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Je vous partage ici quelques mots sur mon expérience actuelle autour de la ménopause. J’ai 58 ans, suis maman de deux jeunes adultes et grand-maman. Mon chemin autour du féminin conscient et sacré a commencé il y a environ 30 ans. Depuis 20 ans, j’accompagne les femmes à mieux vivre leur féminité, leur cycle et leur sexualité.  Je partage avec elles mon expérience du tantra, du tao et du yoga, mes observations et ce que mon corps et mes intuitions m’ont enseigné sur l’intimité sacrée.

La ménopause n’est pas une maladie, ni une catastrophe, ni la fin de notre féminité. C’est le début d’une nouvelle façon d’aborder la vie et le moment de développer d’autres atouts. Notre corps fait une pause en ce qui concerne la procréation, mais nous restons toujours féconde à co-créer. Nous sommes faites pour créer, créer la vie en donnant la vie, mais aussi et surtout, créer notre vie en fonction de qui nous sommes et de nos compétences. Cette période nous invite à sortir des rôles, à revenir à l’essence même de qui nous sommes, à développer tout ce que nous n’avons pas eu le temps d’être ou de faire.

Notre Essence féminine est reliée à des cycles, principalement le cycle lunaire, ce qui fait que nous vivons constamment des changements intérieurs auxquels nous devons nous adapter. Le cycle féminin se divise en 4 phases et ritualise notre vécu. Chaque phase est activée par nos hormones et donne une couleur à nos humeurs, nos émotions, notre vitalité, nos désirs, nos envies, notre sexualité, etc. Bien connaître son cycle permet d’aborder notre vie d’une manière plus consciente, en accueillant les changements plutôt qu’en les subissant ou en luttant contre.

Le cycle se divise en 4 phases accordées avec le nombre de jours de notre cycle, mais nous pouvons également le diviser en 4 phases qui déterminent notre cycle de vie, la première phase étant celle reliée à l’enfance, puis celle de l’adolescence et de la jeune fille, la phase de la mère et la phase de l’enchanteresse de la sorcière ou de la sagesse. Chaque phase du cycle correspond à l’épanouissement progressif de notre féminité avec 3 moments majeurs : la venue des règles, la maternité et la ménopause.

Le chef d’orchestre de notre cycle ou de nos cycles est notre système hormonal, principalement les oestrogènes et la progestérone. Les oestrogènes sont liés aux 2 premières phases du cycle et entrainent une vitalité créatrice qui nous donne envie de nous extérioriser. La progestérone est celle de la phase 3 et 4, c’est-à-dire après l’ovulation et entraine un retour vers soi et plus d’intériorisation.

Les oestrogènes engendrent tout ce qui va permettre de donner la vie, après les règles jusqu’à l’ovulation, notre corps prépare le matériel nécessaire à la fécondation. Tout en nous est fécond : nos idées, notre vitalité, notre créativité.

Après l’ovulation, la progestérone prend le relais soit pour aider à la nidification s’il y a fécondation de l’ovule, soit pour éliminer tout ce qui a servi à préparer la fécondation qui n’a pas eu lieu. Dans un cas comme dans l’autre, nous avons besoin de ralentir et de revenir à l’intérieur de soi, soit parce que la vie qui prend forme en nous monopolise notre corps et ses fonctions, soit parce qu’une part de nous fait le deuil de toute cette préparation à la fécondation qui n’a pas eu lieu.

Les 2 premières phases du cycle pourraient s’apparenter au printemps et à l’été, les phases 3 et 4 à l’automne et à l’hiver.

Depuis 8 ans, j’explore la 4ème phase du cycle féminin qui débute au moment de la ménopause. Cette phase n’est pas valorisée dans notre société car elle est liée au vieillissement, à la fin de la fertilité, comme si le féminin s’arrêtait là et n’était plus utile à la société donc à mettre de côté. Beaucoup de femmes vivent mal cette période qui en plus entraine des désagréments physiques, émotionnels, psychiques et énergétiques plus ou moins importants. C’est une nouvelle révolution dans notre corps et cela demande de l’écoute et des ajustements.

En connaissant bien mon cycle, j’ai pu accueillir chacune des phases comme un indicateur précieux de ma dynamique intérieure qui me permettait de m’ajuster et vivre mon quotidien d’une manière plus fluide. Comme chaque phase a son importance dans cette dynamique, je vis maintenant cette dernière phase comme le moment de redonner aux autres le fruit de mon expérience, de développer encore plus ma créativité parce que libre de l’éducation des enfants j’ai plus de temps à ma disposition. Le couple est également remis à sa juste place car il y a de l’espace pour se développer ensemble.

J’ai accueilli la fin de mes règles comme un rituel d’entrée dans cette 4ème phase et la première surprise a été de constater que ma libido avait disparu complètement elle aussi ! Il y avait comme une sorte de grand calme à l’intérieur de moi qui m’interpelait tout de même car je me disais que j’allais enfin explorer la rencontre sans me préoccuper de ma fertilité, ni faire attention à quoi que ce soit. Mais là, rien ! Pas la moindre envie à l’horizon : bouton off.

J’ai alors pris conscience que mon désir n’était plus mû par l’excitation sexuelle. Ce n’est plus lui qui venait me chercher, c’est moi qui devais aller à sa rencontre en instaurant des rencontres beaucoup plus basées sur le ressenti, la lenteur, la vibration, l’écoute des sensations fines. L’idée de vivre des rencontres nourrissantes dans lesquelles je pouvais me relaxer, me ressourcer et entrer en communion avec mon partenaire prenait le relais et c’est à cela que je me connectais pour éveiller mon désir.

Mon corps réclamait une écoute de ma part qui respecte ses changements de rythme et ses besoins. Par exemple, mon vagin ne supportait plus les mouvements de va et vient et la lubrification était plus difficile. Tout ce qui ne me convenait pas totalement dans la rencontre devenait insupportable. Je devais être à l’écoute sans complaisance. Mon corps aspirait à une justesse et un alignement autant chez moi que chez mon partenaire pour que nous puissions établir une connexion profonde de nos êtres et de nos cœurs. Le cœur et le sexe avaient depuis longtemps trouvé la connexion mais il s’agissait d’une connexion encore plus profonde qui nous amenait chacun dans la relaxation, l’ouverture, le ressourcement. Un état plus proche de la méditation que de l’agitation !

Malgré cela, le déséquilibre hormonal provoquait des sautes d’humeur, un sommeil non réparateur, des douleurs corporelles qui pouvaient avoir tendance à prendre le pas sur ma vitalité et mon enthousiasme. J’ai alors découvert la progesterone naturelle et bio-identique* du Dr Lee qui en 15 jours a remis ma libido à l’ordre du jour, permis un meilleur équilibre de mes humeurs et de ma vitalité. Ressentir de nouveau mon désir vivant et l’envie de faire l’amour m’a redonné la sensation d’une deuxième jeunesse, la sensation d’être libre de me connecter à ma puissance. L’envie me mettait en vie et c’était bon de sentir ce pétillement intérieur plutôt que ce calme plat, trop plat qui fait que parfois même, non seulement je n’avais plus de désir sexuel, mais je n’avais envie de rien. La vie me paraissait plate même si je continuais à faire ce qui me passionne, un peu comme un plat sans sel et sans épices.

Même si nous pratiquons le slow-sex, c’est-à-dire des rencontres plus lentes et douces mais intenses énergétiquement, je gère le manque de lubrification avec l’huile de noix de coco. Elle a tendance à rafraîchir lorsque les muqueuses sont moins hydratées et la sècheresse vaginale plus présente. Il y a assez peu de mouvements lors de la pénétration, nos sexes vibrent et l’alchimie se fait mais même la vibration pouvait créer un échauffement peu agréable qui me coupait de mon expérience. Parler de lubrifiant a parfois mauvaise presse. Dans l’esprit de certaines personnes cela signifie que quelque chose ne va plus. Eh bien oui, regardons les choses en face, ce n’est pas dramatique si nous prenons soin de notre confort pour vivre une sexualité saine qui nous correspond et nous nourrit affectivement. De plus, l’huile de noix de coco évite que certaines bactéries déséquilibrent la flore vaginale.

Le tantra fait partie de ma vie depuis 20 ans et nous avons toujours exploré cette voie de l’amour conscient mon compagnon et moi. Mais là encore les choses ont évolué. D’autres ajustements ont eu lieu pour créer des moments de rencontre de qualité. Lorsque les hormones sont en baisse, ce n’est plus la fin de la sexualité, c’est le début d’une autre forme de rencontre qui n’est pas encore suffisamment valorisée. Notre société place la sexualité dans un espace encore trop axé sur la performance, l’orgasme, la jouissance à tout prix. Je constate, dans les stages pour les couples, combien ceux-ci sont conditionnés par cette forme de sexualité et combien il leur est difficile au fil du temps, de s’approprier une autre forme de rencontre sexuelle, plus en lien avec leurs véritables besoins du moment car ils ne se retrouvent plus dans une forme de norme collective, ce qui fait qu’ils doutent parfois des bienfaits de leurs rencontres. Dans les stages, nous mettons l’accent sur le ressenti, la lenteur, le fait de goûter, savourer chaque moment sans se mettre de pression quant au résultat à atteindre. Ils apprécient tellement de lâcher toute la pression qu’ils se mettent à réussir quelque chose pour simplement vivre le moment et retrouver une connexion sexe/cœur qui leur manquait. Nous enseignons la co-création dans la rencontre intime et cela leur parle beaucoup car alors chacun a sa part à faire en prenant la responsabilité de son désir et de son plaisir.

Il est plus difficile d’être dans la lenteur et le ressenti quand nos hormones sont au taquet. Entre 20 et 40 ans tout nous pousse à une sexualité de procréation : taux hormonaux élevés, désir de fonder une famille, automatismes inconscients de perpétuer l’espèce, et aussi manque d’apprentissages pour vivre la sexualité autrement. Après 40 ans, nous aspirons en général à autre chose dans nos rencontres. Si nous n’avons pas d’outils pour nous y prendre autrement, bien souvent les rapports sexuels s’espacent, le désir diminue, les frustrations augmentent…

Le tantra nous a apporté les outils pour vivre une transition en douceur vers une autre forme de rencontre plus douce mais ou l’intensité est pourtant bien présente. Douceur et lenteur ne veulent pas dire passivité, mollesse et ennui !  Nous savons comment enclencher la circulation de l’énergie pour élever nos vibrations, éveiller nos sens, exacerber nos ressentis et faire en sorte que la sexualité devienne un moment de profonde connexion et communion.

En faisant l’expérience de la ménopause, je me sens dans une période riche d’expériences, de partages, de découvertes autant chez moi qu’avec les autres. Il y a une forme de stabilité intérieure car je ne cherche plus à me prouver quoi que ce soit. Je vais à l’essentiel car je n’ai plus de temps à perdre avec ce qui m’ennuie. Je mets de l’intensité dans ma vie et me donne les moyens de vivre ce que j’ai envie de vivre. Je me sens plus en contact avec mon âme et je fais souvent le bilan afin de ne rien regretter si je devais être confrontée à la mort.

Mes activités me passionnent et j’aime accompagner les femmes qui cherchent à vivre une intimité qui leur corresponde mieux, quel que soit leur âge d’ailleurs car les femmes ont des besoins différents des hommes en matière de sexualité. Nous sommes réceptives et réceptrices de l’énergie masculine lors des rencontres intimes et il est temps maintenant d’accueillir cette énergie d’une manière plus satisfaisante et nourrissante pour notre féminité. Il n’y a pas d’âge pour cela et je suis toujours très heureuse lorsque les femmes de 50, 60 ans et plus rejoignent mes groupes. Les plus jeunes ont environ 25 ans, les plus âgées 70, voire 75, et c’est beau de voir toute une génération de femmes qui partagent et se soutiennent dans ce qui les anime.

*Bio-identique = hormone qui reproduit exactement celle que fabrique l’organisme.


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Catherine Delorme

Catherine Delorme

Catherine Delorme est thérapeute en psycho-corporel, animatrice de stages Tantra pour couples, ainsi que séparément pour les femmes et pour les hommes depuis 20 ans, principalement en Suisse. Elle partage son expérience de vie avec son compagnon afin d'éveiller une conscience d'amour plus juste pour soi et avec l'autre.

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