fbpx

Retrouvez une lecture audio en fin d'article 

Aujourd'hui, j'aimerai vous entretenir de la prise de terre... N'ayez aucune inquiétude, nous n'allons pas causer électricité, arcanes de schémas électriques ou autres branchements ! D'ailleurs, mes connaissances dans ce domaine sont quasi nulles ! Je vais plutôt tenter de vous parler, dans un premier temps, du fameux maître indien nommé Siddharta. En fait, nous l'identifions tous sous le nom de Bouddha. Je suis certain que vous avez déjà vu sa représentation dite en «prise de terre» mais que nous connaissons sous l’appellation de la position dite en «lotus».  Il ne vous aura pas échappé que sa main droite touche le sol d'où cette dénomination de la «prise de terre». Cette image représente et symbolise un moment bien précis de l'ascension spirituelle du Bouddha. Elle s'est produite alors qu'il se trouvait sous l'arbre de la bodhi depuis quarante jours à y méditer. Approchant plus que jamais du «but» ultime de la révélation conduisant à l'Éveil, Mara se serait puissamment évertué à le tenter afin qu'il ne puisse pas atteindre l'extase complète. Il lui offrit alors ses cinq filles, chacune plus belle l'une que l'autre. Elles symbolisent, en fait,  ce que les bouddhistes nomment les empêchements.

«... ces peurs attachées à nos incrédules certitudes du manque, de la pénurie et de la nécessité...»

À savoir : le désir sensoriel (kāmacchanda), le mécontentement (byāpāda) la paresse et la torpeur (thina middha)  l’agitation mentale et les remords (uddhacca kukkucca), et  le doute (vicikicchā). Si nous n’allons pas détailler ici ces cinq difficultés bien connues des apprentis méditants, précisons néanmoins que la première est très souvent qualifiée  de «sensuelle» ce qui me semble être une légère erreur car ne sectorisant que l’aspect de la tentation d'ordre charnelle ou sexuelle. Il me paraît donc plus juste de bien faire la précision en  qualifiant cet empêchement de «sensoriel». Ainsi, cela englobe toutes les dimensions sans n'en mettre qu'une seule en lumière. Le tout, aussi, sans y placer un tentant ordre prioritaire. En fait, c'est l'ensemble du «sensoriel» qui doit être surveillé sous l'égide de la bienveillante vigilance de l'esprit.  Les filles de Mara s’ingénient donc, tout autant individuellement que collectivement, à faire céder le futur éveillé. Néanmoins, même armées de leurs plus subtils atours, elles échouent et  doivent s'effacer. La manœuvre particulièrement intéressée de Mara à la corruption du prince indien ne fonctionnant pas, il  va  chercher à le séduire par une autre voie....  Constatant que les tentations classiques attachées à nos souhaits et désirs de pouvoir ne fonctionnent pas alors, il s'y essaye via les visions contraintes de nos plus profondes terreurs primales. Celles-là même qui habitent les parties les plus obscurcies du cœur humain soumis aux apparences et à ses propres croyances erronées. Ce sont tout justement ces peurs attachées à nos incrédules certitudes du manque, de la pénurie et de la nécessité de nous en protéger par le biais d'un petit ego aux désirs insatiables qu'il va utiliser. Mais pourtant,  comme le souligne si admirablement Nyanatiloka :  «Māra n'est pas tant un démon extérieur mais plutôt la «personnification des passions et des objets du désir».  Au perfectionnement du soi, il faut en passer par une introspection destructive de nos a priori et autres «vérités» dénuées de constance. Possiblement, Siddharta a pu passer là en revue ses plus puissantes vicissitudes intérieures restantes après pourtant six longues années d'ascèses extrêmement difficiles !  Le chemin du petit ego demeure celui par lequel même les plus en voie sur le sentier de l'éveil peuvent encore trébucher. Avec, bien évidemment, l'orgueil en fer de lance !  Comme dans un effet miroir, la construction chimérique du mental ego, Mara, flatte le jeune homme en mettant en lumière les infinies qualités qui l'on conduit jusqu'à ce niveau d'élévation spirituelle. En vérité, on peut ainsi se faire auto-trébucher en faisant décupler une fierté qui pourrait  sembler tellement juste et  légitime ! Même plus besoin d'une entité démoniaque et extérieure à blâmer ou à montrer du doigt !

 «...car nous sommes TOUS le parfait miroir des lois de la Terre...»

 

Pour lire cet article dans son intégralité, vous pouvez
acheter le numéro de Présences Magazine concerné dans notre boutique !

 

Yan Serre

Yan Serre

Ancré au nord Finistère, de Brignogan plages, Yan nourrit une passion pour la littérature et la nature depuis son plus jeune âge (il écrit depuis l’âge de 12 ans). Les mondes de la philosophie et de la spiritualité l’attirent très rapidement et c’est ainsi qu’il se met à lire Descartes puis Platon dès la classe de 3ème. D’un tempérament solitaire et aventurier, son enfance est portée par deux grands rêves : parcourir le globe par les mers et découvrir l’Himalaya. Il suit des études de philosophie puis exerce pendant cinq années au sein de l’Éducation nationale. Il a pourtant peu à peu envie d’indépendance et d’introspection. C’est alors qu’il se met en quête de tout ce qui pourrait l’aider à mieux vivre et à libérer son esprit de son quotidien matérialiste. Il découvre le yoga et le bouddhisme vers ses trente ans. Il multiplie les départs, d’abord en Europe puis dans le reste du monde. A l’hiver 2012, il entame un voyage initiatique en direction du sommet de l’Everest en solitaire, sans guide, sans porteur et sans moyen de communication. Cette expérience le transforme, humainement et spirituellement parlant. De retour, il est poussé par une incroyable envie de changer de vie et de se consacrer à la recherche du Soi. Il quitte son emploi pour créer sa propre société Terrévada afin de venir en aide aux artisans rencontrés au Népal. Il se lance dans sa passion d’écriture en publiant un premier livre qu’il auto-édite par choix, comme un pas de plus dans sa démarche d’indépendance mais toujours guidé par l’envie de partage. Il s’agit de “Népalsolo”, un premier livre qui sera par la suite suivi d’un deuxième tome nommé sur “La révélation de soi”. En 2016, il choisit de quitter son logement et de vendre une très grande partie de ses affaires personnelles pour acheter un camping-car, un lieu grâce auquel il peut poursuivre sa quête d’une vie plus indépendante et nomade. Il y approfondit son désir de partir à la rencontre des autres en leur faisant découvrir ses livres et les révélations découvertes lors de ses voyages.

Voir tous les articles
Donec lectus id, risus consectetur id Sed ultricies eget ut nec