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Igor OchmianskyLa responsabilité, cadeau de l'éveil

J’accepte bien au-delà de notre conception, j’accepte d’être l’origine de mes actes, et d’assumer leurs conséquences, et là aussi au-delà des mots, au-delà leur immédiatetés.

Je vis dans une société qui n’assume rien, qui paye des assurances pour parer à ses négligences, mais qui refuse systématiquement de remplir ses devoirs moraux et spirituels, déniant toutes les conséquences des actions entreprises.

Responsable vient de « pouvoir répondre », mais qui répond aujourd’hui  ?

Ce pouvoir intime de compréhension et de réagir justement ce qui change tout et qui pour moi est si intimement lié à l’amour.
Dans cette nuance de l’acceptation totale, dont finalement nous ne savons rien, qui pour moi est cosmique.

Pourquoi tout ce déni, ce refus de reconnaissance de la réalité factuelle ? Quelle peur sociétale nous rend si inapte à la vision de notre incapacité à assumer ?

Il faut sortir de la dimension juridique. Mais quelle institution permet de voir cette dimension divine, métaphysique et de réaliser ce sentiment de devoir, cet appel à la verticalité ? Prendre ses responsabilités, c’est répondre à cet appel intérieur, « retourne toi ».

Pas de langage à la mode ou culpabilisant.

J’avais évoqué dans un texte précédent cette réflexion sur l’église :
« Dans l’église, lorsqu’aucune réponse ne peut se faire sans s’engager, alors la phrase magique est :  « mettons cela dans la prière ». La prière est-elle la poubelle à déni, l’endroit où l’irresponsabilité est permise ? Et de toute façon le prétexte est trouvé, puisque nous agissons dans l’amour divin, donc aucune responsabilité humaine à avoir. Est-ce un blanc-seing pour se débarrasser de sa conscience ? En tout cas une infantilisation sous contrôle de la spiritualité. »

Mais voilà, la responsabilité c’est passer au-delà, et distiller dans le discernement cet éveil comme une évidence.
Je pense à cet enfant intérieur que nous avons à mettre au monde : il nous lie, nous permet de comprendre et de voir nos actes.

Parce que ce comportement est un cadeau s’il est dans l’éveil, sans cet état conscient nous ne pouvons expérimenter la voie divine de l’engagement, une lumière dans nos vies qui réveille notre capacité à être dans une humanité plus juste. Je suis attentif quelques instants et je vois qui vient au secours spontanément, qui donne et offre sans attente.

Et puis cette pensée sur la responsabilité car ce mot désigne avant tout une proposition juridique mais qui peut élever à des notions de liberté fondamentale.

« Dans l’article de J. Ricotier Ricot, J. (2003). Remarques philosophiques sur la responsabilité. Revue générale de droit, 33(2), 293–303. https://doi.org/10.7202/1027457ar »

« Le Talmud auquel s’abreuve souvent la pensée de Levinas propose la double question suivante : « Si je ne réponds pas de moi, qui répondra de moi ? Mais si je ne réponds que de moi, suis-je encore moi ? ». Je ne suis pas seulement responsable de moi parce que je réponds de moi face à autrui. Répondre de soi, y compris face à l’autre, c’est simplement et classiquement, affirmer que ce qui fonde la responsabilité, c’est la liberté. Telle est la position de la philosophie classique de Descartes à Sartre, en passant par Kant. Levinas renverse complètement l’ordre  habituel de la proposition : je suis responsable avant d’être libre, et non parce que je suis libre. Caïn ne peut se dérober à l’injonction première : « Qu’as-tu fait de ton frère ? Il s’ensuit une conception, infinie, démesurée de la responsabilité. Chaque sujet devant répondre de tout, ne peut se poser dans l’être comme une liberté, qui ensuite affirmerait sa responsabilité. Chaque sujet est inquiété par l’appel originaire : «Qu’as-tu fait de ton frère ?». À l’autre, je dois infiniment, démesurément. »

Je cite ce texte en référence car il résume la verticalité de la pensée sur la responsabilité : oui, je dois à l’autre, car mon humanité c’est l’autre dans son acceptation totale, immodérée. Pas une seconde et sans l’amour, rien ne serait envisageable si je ne prenais cette reconnaissance de mes actes et de mes paroles.

C’est agir comme au plus profond en ayant à cœur la vision de la justesse. 

C’est tout d’abord être conscient face à soi-même des actes, sortir de la mise en cause. Si aujourd’hui ma vie me semble aussi merveilleuse malgré les épreuves, c’est grâce à cet éveil, ma capacité à épouser un engagement, et certain pour une fois de la justesse, ma responsabilité c’est ma foi indéfectible dans mon amour pour les miens.

Alors puisque j’ouvre ce champ de conscience, je voudrai dédier ces mots à celle auprès de qui je veux m’engager, pour qui je veux prendre ma responsabilité d’homme amoureux. Ces mots sont pour Clara.

Crédit photo : Igor Ochmiansky


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Igor Ochmiansky

Redonner à l'humain la priorité, révéler le meilleur, ouvrir la fenêtre de l'imaginaire, pour que le sensible ne soit pas que du beau, offrir les images du coeur.

C'est autant d'envies qui font de mon travail, une passion, longtemps enfermé dans la pratique voici que l'envie de l'esthétique ouvre sur d'autres façons de travailler et de voir dans le regard des autres.

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