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Les gardien-nes de la Terre (3)

par | 5 Nov 2019 | Plantes et Nature, Spiritualité | 0 commentaires

Retrouvez une lecture audio de l'auteur en fin d'article 

L’écospiritualité, le retour du sacré

Dans les deux premiers articles de cette série, nous avons abordé la place du gardien ou de la gardienne de la Terre ; son lien intime avec les éléments (la terre, l’eau, le feu et l’air) et le dialogue coopératif à développer avec les autres règnes.  L’être humain de notre post-modernité n’a plus le choix ; il se doit de devenir consciemment un citoyen du monde et de mesurer son impact sur la nature. Il modifie ses habitudes de consommation, se rend plus respectueux de son environnement. Pour ce troisième article, changeons de niveau : Qu’en est-il de ce qu’il sent ? De ce qu’il pense ? En quoi ces changements le modifient-il radicalement ?

Le mot d’écospiritualité comprend le préfixe eco qui nous renvoie à notre planète comme à une maison, un chez nous. Le concept de spiritualité, nous renvoie à  notre lien avec l’esprit. Textuellement, l’écospiritualité interpelle donc notre relation à l’esprit du monde naturel. C’est un changement radical dans nos modes de pensée. Si je schématise, nous nous sommes jusqu’ici tournés vers le ciel, vers les dieux et les anges des nuées, lointains et inaccessibles. Nos prières, nos demandes, nos besoins se sont exprimés, certes les yeux fermés, mais le regard intérieur porté vers le haut. Nous en avons oublié la terre ou, plutôt, nous l’avions « rangée » hors de toute spiritualité. Elle était nourricière, utile et - comme parfois pour une mère -  omniprésente mais non reconnue. Le fait que les peuples premiers la nomment Terre Mère ou Pachamama n’est pas indifférent ; c’est elle qui féconde et permet la vie. La terre a été reconnue et vénérée comme une déesse : une divinité qui vit dans les grottes, nage dans les cours d’eau, chante au gré du vent et qui cherche le dialogue avec ses enfants. Il fallait un être un peu plus fou que les autres, un original - le chaman -  pour devenir le traducteur de ces puissances naturelles à l’œuvre. C’est lui qui met en garde sa communauté et recrée du lien là où les hommes perdent le sens de la réalité.

Cela peut sembler paradoxal, mais le chaman ne s’occupe que de la réalité !

Or, cette réalité du monde naturel nous saute aux yeux aujourd’hui ; sa destruction nous entraine vers notre propre perte. Nous ne sommes pas dissociés de mère nature. Nous avons cru la dominer, avons poussé ses limites toujours plus loin. Nous l’aimons, certes, mais nous l’ignorons tout autant. Comment comprendre autrement notre regard ému pour un coucher de soleil sur la mer et que nous lancions nos bouteilles de bière par-dessus bord ? Avec elle, nous voulons tout et son contraire. Et le plus vite possible.  Or toute pratique spirituelle demande de s’arrêter, d’observer, de s’observer, de s’intérioriser, d’oser retomber en soi-même. Un geste : baisser la tête,  la lâcher, lâcher-prise. C’est l’humilité.

L’humilité. Ayant racine dans l’humus, nous reliant à la terre fertile,  ce mot est le premier pas vers l’écospiritualité. Il nous invite à nous dégager de nos prétentions, de la vanité de se croire supérieur,  de la compétition qui nie les autres. Hors des pratiques religieuses coutumières, il n’est pas courant de s’agenouiller. Pouvez-vous le faire ? Aller jusqu’à  poser votre tête contre le sol, relâcher vos épaules, les crispations de votre dos. Vous déposer. Vous abandonner à la terre. Il est fréquent que des larmes coulent. Laissez-vous vivre dans la bienveillance.  Vous découvrirez que chacun peut faire un geste pour la terre, prendre le temps d’écouter ses besoins et y répondre à sa mesure.

 

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