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Marika Cadet
Le maître là où on ne l’attend pas
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Nous sommes à notre juste place

Nous cherchons souvent à être libéré de nos souffrances, de nos peurs, de nos angoisses… Nous sommes souvent prêts à tout pour y parvenir et il me semble que nous voyons rarement dans l’instant à quel point ce moment difficile pourrait être libérateur, si, au lieu de se focaliser sur la souffrance, nous parvenons à l’accueillir puis à la laisser nous diriger vers ce qu’elle souhaite nous enseigner.

Mon enseignant Serge BOUTBOUL nous dit souvent « Vous êtes exactement là où vous devez être ». Et je comprends à présent, du moins il me semble, ce qu’il tentait alors de nous enseigner. Nous attendons souvent qu’un enseignant, qu’un Maître, qu’un thérapeute nous libère de nos souffrances. Quelquefois cela est possible, et d’autres fois, cela ne serait pas souhaitable car cela pourrait nous priver d’une formidable occasion d’évolution. 

Regarder en nous

Il m’est difficile d’être indifférente à l’autre et pourtant dans mon entourage, il y avait bien cet homme dont la souffrance ne générait plus aucun sentiment de compassion en moi, juste de l’indifférence tout au plus et quelquefois, de la colère, suivant nos échanges. Alors ce matin, lorsque suite à un énième échange houleux, la colère a à nouveau jaillit à l’intérieur de moi, j’ai fait instantanément le choix de ne pas la nourrir, pas cette fois. Et, comme j’avais du temps ce matin-là, de méditer sur cette colère. Je me suis installée à l’intérieur de cette colère et j’y ai trouvé de l’intolérance face une situation que j’estimais injuste. Que j’estimais injuste, de mon point de vue, de mon point de vue uniquement… Alors comme nous y invite souvent Serge BOUTBOUL, je me suis avec humilité tournée vers moi-même et je me suis souvenue de cette phrase « Vous êtes exactement là où vous devez être ». Cette fois donc, je ne fuirai pas. Si je suis amenée à vivre ces situations c’est que probablement j’ai un enseignement, ou plusieurs, à en tirer et visiblement je dois admettre que je n’y suis pas encore parvenue. Alors, je respire et je laisse émerger ce qui aspire à être émergé. Tranquillement, des idées me parviennent, je ne juge pas, j’accueille.

Peut-être que moi aussi, j’ai pu par le passé lui faire du mal dans cette vie-ci, et peut-être aussi dans d’autres vies dont je n’ai plus le souvenir. Peut-être ? Très certainement même…

Accepter nos ombres

Il est facile lorsque le comportement de l’autre nous semble injuste d’oublier à quel point le nôtre a très certainement pu l’être également à certains moments. Personne n’est parfait, pas même ceux qui décident d’emprunter le chemin spirituel. Je n’ai pas toujours été celle que je suis actuellement, je ne me suis pas toujours bien comportée, comme nous tous d’ailleurs, par excès d’ego ou en raison de mes blessures… J’accepte à présent cette part de moi-même qui m’a menée là où je suis à présent. En effet, si je retourne avec honnêteté le miroir face à moi-même, je perçois alors que j’ai bien dû, consciemment ou inconsciemment, faire souffrir des êtres également. Peut-être même qu’à l’époque cela me semblait justifié. Je poursuis ma méditation et j’accueille toute mon imperfection, toutes ces parts de moi-même que d’ordinaire je me refuse à voir. Je parviens même à éprouver pour elles une certaine compassion. Après tout, ces parts sombres me constituent et ont fait également de moi celle que je suis devenue. L’important en réalité n’est pas ce que j’ai été ou fait, mais uniquement vers quoi je souhaite tendre à présent, quelle personne je souhaite être et devenir. Je sens mon cœur grandir à l’intérieur de ma poitrine comme s’il pouvait à présent accueillir la souffrance de tous ces êtres qui par ignorance, comme j’ai pu le faire, ont fait ou continuent de faire souffrir. Je comprends que dans ce monde de dualité, tous ont un rôle à jouer afin de nous guider vers davantage de lumière, y compris ceux que nous pouvons identifier comme « nos ennemis ».

Remercier pour les enseignements

L’ouverture de mon cœur s’étend alors à cet homme qui ce matin a fait jaillir tant de colère en moi, la gratitude emplit mon cœur pour cet enseignement précieux qu’il m’a permis d’intégrer et pour la première fois je parviens à lui demander pardon pour le mal que j’ai pu lui faire consciemment et inconsciemment et à prier sincèrement pour lui.

Serge BOUTBOUL nous dit souvent que si nous avions la possibilité de voir ne serait-ce que partiellement, ce que nous avons pu causer comme souffrance dans cette vie ou dans nos vies passées, plutôt que de nous plaindre de la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement, nous serions remplis de gratitude d’être confronté en retour à si peu de souffrance. Je pense souvent à cet enseignement, il me permet toujours de considérer ma situation avec humilité.

Pardonner tout en se respectant

Éprouver de la compassion pour celui qui me fait du mal, considérer ma situation avec humilité me permet de ne pas tourner en rond dans ma souffrance et de cesser de nourrir la colère à l’intérieur de moi. Cependant, cela ne me dispense pas de poser les actes nécessaires pour faire preuve de compassion également envers moi-même, par exemple, en interrompant ou en limitant les contacts avec ces personnes. Nous sommes ici, en effet, dans un chemin d’évolution où nous sommes amenés à faire grandir la compassion en nos cœurs, tant pour l’autre que pour nous-même.

Le cheminement spirituel est un chemin long et remuant, nous nous devons de l’accepter. Quelquefois c’est dans la souffrance que résident les clés de notre libération, si et seulement si, nous acceptons de l’accueillir et d’écouter son enseignement. Lorsque la souffrance apparaît, nous cherchons souvent à la faire disparaître, et si elle venait uniquement nous enseigner et ainsi nous offrir une formidable occasion d’évolution, de libération ?

Comme le dit AJAHN CHAH « Toute véritable transformation sera précédée d’un grand moment d’inconfort, c’est là le signe que vous êtes sur le bon chemin. »

Alors acceptons ce moment d’inconfort avec gratitude, sachons l’accueillir et le laisser nous enseigner :

« J’accepte ma propre imperfection pour me libérer de ces sentiments négatifs mais utiles, pour trouver la paix. J’accepte avec l’humilité la plus totale d’avoir encore beaucoup de chemin à parcourir. J’accepte que le chemin spirituel ne soit qu’un incessant recommencement, un balai interminable qui cependant a le pouvoir, si j’accepte de me voir tel.le que je suis, tel.le que je suis réellement et sincèrement avec humilité, de faire grandir l’espace à l’intérieur de mon cœur jusqu’à englober même ceux que je pensais ne pas pouvoir accueillir. Et là, dans ce vaste océan d’amour, toutes colères, tous sentiments d’injustice, s’apaisent et demeure alors uniquement le calme le plus total, juste une paix profonde qui si je l’accepte pourrait me conduire jusqu’à l’unité Divine. »

Puissiez-vous percevoir en chacun et en chaque situation la perle qui vous conduira vers davantage d’éveil !

Je remercie sincèrement tous ceux que j’ai pu considérer comme « mes ennemis » mais qui en fait ont été, chaque fois que je l’ai accepté, mes plus grands maîtres et qui d’une certaine manière ont permis à mon cœur de s’éveiller à plus de compassion !

Je remercie également sincèrement  mon enseignant Serge BOUTBOUL et sa femme Michelle pour leur lumière qui éclaire continuellement ma route !

Crédit photo : Алина Осипова de Pixabay


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Marika Cadet

Marika Cadet

Psychologue, alliant psychologie et spiritualité, je vous propose de partager tous les inestimables trésors dénichés aux creux de mes thérapies, dont me gratifient chaque jour mes patients, à la lumière de mon humble cheminement spirituel.

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