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Seul(e) en pleine nature : un chemin vers soi-même à travers la quête de vision.

par | 9 Juil 2019 | Spiritualité | 0 commentaires

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 Il y a plus de deux cents ans, les missionnaires chrétiens ont découvert chez les Amérindiens un rituel au cours duquel des individus d´âges divers disparaissaient pendant quatre à dix jours, et jeûnaient. Ils partaient s'isoler dans la forêt ou en haut d’une montagne pour déplorer leur état d'ignorance et implorer le Grand Tout, la Source de toute vie (Wakan Tanka : le Grand Esprit) de les guider et de leur inspirer une voie nouvelle. Puis ils s'en retournaient, accueillis avec grand respect par leur tribu. Il s'agissait du rite d´Hanchebleyapi (« pleurer pour une vision »), que l´on appelle encore Vision Quest : la quête de vision.

Jusqu'en 1970, la quête de vision demeurait inconnue car un décret du gouvernement interdisait aux Amérindiens de pratiquer leurs cérémonies religieuses et culturelles.  Ce sont les mouvements Hippie et New age qui, s’étant tournés vers les traditions amérindiennes, en ont permis la résurgence.

Steven Foster (père de la tradition School of Lost Borders, décédé en mai 2003) et son épouse Meredith Little, ont retrouvé le rituel de la quête de vision il y a plus de trente ans et l’ont rendu accessible à notre époque et à notre culture. Ils l´ont dégagée de ses aspects folkloriques et ont remis en lumière les archétypes communs à de nombreux mythes et cultures dans le monde entier. Ces aspects se retrouvent non seulement sur tout le continent américain, mais aussi en Australie (Walk Away aborigène) et en Afrique (divers rites de passage de jeunes garçons vers le stade adulte).

Au Moyen Âge en Europe, la Quête était un pèlerinage dans l'inconnu. L'histoire de Perceval et du Saint-Graal peut être comprise comme une quête sacrée et spirituelle, telle qu'elle a été réalisée par les Chevaliers aux XIIe et XIIIe siècles. On retrouve chez les artisans compagnons cette même démarche de pèlerinage d´étude à travers leur pays pour apprendre et découvrir d´autres façons de travailler leur art. Jusqu´au début de la Seconde Guerre mondiale, ces pèlerinages ou voyages initiatiques étaient légion.

Dans le monde entier, le rituel de la quête est presque toujours structuré à l'identique, incluant certaines contraintes, comme par exemple d´être seul, d´être à jeun, de ne pas demeurer dans des abris construits par l'Homme, d´éviter tout contact humain, etc.).  On y retrouve à chaque fois une phase de détachement (phase de préparation à la quête proprement dite) suivie d´une phase dite de seuil (la retraite ou isolement), le tout clos par une phase de réintégration. A cet effet, les recherches et observations d´Arnold von Gennep, de Joseph Campbell et de Mircea Eliade sont très éclairantes.

Foster et Little ont fondé l’école « School of Lost Borders », une école dite de « travail en pleine nature ». C'est dans cette tradition que de nombreux accompagnateurs de quête de vision européens, notamment en Allemagne, en Suisse et en Autriche, ont été formés.

Dans la tradition School of Lost Borders , la quête de vision décrit une retraite de onze jours comportant quatre jours de jeûne, toujours structurée de façon analogue. Vous êtes seul en pleine nature. Vous êtes là sans distraction ni appareil électronique, livré à la nature, livré à vous-même et aux intempéries. Une bâche servant d'abri, un sac de couchage et un mince matelas, plus quelques bidons en plastique remplis d'eau potable : voilà ce que vous emporterez si vous vous laissez tenter par cette expérience initiatique.

On le comprend, celui ou celle qui s'expose à une telle épreuve doit avoir de bonnes raisons pour le faire. En effet, la faim, la saleté, la solitude, la peur, le froid et la pluie ne sont certainement pas des perspectives très attrayantes… Ces raisons peuvent être des transitions importantes dans la vie, des changements biologiques (tels que le passage de l'adolescence à l'âge adulte, ou l´arrivée à l´âge de la ménopause), ou des évolutions de statut (parentalité, mariage, divorce, retraite) ou bien des bouleversements, des crises de milieu de vie, des décisions importantes à prendre, une maladie, le vieillissement ou encore le deuil. Un désir d´apprendre à s'aimer davantage, de clore un passé douloureux et d'honorer les gens qui nous ont accompagné peut aussi motiver la pratique d’une quête de vision. Ce peut être aussi la volonté de se connaître mieux et d´éprouver ce l´on veut faire dans le futur.

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