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Dans ces temps troubles, je découvre une sorte de transgression parmi tous les interdits, celle de permettre à mon ombre de faire ce que je ne peux avec mon corps.

Baignade interdite, alors au bord de l'eau je baigne mon ombre, profite de la fraîcheur de l'eau, et tout d’un coup ressens comme cette délicieuse expérience de pouvoir faire par extension, et de me relier à cette douceur sans conséquences, jouissant de l'immersion de ce prolongement, profitant des bienfaits de cette vie extérieure portée par la lumière.

Il y a quelque chose d’absolu dans cette façon de profiter, c'est déguster le prana, pas de honte pas de culpabilité mais une autre limite qui tombe.

Cela procure une joie sans nom, et d'être dans une sorte de dualité est une découverte. J'intercepte la lumière et c'est ma silhouette qui joue dans les vaguelettes sans limite.

En peinture, l'ombre est la représentation d’une zone sombre et je crois que dans mes images d’aujourd'hui,  je peins, je viens, je dévoile, j’apocalypse les lumières du temps et de l'amour,  je transforme les idées en soleil, les sensations en prières. Et de voir ces tableaux et de les lire, on touche Dieu dans le sublime au travers de ces regards amis, qui savent mettre les ombres en lumière.

Il m'est quelques fois arrivé de prier en marchant, mais aujourd'hui  le long de ce sentier à chèvre pour aller à cette plage improbable de Psili Amos, j'ai eu la sensation que ma prière prenait une onde différente et plus intense. Et c’est cette ombre dans mes pensées, depuis ces années près de Jean (l'évangéliste) qui ont changé beaucoup de choses. La confiance et l'amour ont su grandir et s'affermir, j'ai vu mon regard changer, plus jamais malade, toujours heureux, espiègle, doux, en un mot plein de ma vie, empli des nuances de cette « sombritude » légère.

C'est mon ombre qui a permis que je vois ma lumière, qui à la fois m'effraie et me semble indispensable pour trouver réponses aux interrogations de ma vie, et tout d'un coup tout se fige. Et dans ce gris qui apparaît entre la lumière et son absence et là où mes photos parlent des ombres elles révèlent les montres, il y a la pénombre qui permet de deviner...

 

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Igor Ochmiansky

Igor Ochmiansky

Redonner à l'humain la priorité, révéler le meilleur, ouvrir la fenêtre de l'imaginaire, pour que le sensible ne soit pas que du beau, offrir les images du coeur.

C'est autant d'envies qui font de mon travail, une passion, longtemps enfermé dans la pratique voici que l'envie de l'esthétique ouvre sur d'autres façons de travailler et de voir dans le regard des autres.

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