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Connaissez-vous cette parabole de Jésus ? Elle constitue toujours aujourd’hui l’un des plus puissants enseignements pratiques qui ait été donné comme outil de connaissance de soi, de croissance personnelle, et donc d’évolution spirituelle :

« Ne portez de jugement contre personne et Dieu ne vous jugera pas non plus ; ne condamnez pas les autres et Dieu ne vous condamnera pas ; pardonnez aux autres et Dieu vous pardonnera. Donnez aux autres et Dieu vous donnera : on versera dans la grande poche de votre vêtement une bonne mesure, bien serrée et secouée, débordante. Dieu mesurera ses dons envers vous avec la mesure même que vous employez pour les autres. »
Jésus leur parla encore avec des images : « Un aveugle ne peut pas conduire un autre aveugle, n’est-ce pas ? Sinon, ils tomberont tous les deux dans un trou. Aucun élève n’est supérieur à son maître ; mais tout élève complètement instruit sera comme son maître. Pourquoi regardes-tu le brin de paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans ton œil ? Comment peux-tu dire à ton frère : “Mon frère, laisse-moi enlever cette paille qui est dans ton œil”, toi qui ne vois même pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite, enlève d’abord la poutre de ton œil et alors tu verras assez clair pour enlever la paille de l’œil de ton frère. »

Évangile de Luc 6.37-42
(ou Matthieu 7.1-5)


Chacun a pu de nombreuses fois vérifier la vérité de cette parabole, au moins chez l’autre. Aussi bien dans le cadre de ses relations personnelles ou professionnelles qu’en observant certains débats animés dans l’actualité médiatique ou politique. Il est ainsi, pour un œil extérieur averti, souvent risible de voir quelqu’un s’emporter et s’époumoner devant un adversaire idéologique en lui reprochant intolérance ou discrimination, tout en l’empêchant lui-même de s’exprimer voire lui niant carrément le droit de penser autrement que lui, ou bien en faisant preuve du même filtre discriminant vis-à-vis de l’autre (mais en inversé) que celui qu’il prétend combattre. Il suffit alors que les deux parties soient dans la même triste disposition, et le débat « pro » versus « anti » (ou « X » versus « non-X ») devient vite inaudible et stérile, les uns générant, nourrissant et exacerbant les autres, et réciproquement. Seule la juste compréhension et mise en pratique par chacun de l’enseignement de cette parabole peut permettre de s’élever au-dessus de l’antagonisme constant, et mettre un terme à la spirale infernale de discorde.

Pour ce faire, après la facile constatation et vérification objective chez les autres, facile du fait que l’on n’est pas soi-même concerné, il ne faut pas simplement s’arrêter là, prendre la parabole comme un appel à être plus indulgent avec son prochain, et puis c’est tout ! Non, la parabole est bien plus puissante que cela ! Il faut oser, rigoureusement et consciencieusement, se l’appliquer dans toute sa force à soi-même !

Puisque je constate, sans exception, que toute personne qui s’irrite de tel ou tel défaut chez autrui porte en elle-même précisément ce défaut à un degré bien plus élevé, je dois avoir le courage d’admettre qu’il ne peut en être autrement pour moi du point de vue des autres ! Les défauts qui m’exaspèrent chez les autres sont précisément ceux qui, chez moi, sont particulièrement apparents et incommodants pour eux ! Les autres me tendent donc un miroir de mes propres défauts. Lorsque je les juge avec véhémence, je me juge moi-même !
Pour prendre conscience de nos propres faiblesses et manques, et ainsi pouvoir progresser humainement et spirituellement, il nous suffit donc au départ de… juger notre prochain ! Ça tombe bien, ça nous savons très bien le faire !


JE JUGE MON PROCHAIN

Ne nous voilons pas la face : malgré les prescriptions spirituelles à ne pas juger les autres, nous le faisons constamment ! Untel n’est pas très sympathique, est mal habillé, est trop ceci ou pas assez cela… Nous jugeons constamment en pensées !

Cela est dû à notre mental en roue libre, de par notre éducation à l’enfance uniquement tournée vers la culture de l’intellect, qui se surajoute au « péché héréditaire » structurel, lequel apporte à chaque génération depuis des millénaires, de par la simple hérédité corporelle, un cerveau antérieur toujours plus unilatéralement développé. Cette prédisposition à une force d’intellect excessive fait que notre mental est toujours en surchauffe, et nous pensons donc sans cesse ! En mode automatique, sans conscience, une vraie pipelette ! C’est pourquoi il est devenu impossible aujourd’hui de ne plus avoir de « mauvaises pensées », de pensées dites négatives. On ne peut rien y faire, juste l’accepter. Cela ne fait pas de nous une « mauvaise personne » pour autant. Ce que l’on peut faire par contre en général, lorsque surgissent de telles pensées parasites, c’est de ne pas leur accorder d’importance, de ne pas se crisper dessus, de ne pas les croire, sinon on les renforce au lieu de les laisser passer et s’évanouir. Prendre garde également de ne pas leur donner plus de pouvoir en nous laissant aller à condenser ces jugements en paroles orales, car là nous engageons notre responsabilité spirituelle.

Mais en faire un sujet d’étude pour nous-même, dans un but d’évolution personnelle, là c’est différent ! Et c’est d’ailleurs pour cela que Jésus nous demande à la fois, au début de ses paroles, de ne pas juger, de ne pas condamner, et pourtant, dans le cadre de la parabole qu’il énonce ensuite, d’enlever la poutre de notre œil, ce qui présuppose bien d’avoir jugé l’autre avant…

 

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Jérôme Lemonnier

Durant 30 ans de vie intérieure très tourmentée à partir de l'adolescence (dépression chronique, phases de désespoir extrême...), je n'ai eu de cesse de chercher des remèdes à mon mal-être, d'abord extérieurement, puis de plus en plus intérieurement ; d'explorer de plus en plus profondément ma souffrance, convaincu qu'il devait y avoir autre chose que cela, qu'elle ne pouvait être une fatalité... Au cours de ce long voyage intérieur, j'ai fini par enfin trouver la paix, puis ensuite la vraie joie ainsi que la force et l’équilibre inébranlables auxquels j'aspirais tant.

À 50 ans, je me suis senti poussé à écrire pour redonner ce que j'avais reçu, pour partager et témoigner de ce que j'avais appris spirituellement, sur moi-même, sur le fonctionnement du mental, sur les causes de la souffrance psychique et ce qui en libère. Sont nées Les Chroniques de l'Eclaireur (travail toujours en cours), avec le souhait que mon expérience vécue puisse maintenant aider autrui.

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