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Voilà quelques années, j'étais atteint d’un cancer et je ne savais plus ni qui j'étais ni qui je devenais. Les traitements usants, difficiles, et un orgueil important me permettaient de rester dans une situation confortable.

Celle où tout est fait à ma place, oui véritablement pris en charge sur tous les plans, jusqu'à la prière que les autres font pour vous. On vous cajole, on vous entoure on vit presque pour vous...

Quand je dis confortable, je pense même avoir abusé et maintenu mon état pour profiter de cette présence, pour rester dans les bras aimants de tous, peut-être les vieux reste d’un syndrome d'abandon où la seule solution est d'être malade pour avoir attention et amour. Je crois avoir laissé la mort venir pour être et rester dans cette zone de confort. Puis un éclair, une lueur, un regard, un soubresaut qui changèrent le regard et qui me firent prendre conscience des temps qui restaient à vivre, alors autrement. Et puis un soir pourtant où j'ai compris que je mourrais à moi-même, il y avait le goût du sang, la peur, pas celle de partir mais celle de ne pas avoir pu dire. Ce soir où j'ai vu mon regard s'éteindre, la vie que j’avais était perdue.

Avant de tout oublier, de tout perdre, avant de ne plus rien pouvoir faire, j'ai voulu de tout mon cœur dire encore un mot. Peut-être également me le dire à moi-même.

J'ai voulu demander pardon mais c'était inutile, la culpabilité passée,  et plus le temps de dire ce « Je t'aime » que non seulement je ne pouvais plus dire, car j'avais presque perdu l'usage de la parole mais que cet orgueil voyait peut-être comme une faiblesse.

 

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Igor Ochmiansky

Redonner à l'humain la priorité, révéler le meilleur, ouvrir la fenêtre de l'imaginaire, pour que le sensible ne soit pas que du beau, offrir les images du coeur.

C'est autant d'envies qui font de mon travail, une passion, longtemps enfermé dans la pratique voici que l'envie de l'esthétique ouvre sur d'autres façons de travailler et de voir dans le regard des autres.

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