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Il y a une semaine, je partais pour quatre jours de stage auprès de mon enseignant spirituel. Mon âme, comme à son habitude, se réjouissait par avance, souvent,  des semaines au préalable. Cela fait maintenant quatre ans que régulièrement, plusieurs fois par an maintenant, je ressens le besoin d’effectuer ces stages ou d’assister à des journées d’enseignement.

Je me souviens de mes débuts… Enthousiaste, animée par le désir d’évoluer au plus vite, de développer rapidement mes facultés psychiques et spirituelles, le programme était d’ailleurs très alléchant. Je me souviens combien, subtilement, sous couvert de spiritualité, l’ego menait la danse. Je voulais apprendre toutes les formules, connaître tous les secrets, expérimenter toutes les techniques de soins énergétiques, découvrir d’autres enseignements, d’autres méthodes et, inlassablement je passais à côté de l’essentiel. Avec une extrême bienveillance, mon enseignant, lors de chaque stage, me rappelait à l’essentiel, le travail sur soi-même, accepter de se voir tel que l’on est, prendre conscience de ses failles. Il nous rappelait que l’important n’était pas d’acquérir des techniques mais de se connaître soi-même, de porter, sur soi, un regard vrai. Il nous expliquait qu’il considérait que son travail, en tant qu’enseignant, était avant tout de mettre en lumière nos failles afin de nous permettre d’avancer de manière authentique vers nous-même. En théorie, j’étais d’accord mais j’étais, en pratique, bien loin de là où pourrait me mener l’intégration de tels principes.

L’ego poursuivait son travail de sape, tranquillement, et j’ai mis du temps à comprendre à quel point ses mécanismes étaient rodés. La vision que j’avais de moi-même était, bien entendu, erronée, je me voyais presque arrivée au bout, avec un sentiment de victoire, lorsque par excès d’orgueil, j’avais l’impression d’avoir déjà dépassé certaines failles. Et puis… J’ai chuté…

Une chute vertigineuse au centre de moi-même.

« Ce n’est pas en contemplant la lumière que l’on devient lumineux mais en portant son regard sur sa propre obscurité, ce qui est beaucoup plus impopulaire parce que beaucoup plus difficile. » Carl G. JUNG

Plonger dans son obscurité, rares sont les personnes qui entament un cheminement spirituel avec pour objectif de plonger dans leur obscurité. La plupart du temps, lorsque ce moment arrive, l’ego est souvent à son paroxysme, il sent le danger et est prêt à tout pour livrer une ultime bataille. Elle démarre par le déni : « Je ne me sens pas du tout concerné, les autres ont encore du travail moi j’ai dépassé cela. ». Puis la colère : « Je ne comprends pas pourquoi tu me répètes cela, je l’ai dépassé. Il faut arrêter maintenant de revenir toujours aux mêmes difficultés ! ». Enfin, la prise de conscience : «  C’est terrible, je ne l’ai pas du tout dépassé tout ce que je viens de vivre me montre le contraire ». Pour finir, la culpabilisation accompagnée d’un sentiment de dévalorisation : « Je suis vraiment nulle, comment est-ce que j’ai fait pour passer à côté de cela ? ». Et puis, juste avant de baisser les bras, l’ego tente de livrer une dernière bataille, caché aux confins de la prise de conscience, le voilà qui attaque une nouvelle fois à travers l’orgueil : « Comment ai-je pu tomber dans ce piège ? Moi ? » Et l’étape de la rumination fait son apparition, celle qui m’empêchera de faire preuve de bienveillance envers moi-même, d’accepter mes limites et, enfin, de pouvoir évoluer.

Plonger dans son obscurité, nécessite de bien connaître tous les travers de l’ego, d’identifier ses mécanismes, afin de pouvoir les devancer et ce, bien avant que le piège ne se referme sur soi-même.

L’humilité, répète inlassablement mon enseignant. L’humilité et la bienveillance envers soi-même, voilà les clés.

Il est difficile cependant de prendre conscience continuellement du chemin qu’il reste à parcourir mais aussi des limites, de plus en plus perceptibles à mesure que l’on avance, car notre regard s’affine, on voit mieux et les plus grands obstacles arrivent bien souvent en dernier, lorsque par excès d’orgueil, on se croit enfin arrivé.

Et puis, on avance et on comprend qu’il n’y a pas de destination, juste un chemin à parcourir. On comprend que ce qui importe en réalité c’est le chemin et toutes les prises de conscience qu’il va nous permettre d’intégrer afin de développer plus d’amour et de bienveillance envers soi-même dans un premier temps, puis envers les autres.

Aujourd’hui mes objectifs ont changé, mon comportement également. Lors des enseignements, dès que j’ai l’impression de ne pas être concerné, je note en gras le sujet abordé. Je sais que c’est précisément là que je dois probablement porter une attention plus marquée. Je pars en stage avec l’objectif premier de mettre en lumière mes failles et mes limites et j’essaie de garder une attention constante à ce niveau. Chaque fois que je suis perturbée, irritée, je marque un temps d’arrêt et je me demande ce que l’on tente de m’enseigner, je comprends que quelque chose d’important est en train de se jouer et je remercie l’Univers de me permettre de mettre en lumière mes points faibles dans un cadre aussi bienveillant.

Je ne me fais pour autant aucune illusion, il m’arrive encore quelquefois de me faire piéger à nouveau par l’ego. J’ai encore du chemin à parcourir, après tout, je suis humaine, j’avance, mais j’ai encore probablement de nombreuses failles à découvrir. Aujourd’hui cependant tout est différent, j’accepte de les voir, avec humilité j’en prends conscience et tout en essayant de demeurer bienveillante envers moi-même, je travaille ce qu’il y a à travailler, et je poursuis mon cheminement. Je me rends compte que plus je suis en capacité de m’accepter comme je suis, avec mes qualités mais aussi avec mes défauts, plus je parviens à faire preuve de bienveillance envers les autres, moins ils m’irritent. Après tout, on est tous semblables, on avance tant bien que mal sur le chemin. Un chemin sans autre destination qu’une meilleure connaissance de soi-même, afin de pouvoir éprouver davantage d’amour pour le petit être que nous-sommes, et ainsi, agrandir ce cercle d’amour pour pouvoir y intégrer un maximum d’êtres.

Le cheminement spirituel n’est pas toujours un cheminement aisé. C’est un cheminement exigeant. Si véritablement nous voulons évoluer, nous devons être prêts à nous mettre à nu, à percevoir ce qu’il y a de plus sombre à l’intérieur de soi, à dépasser nos illusions à propos de nous-même afin de nous voir véritablement tel que nous sommes et non tels que nous aimerions être perçu. L’objectif étant de nous amener à une plus grande bienveillance envers nous-même.

Le cheminement spirituel n’est donc pas comme certains voudraient nous le faire croire, uniquement un chemin lumineux pavé d’amour et de paix. Il y a des embuscades, des grottes sombres, des forêts humides, des tempêtes imprévisibles, du découragement, des envies de tout arrêter, des pauses… Et tout cela fait aussi partie intégrante du cheminement spirituel.

Le cheminement spirituel nous demande donc du courage, beaucoup de courage, afin d’accepter de porter sur soi un regard authentique, mais également de l’humilité, une grande humilité, et pour finir, une immense bienveillance envers soi-même.

Si nous sommes prêts à relever le défi, à plonger dans les profondeurs de notre obscurité, à oublier l’idée que nous avons de nous-même, à accueillir avec une infinie bienveillance nos parties les plus sombres alors, au moment où nous nous y attendons le moins, au moment où nous avons presqu’oublié l’objectif premier de notre cheminement alors sans artifices, discrètement la lumière apparaît. Tendrement, nous sourions et nous savourons pleinement, pour quelques instants, ce moment de plénitude. Cependant, cette fois, nous ne nous bercerons plus d’illusions et tranquillement nous nous préparerons à accueillir notre prochaine zone d’ombre. Avec bienveillance, nous saurons cette fois l’accueillir. L’accueillir, non plus comme une menace, mais plutôt comme la possibilité pour nous de lever de nouveaux voiles, afin d’illuminer un peu plus, l’être lumineux qui sommeille à l’intérieur de chacun.

« Nul ne peut atteindre l’aube sans passer par le chemin de la nuit. »

Khalil GIBRAN

Je dédie, avec une infinie gratitude, cet article à mes enseignants spirituels qui, avec beaucoup de patience et une extrême bienveillance,  m’aident continuellement à mettre en lumière mes zones d’ombre afin de me permettre de poursuivre mon cheminement de manière authentique vers une juste connaissance de moi-même.


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Marika Cadet

Marika Cadet

Psychologue, alliant psychologie et spiritualité, je vous propose de partager tous les inestimables trésors dénichés aux creux de mes thérapies, dont me gratifient chaque jour mes patients, à la lumière de mon humble cheminement spirituel.

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