Raja Yoga, une voie vers l’éveil (5) – Se retirer à l’intérieur de soi

par | 10 Juil 2019 | Yoga | 0 commentaires

Raja Yoga ET VIE QUOTIDIENNE ou l’art d’être humain

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Dans cette exploration du Raja Yoga, nous entrons maintenant dans les pratiques que l’on qualifie de Yoga intérieur.  À travers les Asanas et le Pranayama, nous avons appris un peu plus à connaître notre corps et à équilibrer les énergies qui y circulent.  Ici, nous allons progressivement entrer de plus en plus en contact avec le mental par l’introspection, éliminer peu à peu les obstacles sur le chemin qui nous mène à la connaissance du Soi.

Nous arrivons maintenant à l’étude du cinquième membre du Raja Yoga : Pratyahara, le détachement des sens.

Toujours en ayant en tête l’image de l’arbre du Yoga, les branches de l’arbre sont toutes recouvertes d’écorce.  Cette enveloppe protège l’énergie qui circule à l’intérieur de l’arbre entre les feuilles et la racine.  L’écorce correspond donc à Pratyahara, qui est le déplacement des sens vers l’intérieur, de la peau jusqu’au centre de l’âme.

 

Se retirer à l’intérieur de soi

Patanjali définit le yoga comme un chemin visant à la «cessation des vagues du mental» ou plus précisément à sa purification.  Ainsi, sur ce chemin de connaissance, ce n'est que dépouillé de l'héritage du passé, du vécu, des imprégnations culturelles, des idées reçues, des savoirs, justes, faux, imaginaires, que le mental peut refléter la réalité telle qu'elle est, sans jugement, attachement, sans indifférence, par une perception directe, au-delà de l'intellect et des sens, au-delà que des «j'aime, je n'aime pas» de l'ego.

En fait, toute la démarche yoguique, aussi bien dans ses techniques corporelles, psychologiques, énergétiques, que mentales, tend à purifier l'esprit de ses conditionnements, pour nous rendre à notre nature véritable, originelle, décrite comme existence pure, conscience, béatitude «Sat – chit – ananda» et gage d'une félicité totale, éternelle, inconditionnée.

Pratyahara consiste à éliminer les distractions extérieures pour se centrer à l’intérieur de soi.  Il s’agit de couper momentanément les liens avec l’extérieur et ce sont les sens qui ont ce rôle en terme de sensations et d’impressions.  Pratyahara, c’est l'attitude de l'esprit tourné vers l'intérieur, serein, sans être distrait par le monde environnant et ses résonances émotionnelles ou passionnelles.  C’est la conscience sensorielle, l’écoute sensorielle intérieure, la pratique et la conscience du retrait des sens.  On observe ce que l’on sent à l’intérieur de nous.

Voyons ensemble comment on peut y arriver dans le quotidien.

LES ÉTAPES

La première étape du contrôle des sens consiste donc à limiter les informations qui nous viennent du monde extérieur.  Pour cela, il est nécessaire de faire des choix comme de ne pas regarder une émission de télé ou encore d’éviter de prendre part à une discussion.

La deuxième étape de Pratyahara nous propose de créer des perceptions intérieures.  Visualiser est du domaine de l’imagination et du mental.  En même temps, on crée une condition intérieure grâce à laquelle l’esprit s’implique d’une façon ou d’une autre sur un sujet choisi à un point tel que nos sens ne réagissent plus aux stimuli extérieurs.  Quand on devient l’observateur de notre respiration, par exemple, Pratyahara s’installe automatiquement.  Notre esprit s’implique tellement intensément dans cette observation du souffle que le lien entre le mental, les sens et les objets qui nous entourent s’estompe peu à peu et finalement se rompt.

La troisième étape est plus une rééducation des perceptions pour ne plus les déformer et voir le plus possible la réalité telle qu’elle est sans la déformer.  Bernard Bouanchaud affirme que la juste place des organes de perception est d’être des instruments au service de l’esprit, qui est alors libre de recevoir des messages et d’ordonner ou non la réaction des sens d’action.  Les sens d’action vont de pair avec les organes des sens.  Ce sont, la parole, la préhension, la locomotion, la procréation, l’excrétion.  Quand l’état de concentration nécessaire est installé, cette capacité d’accepter ou de laisser en attente les sollicitations extérieures se produit spontanément.  Il devient alors très possible, et sans refoulement, de rentrer à la maison sans se précipiter sur la radio, la télévision, le réfrigérateur, les magazines et le  travail.  Le choix d’une activité se fait librement.  Cette étape constitue un excellent point de repère à toute évolution personnelle et spirituelle.

LE RETRAIT DES SENS EXTÉRIEURS
POUR S’ÉVEILLER AUX SENS INTÉRIEURS

Dans la tradition yoguique, les sens sont distincts des organes des sens.  En effet, il est fort souhaitable que les organes des sens comme la vue, le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe, soient alertes et sains, en parfaite condition pour transmettre à notre conscience les messages du monde extérieur.  Par contre, il est également fort possible que cette transmission ne se fasse pas.  Bien que nous ayons les yeux grands ouverts, il nous arrive parfois de ne pas voir ce qu’il est juste là devant nous.  De la même façon, il est possible de ne pas entendre ce que l’on nous dit, même si physiquement nos oreilles sont prêtes à entendre.

 

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