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Patricia Voisin-Aujoux
Un espace de transition : l’entre-deux
Patricia Voisin-AujouxUn espace de transition : l’entre-deux

Transition

Pour finir la trilogie de la perte d’équilibre, je voudrais vous parler d’un espace bien particulier que j’appelle « l’entre-deux » .

Pourquoi ce titre ? Parce que, lorsque je m’y trouve, j’ai vraiment l’impression d’être coincée entre deux portes. Et c’est très inconfortable.

Pour vous imaginer la situation, fermez les yeux un instant. Imaginez que vous vous tenez debout. Sur votre gauche, vous voyez une porte qui est légèrement entrebaillée. Sur votre droite, vous voyez une autre porte tout aussi légèrement entrebaillée ou fermée.

Et vous êtes là, entre les deux paillassons sans trop savoir quoi faire. Sachez qu’il n’y a rien à faire si ce n’est observer et attendre.

Cet espace de transition est loin d’être simple. C’est un lieu où s’élèvent encore des émotions, moins virulentes, mais vous n’êtes pas encore au mieux de votre forme.

En regardant cette porte sur votre gauche qui se referme doucement, vous savez ce que vous laissez derrière vous : des personnes, des situations, des comportements, des lieux…

Et en voulant essayer de voir ce qu’il se passe vers la porte de droite, vous ne voyez pas grand-chose. C’est comme si vous aviez certains aperçus mais pas encore la totalité de ce qui va prendre forme. Parfois, vous ne voyez rien du tout et votre besoin de contrôle en prend un fichu coup !

Qu’est-ce qui se passe ? Vous avez peur de perdre tout ce qui se termine et peur d’aller vers un inconnu encore très incertain. C’est très humain tout ça.

Surtout pas de précipitation et laissez faire le temps. De toutes façons, vous n’avez pas le choix. Parce que, dans ce sas de décompression (parce que de la pression, ce n’est pas faute d’en avoir eu bien avant), vous allez devoir faire preuve de patience.

De la patience pour que tout soit bien éliminé, que vous ayez bien tourné la page, et de la patience pour que, sur votre droite, les choses se dessinent un peu plus.

Quoi faire pendant ce temps ?

Revenez au basique du quotidien ! Jardinez dans votre potager, agrémentez votre balcon avec de nouvelles fleurs, cuisinez, faites vos courses, lavez votre voiture de fond en comble, rangez vos placards ou votre atelier, repeignez votre intérieur, jetez tout ce qui est superflu, bullez au soleil, faites de grandes balades dans la nature, lisez un bouquin, coloriez des mandalas, jouez avec vos enfants…

Bref, faites simple et ne vous prenez pas la tête. Ce n’est ni plus, ni moins ce que nous avons vécu pendant ce temps de confinement : un espace intermédiaire, hors du temps de d’habitude, qui vient arrêter certaines choses pour se concentrer sur d’autres, plus essentielles. Et la simplicité est de mise pendant cette période.

Que va-t-il se passer ?

Rien de ce que vous voudrez qu’il se passe. Parce que, dans l’entre-deux, vous n’avez aucun contrôle. Ce qui s’y passe est le résultat de toute une accumulation de choses d’avant qui mûrit à son rythme et qui produit sans avoir besoin de vous.

C’est un moment où vous allez assister à la mise en œuvre du grand puzzle de la vie et où le lâcher-prise s’invite sans vous demander votre avis. 

Si vous avez demandé de l’aide, si vous êtes accompagné(e), vous allez peut-être rencontrer des aperçus de ce qui va se mettre en place prochainement. Vous n’en aurez pas tout le sens mais laissez-vous guider.

Cela va vous demander de l’attention au niveau de tout ce qui va se passer autour de vous, que ce soit en terme de relations et d’informations surtout, même les plus anodines.

Par exemple, si vous avez du mal à perdre du poids depuis des années, vous allez probablement entendre une personne vous parler d’un livre ou d’un programme intéressant et qui a fait ses preuves. Vous pouvez aussi tomber dessus « par hasard » sur internet ou dans la boutique d’un libraire.

Un autre exemple, vous avez envie de faire une autre activité professionnelle mais vous ne savez pas encore laquelle. Dans cette période de transition, vous allez sûrement avoir des signes qui vont attirer votre attention vers une formation que vous allez avoir souvent devant les yeux. Ou alors, vous en entendrez parler. Des envies vont arriver pour aller vers certaines directions, là où avant c’était complètement bouché.

Pour tout vous dire, ce passage est de la transformation pure où un tas d’informations vont vous être envoyées. Vous allez devoir déployer vos antennes à 200 %.

Et dans ce passage, vous allez aussi sentir que quelque chose commence à se stabiliser là où c’était totalement déséquilibré.

Cela peut aller à une sensation de vide tellement grande que ça peut faire peur tellement vous n’y captez aucune réponse. N’ayez crainte, l’Univers travaille pour vous et il a besoin de silence pour le faire.

Là où tout semblait compliqué, sans issue parfois, vous allez voir les situations se libérer toutes seules sans aucune interaction de votre part.

La joie et la sérénité vont revenir petit à petit et être plus présentes car vous allez recevoir ce qui n’arrivait plus. De nouvelles personnes vont apparaître dans votre vie, avec de nouvelles activités. Et d’autres vont disparaître. Un tri naturel va se faire et surtout, n’essayez pas de récupérer quoi que ce soit ou qui que ce soit.

Rappelez-vous : le vide appelle le plein.

Ce vide que vous allez ressentir parfois sereinement et parfois craintivement, est essentiel pour pouvoir se remplir à nouveau de ce qui vous est nécessaire pour continuer à faire votre chemin. C’est un pur cadeau !

Si vous vous sentez dépassé(e) par tout cela et que vous n’arrivez pas à lâcher et à vivre tranquillement ce passage, demandez de l’aide à une personne qui connaît bien le processus. Cela vous aidera à ne pas vous laisser parasiter par un trop-plein d’informations et à faire la part des choses pour assembler les pièces du puzzle.

Et quand tout sera prêt, vous allez basculer vers cette porte sur votre droite qui va s’ouvrir entièrement à la nouvelle vie qui va convenir à la nouvelle personne que vous êtes devenue. De la chrysalide au papillon, vous allez enfin pouvoir vous envoler et profiter de votre nouvelle liberté.

L’entre-deux est un vrai cadeau de la vie.

C’est une parenthèse qui arrive à un moment-clé, une fracture qui peut être vécue comme un effondrement psychique ou physiologique. À titre individuel ce peut être une maladie, un divorce, la perte d’un emploi, l’arrêt d’une activité, le décès d’une personne proche, un burn-out sévère. À titre collectif, comme en ce moment, ce peut être une pandémie, ou une guerre, une sécheresse, des inondations, une tempête, un crash boursier ou économique…

Cette parenthèse est hors du temps. On ne peut pas la qualifier ni la quantifier. On sait quand elle commence mais c’est plus difficile de savoir quand elle se termine. Elle peut donc être courte comme être plus longue. Voilà pourquoi elle fait travailler la patience et la simplicité. Il n’y a pas du « Je veux » dans l’entre-deux parce que ce n’est pas vous qui décidez. C’est une résultante de tout ce que vous avez semé auparavant. C’est le moment de la récolte où vous n’êtes plus dans le « faire » et où on vous demande simplement d' »être ».

Ces entre-deux, vous en vivrez de nombreux, à titre personnel tout comme collectif. Et bien souvent, c’est là où le mot « humain » prend tout son sens.

Je vous souhaite de fructueux intermèdes au sein de votre vie.

Crédit photo : esudroff sur Pixabay

Patricia Voisin

Patricia Voisin

Je suis une femme qui a vécu plusieurs vies et qui continue un chemin entrepris à l’âge de 33 ans, lorsque la vie m’a montré qu’il était temps pour moi de changer de voie.
Enfant hypersensible, connectée à la nature et à l’invisible, j’ai oublié ma propre nature pour ne déranger personne.

Mon corps m’a secoué à mon adolescence au travers d’une pleurésie et d’abcès aux poumons. C’est un magnétiseur qui m’en a sortie. Un signe déjà là auquel je n’ai pas fait attention.

J’ai pris une voie classique, celle du mariage et de la maternité. Tout ce beau monde bien ficelé a volé en éclats à mes 33 ans. A force de sentir que je mourrais à petits feux, mon corps a à nouveau explosé dans un véritable cataclysme où j’ai vécu une « nuit noire de l’âme », un effondrement physiologique et émotionnel intense. Je n’avais pas d’autre choix que de retrouver ce chemin vers moi, celui que j’avais abandonné depuis longtemps.

De là se sont succédés une psychothérapie de plus d’un an, des rencontres merveilleuses avec des personnes passionnées par leur art et une période de transmission et de formation en acupuncture, accompagnement à la personne, massage, shiatsu et méditation.

Tout un cocktail qui m’a donné une grille de lecture vaste pour aider l’autre à avancer dans sa vie autant sur le plan personnel que professionnel.

La médiumnité que j’avais laissée de côté est aussi venue se réinstaller, tout doucement, et aujourd’hui, je suis une femme qui utilise ses multiples facettes en fonction de ce qui se présente dans ma vie et des personnes que je croise et viennent vers moi pour que j'éclaire leur route.

Je ne me donne pas de titres. Ils m’enferment. Je m’autorise à respirer à mon rythme, avec humilité et simplicité. Et mon corps est un formidable partenaire. C'est ensemble que nous avançons dans cette vie, sur ce chemin de réconciliation et d’apaisement, pour moi, pour les autres et pour tout ce qui m’environne.

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