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Je me rappelle, non je me souviens, non j’ai en mémoire, non c’est inscrit en moi.
Il pleut, mon cœur chavire et bascule, c’était il y a si longtemps déjà, j’entends les gouttes qui coulent comme on pleure, alors je vais marcher dehors me faire laver l’âme par la pluie, dans mon corps un léger déhanchement dans ma marche, mes cheveux mouillés, l’odeur, les odeurs : celle de l’herbe, puis celle de mon parfum qui se réveille au contact de l’eau, la terre, les feuilles.

Je marche sans but, l’eau glisse sur ma nuque, descend dans mon dos. Je la déteste de réveiller ma vie, puis je l’aime pour caresser mon âme, elle glisse sur moi, ma chemise est trempée, un pas, une larme, ma peau se souvient. Le son des gouttes sur le sol, le bruit des flaques.

Ma main se souvient, l’eau fuyant sur mes doigts, mes mains s’élevant comme ce sacrifice vespéral, mes yeux fermés pour ne plus jamais oublier.

Je ne sais plus mais j’ai prié.
Je ne sais plus mais j’ai pleuré.
Je ne sais plus mais j’ai aimé.
Je ne sais plus mais mon corps n’oublie jamais.

 

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Igor Ochmiansky

Redonner à l'humain la priorité, révéler le meilleur, ouvrir la fenêtre de l'imaginaire, pour que le sensible ne soit pas que du beau, offrir les images du coeur.

C'est autant d'envies qui font de mon travail, une passion, longtemps enfermé dans la pratique voici que l'envie de l'esthétique ouvre sur d'autres façons de travailler et de voir dans le regard des autres.

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