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Doigt sur les lèvres fermées, voix qui chuchote : Chut! C’est un secret ! Pupilles qui se dilatent ou regard évitant, posture non stable, défense verbale : Chut ! C’est un mensonge. Le secret et le mensonge font la paire. Très souvent, ils se frottent l’un à l’autre, se complètent, se bousculent, mais font partie de notre humaine attitude depuis la nuit des temps.

Je vous propose d’ajuster votre frontale et vous invite à un voyage singulier, en cette fin d’hiver, au cœur de notre obscurité. Là, vivent secrets bien planqués et mensonges légers, honteux ou graves. Je vous propose le traditionnel ménage de printemps de notre maison personnelle, de notre psyché.

Le secret fait appel à deux sphères principales : la connaissance et le nombre limité de personnes qui la partagent. En se connectant entre elles, une troisième sphère va apparaître alimentée par l’addiction et l’attractivité.

La connaissance : la matière première d’un secret

Adam et Ève visitent leur jardin d’Éden. Leur seul interdit, via la figure masculine d’un Dieu, ne pas consommer la pomme, concentré de la connaissance. Donc, si je m’en tiens au texte, c’est « vivez dans les limites du confort que je vous propose sans jamais aller voir ailleurs ». Ce Dieu semble bien présomptueux : il crée des êtres vivants, animaux ou humains, sans s’intéresser à ce qu’ils portent en eux. En symbolique, le serpent est le véhicule de la connaissance : il vit dans le monde souterrain mais sait se nourrir et se réchauffer à la lumière. Ce n’est pas pour rien que sur certaines statues la vierge Marie a le pied posé sur un serpent. Ce n’est pas pour le mettre à mort, comme la religion nous le suggère, mais pour capter ce qu’il porte en lui : l’énergie de la connaissance. Et c’est via le serpent et la pomme qu’Eve acquit la connaissance. En fait, ce fut le premier secret dévoilé : connu de la seule Déité, il correspond parfaitement à la définition actuelle «ce qui ne doit pas être divulgué, qui doit rester connu d'un nombre limité de personnes ».

Le secret est un retrait, une mise à l’écart. Le terme nous vient du latin « Secretus » (séparé, sans témoin)  qui dérive lui-même de « Secernere » (mettre à part, rejeter, éliminer). Ceci laisse envisager un aspect principal du secret : il est absence en certains lieux autant que présence en d’autres. Le secret a un côté dual : il est soustraction à la connaissance humaine en même temps qu’il participe de la connaissance. La définition de la connaissance est « l’action, le fait de comprendre, de connaître les propriétés, les caractéristiques, les traits spécifiques de quelque chose ». C’est également la somme de tous les savoirs.

Dans l’absolu, la connaissance humaine est universelle et accessible à toutes et tous mais dans la réalité, un certain nombre de personnes vont approcher certains thèmes et décider de se les approprier et surtout d’en tenir à l’écart  plus grand nombre.

 

 

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Marie-Aude Bourson

Marie-Aude Bourson

Éditrice et fondatrice de Présences Magazine.

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