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L’écologie profonde, une autre compréhension de la vie et de l’humain.

par | 7 Oct 2019 | L'Homme et l'Univers, Plantes et Nature | 0 commentaires

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« On croit que l'homme peut s'en aller droit devant soi. On croit que l'homme est libre... On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre. S'il fait un pas de plus, il meurt. » Antoine de Saint-Exupéry

Si le concept d’écologie n’est plus à définir, celui d’écologie profonde reste méconnu du grand public mainstream. L’écologie, tout le monde connaît ! Portée par les médias en cette ère de crise aux océans désertifiés et aux chaleurs caniculaires qui jaunissent en pleine été la végétation de nos contrées tempérées. « Nos arbres meurent ! Les rivières se tarissent ! Les glaciers fondent ! » On nous braille une urgence à « sauver » la planète et à « préserver » le climat avec les actions politiques « fortes » et « cohérentes » que nous connaissons tous et qui, si elles ne nous font pas enrager, nous interrogent…

C’est Arne Naess, philosophe norvégien, qui le premier dès 1973, utilise la notion d’écologie profonde pour désigner une autre conception de l'écologie : une conception bio-centrée , antispéciste et systémique du Vivant. Une écologie qui cesserait de se faire à des fins d’utilité anthropocentrique, s'attaquant à la philosophie sous-jacente qui rend possible le pillage et la prédation systématique du Vivant. Voilà qui représente une antithèse brutale de la manière habituelle de percevoir la nature ! L’écologie profonde, on le comprend, ne se place pas dans une logique de marché et de revenu, de PIB ou de capital, où Le Vivant et le monde naturel ne sont saisis que comme matière inerte, comme ressource à exploiter dénuée de vie propre.

Pour mieux saisir le clivage entre la vision traditionnelle de l’écologie et celle, révolutionnaire, de Naess, il peut être nécessaire de clarifier ce qu’est la systémique, ce qu’est l’écologie et comment notre système de valeur, outil primordial d’approche et de compréhension du monde phénoménal et du Vivant, s’est fondé.

La systémique est une manière de définir, d’examiner, ou d’expliquer un ensemble complexe d’évènements ou d’objets (sous-systèmes) interagissant au sein d'un ordre plus grand. Elle se distingue des approches traditionnelles cartésiennes et réductionnistes, qui s'attachent à découper un système en parties sans considérer le fonctionnement et l'activité de l'ensemble, c'est-à-dire le système global lui-même. En d’autres mots, alors que l’approche réductionniste et matérialiste consiste à disséquer le vivant comme un cadavre pour comprendre le fonctionnement de ses organes, la systémique, elle, s’intéresse au fonctionnement des parties par elles-mêmes, entre elles, ainsi que par rapport à l’ensemble vivant qu’elle constitue.

Le terme d’écologie, de son côté, est polysémique. Étymologiquement, ce terme est emprunté à l'allemand Ökologie (composé du grec οικος, « maison » et de λογος, « discours »). C’est une terminologie forgée en 1866 par le zoologiste et biologiste allemand E. H. Haeckel (1834-1919), relevée dans la préface de son ouvrage Natürliche Schöpfungsgeschichte 1867 (d'apr. Encyclop. brit., s.v. Haeckel). C’est un discours sur la maison au sens d’environnement, qui s’intéresse à la gestion de cette maison.

Sur le plan biologique, l’écologie est une science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent.

Influencés par leurs croyances religieuses monothéistes « croissez et multipliez-vous », par l’affirmation de la pensée cartésienne, mais aussi par l’état de leurs connaissances techniques en général, les milieux scientifiques, économiques, politiques et sociaux appliquent l’approche mécaniste pour appréhender et organiser leur environnement et leurs relations avec ce dernier. C’est dans cette mouvance qu’a lieu la révolution industrielle à la fin du 18e siècle avec, entre autres, l’invention de la machine à vapeur qui, si elle permit heureusement l’abolition de l’esclavage, engendra aussi l’industrialisation graduelle mais toujours plus massive des biens de consommation, la création d’usines et l’urbanisation progressive. Cette industrialisation est portée par les théories capitalistes, libérales et libres-échangistes (Smith, Keynes et Ricardo, entre autres) qui subordonne le bonheur de l’humanité à la possession de marchandises et à leur échange. Une idée du bonheur, elle aussi, dégradée à une compréhension mécaniciste…

Le mode de vie urbain moderne que nous connaissons aujourd’hui résulte d’un exode rural ininterrompu sur deux siècles qui nous coupa de notre milieu originel et de notre lien spirituel, affectif et sensuel avec ce milieu. Nos aïeux cultivaient un lien vivant et vivifiant avec mère Nature (par exemple Celtes, Amérindiens, Aborigènes, Sami, voir mythes et contes européens,) en pratiquant, entre autre, des rituels de gratitude et des cérémonies d’initiation qui revêtaient un caractère symbolique. Ces rituels ancraient l’être humain à sa terre nourricière, à sa communauté et à lui-même. Les nouvelles générations, elles, nées dans les villes, ne reçoivent plus la transmission des pratiques rituelles et reconnaissent le monde urbain comme leur monde naturel.

Les horreurs psychologiques, les pertes matérielles et les deuils provoqués par les deux guerres mondiales parachèvent le clivage entre l’humain et son milieu originel. La nouvelle idéologie n’est plus celle de l’appartenance à la nature mais au contraire celle de sa maîtrise dans une logique de reconstruction et de croissance (Plan Marshall). C’est l’avènement du Progrès et de la Modernité. N’étant plus directement conscients des liens de cause à effet de nos choix et actions sur le monde naturel, nous croyons jouir d’une immunité certaine dans ce bain amniotique qui est le nôtre : la planète Terre. C’est de notre incapacité à comprendre ces liens ainsi que notre place véritable au sein du Vivant que découle la question fondamentale de notre mode de vie dit « moderne » et finalement la question de la place de l’être humain sur notre planète.

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