pratiquée, depuis de très nombreuses années. Là est notre salut individuel et collectif : Un travail sincère et profond venu de l’intérieur ! Un diamant ne brille de mille feux qu’après avoir été méthodiquement et patiemment poli !!! Or, ce travail n’incombe qu’à nous seul et comme le disait si justement le Bouddha : «Je peux vous conduire à la source mais je ne peux pas boire à votre place». Enfin, l’humilité et la simplicité a retrouver peut-elle être mieux décrite que dans les paroles d’un maître véritable tel Socrate prononçant : «Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien…». Coach de vie, passeur d’âme, canal ou simple quidam….. Apprenons donc tous et humblement à nous RE- connecter !!!

«N’abandonne jamais ! Quoi qu’il puisse arriver, n’abandonne pas. Développe ton cœur. Beaucoup trop d’énergie est dépensée à développer le mental dans ton pays à la place du cœur. Développe le cœur. Sois compatissant. Pas uniquement avec tes amis mais avec tout le monde. Sois compatissant. Travaille à la paix dans ton cœur et dans le monde. Travaille pour la paix, je le redis encore et n’abandonne jamais. Peu importe ce qui arrive. Peu importe ce qui arrive autour de toi…. N’abandonne jamais. »
Le quatorzième Dalaï Lama.

* Extrait du livre « Les maladies du Bien » Yan SERRE. Éditions Terrévada.

Yan Serre

Yan Serre

Ancré au nord Finistère, de Brignogan plages, Yan nourrit une passion pour la littérature et la nature depuis son plus jeune âge (il écrit depuis l’âge de 12 ans). Les mondes de la philosophie et de la spiritualité l’attirent très rapidement et c’est ainsi qu’il se met à lire Descartes puis Platon dès la classe de 3ème. D’un tempérament solitaire et aventurier, son enfance est portée par deux grands rêves : parcourir le globe par les mers et découvrir l’Himalaya. Il suit des études de philosophie puis exerce pendant cinq années au sein de l’Éducation nationale. Il a pourtant peu à peu envie d’indépendance et d’introspection. C’est alors qu’il se met en quête de tout ce qui pourrait l’aider à mieux vivre et à libérer son esprit de son quotidien matérialiste. Il découvre le yoga et le bouddhisme vers ses trente ans. Il multiplie les départs, d’abord en Europe puis dans le reste du monde. A l’hiver 2012, il entame un voyage initiatique en direction du sommet de l’Everest en solitaire, sans guide, sans porteur et sans moyen de communication. Cette expérience le transforme, humainement et spirituellement parlant. De retour, il est poussé par une incroyable envie de changer de vie et de se consacrer à la recherche du Soi. Il quitte son emploi pour créer sa propre société Terrévada afin de venir en aide aux artisans rencontrés au Népal. Il se lance dans sa passion d’écriture en publiant un premier livre qu’il auto-édite par choix, comme un pas de plus dans sa démarche d’indépendance mais toujours guidé par l’envie de partage. Il s’agit de “Népalsolo”, un premier livre qui sera par la suite suivi d’un deuxième tome nommé sur “La révélation de soi”. En 2016, il choisit de quitter son logement et de vendre une très grande partie de ses affaires personnelles pour acheter un camping-car, un lieu grâce auquel il peut poursuivre sa quête d’une vie plus indépendante et nomade. Il y approfondit son désir de partir à la rencontre des autres en leur faisant découvrir ses livres et les révélations découvertes lors de ses voyages.

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