Diane GagnéRésolutions ? Qu'y a-t-il à résoudre ?

L’année 2022 débute. Après les bilans de fin d’année, viennent souvent les résolutions du début de la suivante. Bien que ce soit une tradition moins en vogue que par le passé, la spiritualité moderne quant à elle, foisonne de rituels en tous genres qui se rapprochent de cette idée de manifester des intentions ou se fixer des objectifs. On nous invite à laisser aller ce que nous ne voulons plus et/ou manifester ce que nous voulons. Les tableaux d’intentions, les cérémonies lunaires, les rituels de cacao et autres cérémonies du genre sont assez populaires et se répètent en cycles annuel, saisonnier ou mensuel. Bien que nous ayons rejeté les traditions religieuses formelles qui utilisaient beaucoup l’aspect rituel, nous pouvons voir une sorte de retour des traditions païennes qui continuent de mettre l’emphase sur cette notion du rituel. Une tradition qui remonte aux origines de l’humain, et je dirais même de l’animal. Si nous observons les comportements animaux, on peut remarquer qu’eux aussi procèdent de rituels. Les parades et rites nuptiaux sont courants dans la nature animale de cette planète.

Les rituels ont deux aspects fondamentaux. Ils nous permettent de nous voir. De se réunir entre nous, en petits ou grands groupes. De partager des moments et parfois d’autres choses. De se rejoindre, le temps de tendre vers un objectif commun. L’autre aspect, c’est qu’ils nous sécurisent. Ils nous donnent un peu cette illusion de contrôler l’incontrôlable. On demande, on prie, on danse, chante pour invoquer. On consacre des objets, fait des offrandes. Ou bien, on se réunit, le temps de célébrer ou marquer un temps d’arrêt face à des étapes marquantes de la vie : naissance, mariage, décès…

Il y a quelque chose de très beau dans le rituel. La puissance du groupe, le pouvoir de l’intention, le sentiment d’appartenance à un groupe ou des croyances. Ou, simplement le partage du vécu. On peut y célébrer la Vie tout autant que s’incliner devant le Mystère qu’elle constitue dans plusieurs de ses aspects. De nos jours, les rituels constituent encore une base, un certain point de repère, à une modernité qui nous éloigne beaucoup du Vivant. Tout ce temps passé devant des écrans, des machines, dans des villes parfois surpeuplées et tous ces environnements artificiels que nous créons ou dans lesquels nous vivons, nous éloignent beaucoup de notre humanité. Cette intelligence qui nous a été donnée est utilisée, la plupart du temps, pour créer encore et toujours plus de confort et de facilité. Mais comme il y a quelque chose d’un peu « contre-nature » dans cette façon de procéder, il ne faut pas nous étonner de voir augmenter un sentiment d’insécurité qui ne fera que nous pousser éventuellement vers toutes sortes de façons de faire, qui visent essentiellement à nous ramener à une simplicité et une vérité qui ont été oubliées.

C’est un peu aberrant si nous regardons tout ceci de plus près. De voir à quel point notre désir à tendre vers toujours plus de facilité et de confort, nous isole chacun et chacune un peu plus avec le temps. Par cette volonté à vouloir diminuer notre souffrance au maximum, nous créons encore plus de souffrance ! Notre peur de l’engagement et nos difficultés à faire des efforts, des sacrifices, des compromis et mettre de l’eau dans notre vin de toutes sortes de façons, sont bien souvent à l’origine de l’éclatement de nos relations, de nos couples et même parfois nos familles. Les difficultés qui viennent avec le fait de fonder une famille ainsi que notre besoin de liberté, sont généralement à l’origine du nombre d’enfants que nous décidons d’avoir, ou non. Se faisant, nous avons lentement mais sûrement perdu le sens de la famille, du groupe, de la communauté, que nous cherchons maintenant à combler avec de purs étrangers rencontrés sur les réseaux sociaux, dans les retraites, ou les clubs de vacances. Quant à la multiplication des outils technologiques ainsi que notre mode de consommation ? Ils sont là pour favoriser une sédentarité que nous devons ensuite compenser par des heures au gym et toutes sortes d’activités sportives dans lesquelles nous nous lançons tête baissée.

Bref, par peur de souffrir, nous nous retrouvons à complexifier notre vie. Créant toutes sortes de problèmes illusoires, que nous devons ensuite résoudre. Nous nous retrouvons prisonniers d’une cage dorée qui nous coupe les ailes, alors que celle-ci a d’abord été mise en place pour présumément nous donner plus de liberté !
Et si nous revenions à la simplicité ? Si nous réalisions qu’il n’y a pas de véritable problème ? Autres que ceux que nous créons nous-même par des actions qui manquent de conscience. Si nous développions cette capacité à voir un peu plus loin, pour anticiper les conséquences de nos actions ? Déjà là, nous diminuerions tout un tas de problèmes. Mais pour cela, il faut quand même savoir lever le pied de sur l’accélérateur. Quand les décisions se prennent rapidement, dans le feu de l’action, bien souvent elles manquent de cette précieuse vision à long terme qu’il faut quand même savoir développer quant à certains aspects de la vie. Les aspects plus concrets et matériels. Peut-être trouverez-vous qu’il est étrange pour une fille qui vous parle continuellement du moment présent de vous parler de vision à long terme.

Mais justement !

C’est lorsque nous sommes pleinement présents à l’instant, que nous pouvons voir la futilité de certains de nos comportements. Lorsque nous sommes pleinement présents à nous-même, à ce que nous ressentons, à ce qui se vit intérieurement, nous prenons de moins en moins de décisions qui vont à contresens de ce qui est bon pour nous. Nous prenons de moins en moins de décisions qui sont dictées par des intérêts « autres ». Pour faire plaisir, pour plaire, parce que votre voisin, votre ami ou la publicité vous dit que cette dernière trouvaille scientifique, technologique ou je ne sais quoi d’autre, règlera tous vos problèmes ou vous rendra heureux. Vous devenez de moins en moins influençable et de plus en plus responsable. Vous simplifiez votre vie quoi ! Quand vous ne laissez plus le passé conduire votre mental, et vos émotions déterminer vos actions futures, vous vivez dans le présent et prenez des décisions conscientes. Vous cessez de vous en remettre à des éléments extérieurs. Je ne suis pas pour ou contre les rituels parce que je ne suis pour ou contre quoique ce soit. Tous les outils à notre disposition sont là pour nous faire cheminer. Mais j’ai vu aussi, pour avoir déjà utilisé ces outils, que c’est de demeurer avec toutes sortes de divisions et une conception de la transcendance qui se situe à l’extérieur de nous.

Ce monde et cet univers vit en vous.

Vous êtes le créateur, le metteur en scène et l’acteur de tous les drames qui se jouent dans votre vie. Dieu c’est de la Conscience. Et c’est seulement en devenant conscient qu’on devient maître de sa vie. Mais, encore là… Il faut savoir mettre un bémol à cette affirmation. Si vous désirez devenir maître de votre vie pour y nourrir toutes sortes de désirs, de faux besoins de reconnaissance, de visibilité, de confort matériel ou d’étourdissements en tous genres, dans des voyages, des aventures et tous ces plaisirs épicuriens que ce monde peut nous offrir, vous risquez de rencontrer de nouveaux types d’embûches. S’il n’y a pas un minimum de simplicité, d’équilibre, de bienveillance pour vous et pour les autres, nous ne sommes pas encore dans cette base qui doit se mettre en place, avant de même imaginer pouvoir se relier à notre véritable pouvoir créateur.

Si aujourd’hui il n’y a plus de réel problème dans ma Vie, il y a beaucoup de simplicité, de calme et une Vie qui paraît aux yeux de certains de mes proches, plutôt ennuyante ! Plus je gagne en paix intérieure, plus je m’éloigne de ce monde et ses façons de fonctionner. Je ne vis pas en marge de la société. Mais je fonctionne à ma façon, loin du tapage et de l’agitation de la société. Cela me convient très bien. Cela convient à ma nature contemplative et dévotionnelle. Donc, avant toute chose, il faut aussi voir de quoi nous sommes faits. Ce que le passé a installé dans cette nature humaine que nous devons embrasser et ce que nous voulons faire de cette nature.

Alors, seulement on peut s’engager sereinement. Constater, avec le temps, que plus on s’accueille, on s’écoute, se respecte et s’aime, plus les obstacles s’écartent eux-mêmes du chemin. On entre en relation avec des dimensions de nous-mêmes dont nous nous délaissons lentement. Non pas parce que nous jugeons de celles-ci, mais par amour pour la dimension plus profonde avec laquelle nous entrons lentement mais sûrement en relation. Pour finir par comprendre, un jour, que cette dimension plus profonde, n’est pas séparée ni dissociée de rien. Que cette Vie qui nous habite, c’est la même Vie qui est à l’extérieur, là, partout. Alors seulement on comprend que c’est la Vie qui se déploie devant nous. Que jamais, nous n’avons été l’acteur que nous pensions être. Que du plus profond de notre être, une intelligence, une sagesse et un amour plus grand sont là, à l’œuvre et qu’ils y ont toujours été.
C’est à force d’accueil que nous pouvons devenir conscients. Pas en se tapant sur la tête pour les erreurs commises, les fausses croyances que nous avons nourries ou les jugements que nous avons. Donc, ce texte n’a pas pour but de vous faire culpabiliser sur votre mode de vie ou vous dire que celui-ci n’a pas sa raison d’être. Pas plus que vous faire douter de vos croyances, quelles qu’elles soient.

Il a simplement pour but de vous faire voir que vous n’avez pas besoin de faire une liste de résolutions pour 2022. Que tout est correct, tel qu’il doit l’être. Que vous êtes exactement là où vous devez être.

Devez être…

Être…

La seule véritable résolution que vous puisiez prendre c’est celle-là…

Être ce que vous êtes. Pleinement présent à vous-même. À chaque instant.

Une très belle année 2022 !

Crédit photo : Sara Elison sur Pixabay

Diane Gagné

25 ans dans le domaine judiciaire ainsi qu’une quête personnelle jalonnée de hauts et de bas, c’est le parcours de Diane avant que sa vie bascule complètement. Une nuit noire de l’âme l’entraîna jusqu’à une tentative de suicide. Un éveil spontané s’en suivi, un retournement de conscience s’opéra et plusieurs années d’arrêt s’imposèrent pour intégrer cette expérience. De cette pause naquit une réalité complètement nouvelle.

Nous sommes la Présence Éternelle qui habite au coeur d’un mouvement qu’on appelle la Vie. Rien à retrancher ou à ajouter à une vie qui est complète et pleine d’elle-même. Souffrances et résistances ne sont que le fruit d’une séparation illusoire. Nous ne tendons vers rien de spécifique sur le chemin spirituel, mais retournons simplement à ce qui est préexistant à toute manifestation. Il n’y a donc rien à apprendre mais tout à oublier.

Des pensées, des réflexions, des inspirations surgissent et repartent. Rien ne peut vraiment être saisi. Dans un élan de partager ce vécu, des textes, des partages en Présence et des conférences vous sont offerts. Ainsi que des services pour vous accompagner sur votre chemin.

Une simple présence sur votre chemin d’éveil, qui ne prétend à rien de particulier. La Vie qui se déverse, d’un cœur à l’autre…

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