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L’homme m’intriguait…
J’ignorais depuis quand, mais chaque jour de la semaine, quand le temps était clément, il venait s’asseoir sur un banc, dans le parc juste en face de chez moi. Toujours le même banc, s’il était libre, en face des parterres de fleurs avec la vue sur la fontaine. Si le banc était déjà occupé, il s’asseyait plus loin, mais c’était rare, car c’était toujours lui le premier arrivé et le dernier parti.

Il s’asseyait sur un côté du banc, posait sa petite pancarte au milieu et attendait en espérant que quelqu’un vienne s’asseoir à ses côtés, sur l’autre côté du banc, pour discuter avec lui. Sur sa pancarte, on pouvait juste lire, en belle écriture manuscrite : Je suis Jésus !

Bon, vous pensez comme moi, c’est rare comme prénom, mais ça existe. Pourquoi pas ? Seulement, je l’avais un peu observé de loin à chaque fois que je devais passer par le parc, et il semblait ne pas avoir beaucoup de succès. Je voyais souvent des personnes l’aborder, mais à chaque fois cela ne durait que quelques secondes, et je voyais toujours le ou la curieuse poursuivre son chemin en rigolant, parfois même en se moquant de lui. Lui restait toujours stoïque, calme, avec un grand sourire, saluant la personne qui s’éloignait.

Lorsque personne ne l’abordait, il restait tranquille sur son banc, observant son environnement (fleurs, arbres, oiseaux, enfants jouant plus loin…) sans jamais se lasser, semblant être totalement comblé par l’instant présent. Ce n’était pas un mendiant, ni un sans-abri, il était toujours habillé simplement mais de façon harmonieuse et propre. Il n’agressait jamais les gens qui passaient devant lui, se contentant de les saluer par un bonjour souriant, mais, étant de nature timide voire craintive, je m’arrangeais toujours pour ne pas passer devant lui en traversant le parc. Jusqu’à ce jour…

Ce jour-là, perdu dans mes pensées, je ne pensais plus du tout à lui. Je marchais tête basse, en mode pilote automatique… enfin pas tout à fait, car sinon j’aurais pris comme d’habitude le chemin qui me faisait l’éviter ! Cela dit, ce chemin me faisait toujours faire un détour, donc je suppose que là, mon GPS intérieur, non censuré par mon mental, en avait profité pour me faire aller au plus court.

Quoi qu’il en soit, je fus surpris par son « Bonjour ! », qui me fit sortir de mes pensées et m’arrêter net. Quittant du regard le gravier à mes pieds, je relevai la tête et me tournai vers lui. « Oh ces yeux ! » Il avait de magnifiques yeux bleus rayonnants… Et ce regard ! À la fois si doux et bienveillant ! J’ai dû paraître bête, car, fasciné par son regard, j’ai bien dû rester bouche bée devant lui plusieurs secondes, avant de balbutier un timide bonjour.

 

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Jérôme Lemonnier

Durant 30 ans de vie intérieure très tourmentée à partir de l'adolescence (dépression chronique, phases de désespoir extrême...), je n'ai eu de cesse de chercher des remèdes à mon mal-être, d'abord extérieurement, puis de plus en plus intérieurement ; d'explorer de plus en plus profondément ma souffrance, convaincu qu'il devait y avoir autre chose que cela, qu'elle ne pouvait être une fatalité... Au cours de ce long voyage intérieur, j'ai fini par enfin trouver la paix, puis ensuite la vraie joie ainsi que la force et l’équilibre inébranlables auxquels j'aspirais tant.

À 50 ans, je me suis senti poussé à écrire pour redonner ce que j'avais reçu, pour partager et témoigner de ce que j'avais appris spirituellement, sur moi-même, sur le fonctionnement du mental, sur les causes de la souffrance psychique et ce qui en libère. Sont nées Les Chroniques de l'Eclaireur (travail toujours en cours), avec le souhait que mon expérience vécue puisse maintenant aider autrui.

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