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J’observe depuis dix-huit mois ce que la crise sanitaire provoque en moi. Je suis passée par différents stades mais la réaction la plus importante est la rage. Quand je réagis si fortement, c’est un signe que cet évènement appuie sur mes blessures archaïques. En y regardant de plus près, je me suis vite rendue compte que cela me rappelait étrangement mon éducation très autoritaire où mes parents m’imposaient leurs décisions arbitrairement et voulaient me forcer à les appliquer. Je n’ai jamais accepté de plier quoiqu’il en coûte de conséquences. La petite fille en moi s’est jurée de ne jamais accepter des choses qui ne sont pas bonnes pour elle, au prix de se faire gronder. La petite fille en moi a toujours mis un point d’honneur à s’être fidèle, envers et contre tout. J’ai eu beaucoup d’occasions de reconnecter avec cette petite rebelle ces derniers mois et elle me plait toujours autant. Elle est têtue, certes, mais elle est droite, déterminée et indomptable. Elle est souveraine en son royaume et son corps est son temple sacré.

Si je réagis avec autant de rage aux décisions de notre gouvernement, c’est tout simplement que cela me rappelle que la petite fille en moi a payé le prix fort pour ne pas céder au chantage, au pouvoir autoritaire et à la manipulation. Elle n’a jamais cédé et donc gagné en quelque sorte la bataille mais elle y a laissé beaucoup de plumes : elle a toujours eu le sentiment de ne pouvoir compter sur personne et de devoir se débrouiller toute seule... Elle a également dépensé une énergie folle pour résister à toute cette pression pour ne pas rentrer dans les rangs.

Et si cette crise était aussi là pour appuyer sur nos boutons, sur nos blessures que nous avions oubliées ou cru avoir soignées ? Et si cette crise était un merveilleux miroir pour aller voir en nous ce qui demande à être guéri au plus profond de notre être ?

Les cinq blessures archaïques et universelles sont le rejet, l’abandon, la trahison, l’injustice et l’humiliation.

La crise appuie-t-elle chez toi sur le bouton du rejet quand tu as envie d’aller prendre un verre à une belle terrasse en été et que tu y es refusé(e) car tu n’as pas de pass sanitaire ? Ou parce que tu n’as pas été invité(e) à une fête de peur que tu contamines les autres invités ? Ou parce que tu n’adhères pas au discours mainstream ? À quoi ce rejet te ramène-t-il ? Tu connais déjà ce sentiment depuis ton enfance. Ferme les yeux quelques instants, sens et respire.

Ou te sens-tu abandonné(e), tout(e) seul(e) dans ton appartement en ville pendant ces longues semaines de confinement ou dans ton Ehpad sans avoir le droit de voir tes enfants et petits-enfants ? Te sens-tu seul(e) au monde quand tu es malade et personne ne peut venir te soutenir et te prendre dans les bras ? Ferme les yeux quelques instants, sens et respire.

Te sens-tu trahi(e) par le gouvernement en qui tu avais peut-être même posé des espoirs d’un monde meilleur ? Te sens-tu trahi(e) par tous ces journalistes et scientifiques qui ne font plus honneur à leurs métiers longtemps respectés ? As-tu l’impression d’être ouvertement manipulé(e). Ferme les yeux quelques instants, sens et respire.

Serait-ce le bouton de l’injustice qui est réactivé chez toi ? Peut-être as-tu perdu un membre de ta famille de la covid et que tu n’as pas eu le droit de l’accompagner dans les derniers instants de sa vie et de l’enterrer convenablement ? Peut-être as-tu l’obligation de te faire vacciner si tu es soignant alors que tout ton corps le refuse ? Peut-être es-tu séparé(e) de tes proches depuis des mois et tu ne comprends pas pourquoi tu ne peux pas les voir ou qu’ils ne veulent plus te voir de peur de te contaminer ? Ferme les yeux quelques instants, sens et respire.

Enfin, serait-ce le bouton de l’humiliation qui est poussé en toi jusqu’à en être insupportable ? L’humiliation d’être le seul dans le groupe à avoir été puni pour quelque chose que tu n’as pas fait ? L’humiliation d’être considéré par la société comme un pestiféré, un égoïste, un affreux complotiste, voire dangereux ? Ferme les yeux quelques instants, sens et respire.

Ou te retrouves-tu dans celui qui préfère obéir et qui est exaspéré quand un autre ne suit pas les ordres et met le chaos dans le groupe ? Est-ce que c’est rassurant pour toi que quelqu’un de plus « grand ou compétent » que toi décide de ce qui est bon pour toi ? Est-ce que c’était dangereux enfant de prendre le risque de ne plus faire partie du groupe ? Te rappelles-tu du sentiment inconfortable en toi quand tu acceptais de plier pour avoir la paix ou obtenir quelque chose ? Ferme les yeux quelques instants, sens et respire.

Si la crise n’appuie sur aucun de ces boutons, cela ne veut pas dire pour autant que tu n’as pas de blessures archaïques. Elles ne sont juste pas réactivées et donc la situation ne te fait pas réagir outre mesure. Le télé-travail a convenu à beaucoup de personnes en éliminant le temps perdu dans les transports en commun, les éternelles réunions avec les collègues… Choisir de faire confiance dans nos dirigeants est de fait moins énergétivore et permet donc d’adhérer à leur stratégie de lutte contre cette épidémie sans résistance. Cela signifie sans doute que tu avais une confiance forte envers tes parents et cela ne te dérange donc pas de te plier aux mesures qui sont mises en place pour te protéger.  Peut-être as-tu souvent entendu enfant « c’est pour ton bien » ou encore « je sais mieux ce qui est bon pour toi » ?

Il y a également ceux qui se positionnent moins catégoriquement. Ils n’adhèrent pas forcément aux mesures prises mais ils les acceptent en leur âme et conscience pour pouvoir continuer à pouvoir travailler, à vivre tout simplement décemment ou pour atteindre un but plus grand que leur intérêt personnel.

Chacun gère cette situation difficile et inédite du mieux qu’il le peut avec les moyens qu’il a. Il est déplorable d’observer qu’elle crée des réactions de plus en plus violentes et disproportionnées dans la société. Plus la réaction est forte, plus c’est un signe qu’elle touche à nos blessures archaïques qui demandent à être apaisées.

Qu’est-ce qui est touché de fondamental en toi finalement ? Cette crise est une invitation à y regarder de plus près et à aller se reconnecter avec l’enfant blessé en nous qui n’avait pas les moyens de faire autrement à l’époque. Pour survivre, il s’est figé sous l’émotion trop forte mais il reste encore très actif en nous aujourd’hui et il continue à mener notre vie, consciemment ou non. Il est temps d’aller le chercher dans son coin et de le réintégrer pour se sentir entier à nouveau.

Une crise est toujours une invitation à réajuster nos valeurs et nos priorités avec la personne que nous sommes devenue aujourd’hui. Celle-ci est clairement une invitation à se positionner en recherchant un accord harmonieux entre le corps, l’âme et l’esprit pour prendre une posture juste, quelle qu’elle soit.

Crédit photo : Sippakorn Yamkasikorn sur Pixabay


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Isabelle Colineau

Isabelle Colineau est née en 1971 dans un petit village d’Anjou. Après des études de commerce international à Paris, elle s’installe à Bonn, en Allemagne. Elle est mère de deux adolescentes.

Elle travaille pendant quatorze ans aux Nations Unies jusqu’au jour où un coup du destin bouscule radicalement le cours de sa vie. Après une longue traversée du désert, elle découvre son don de guérison. Depuis 2010, elle le met à la disposition de personnes désireuses de se libérer de leurs maux et de leurs mémoires corporelles.

Elle est l’auteure de « De la lame de fond au fond de l’âme », son premier ouvrage où elle relate avec une authenticité remarquable ses émouvantes expériences et découvertes. Elle est portée par la motivation de faire connaître à un grand public que les maux du corps sont le reflet des maux de l’âme.

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