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Plus de  trois ans après, toujours assis face à la mer, je regarde le chemin parcouru depuis ma tentative de suicide, depuis toutes mes désespérances.

Une étrange sensation sillonne mon corps, passe et réveille quelques douleurs.

Je me rappelle que j'ai tant voulu mourir, je me rappelle que mes souffrances n'avaient plus de nom, je me rappelle du dégoût de moi, de cette grisaille dans mes yeux, je sais que quelque chose s'est cassé en moi. Je sais que parfois lorsque mon corps résiste et que s'habiller devient dur, que s'occuper convenablement de soi est compliqué, je tiens encore dans la main de façon imaginaire la petite bouteille dans laquelle j'avais mis mon dernier sommeil.

Bien sûr, je renonce car mon envie de continuer ce travail commencé est forte, magnifique et heureuse. Je renonce pour tous les sourires, pour encore prendre dans mes bras tous ceux qui ont cru dans mon regard, dans ma lumière presque éteinte.

Assis entre le monastère Saint Jean et l'infinie beauté du coucher de soleil sur un banc face à la mer, comme ce jour de janvier où je quittais la vie et la vie me quittait, avec le bruit de l'eau affleurant les rochers, emmenant les larmes. Avec le vent qui soulève mon écharpe, qui glisse jusqu'à mon cou, avec le soleil qui en déclinant cesse de réchauffer, laissant venir l'ombre, toutes les ombres : celles des fantômes aimés, celles des amours mortes, celles des illusions, celles des bourreaux de passage, pas nostalgique mais je compte les pas, je mesure la lumière, et mets la distance.

Je suis vivant aujourd'hui, par moment je reconnais que mon sourire est feint, mais dans l'ensemble mon corps répond encore. 

En arrivant en Grèce je découvrais un univers différent, une autre façon de penser, de partager et je confiais à mes petits carnets les mots de mon voyage, puis les mots d’amour de ma nouvelle vie, les mots qui parlaient de la guérison.

J’ai longuement détaillé ma traversée qui fut longue et parfois tragique, dans un livre témoignage, mais je veux ici parler et explorer, de ce que je pourrai appeler mes états d’âme, la découverte de ma pratique vers moi, qui m’a conduit à ouvrir des portes, des sentiments qui parfois sont loin de ce que je voulais ou imaginais, presque comme spectateur de moi.

Et ce carnet qui commence  un lundi 1er inaugure les premiers mots de ce que j'appelle une renaissance.

 

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Igor Ochmiansky

Igor Ochmiansky

Redonner à l'humain la priorité, révéler le meilleur, ouvrir la fenêtre de l'imaginaire, pour que le sensible ne soit pas que du beau, offrir les images du coeur.

C'est autant d'envies qui font de mon travail, une passion, longtemps enfermé dans la pratique voici que l'envie de l'esthétique ouvre sur d'autres façons de travailler et de voir dans le regard des autres.

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