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Il y a vingt ans, mon mari a décidé de démissionner de son travail pour tenter de vivre différemment alors que nous avions trois enfants en bas âge (un fils de 17 mois et des jumelles de 3 mois). Au début, nous vivions sur nos quelques économies puis nous avons survécu grâce à de petites entrées d'argent éparses  de nos activités artisanales et créatives.

À cette époque, un investisseur a insisté pour venir se présenter malgré le fait qu’il ait été prévenu que nous n'avions absolument pas un centime à placer dans ses actions. Après un bilan financier succinct, il nous a annoncé que nous faisions partie des personnes les plus riches de son listing. La raison : nous n'avions aucune dette. En effet, curieusement alors que nous n'avions « pas un rond », nous nous sentions très riches. Notre luxe ? Nous étions à la maison avec nos enfants tous les jours, nous nous réveillions à notre rythme, et surtout nous avions du temps. Cette qualité de vie est une denrée rare de nos jours.

C’est pourquoi j’ai voulu interviewer Syama, une artiste qui connait ce luxe. Elle a choisi de vivre dans un camping car, de faire l'école à la maison à sa fille et de vivre exclusivement des revenus de son art. Elle intervient avec ses formations artistiques au fil de ses trajets sur les routes de France, Belgique et Suisse. Elle est une artiste dont la carrière et la vie sont un modèle exemplaire d'une femme accomplie et épanouie. Syama décrit sa vie de nomade : « ma caravane est comme mon corps et la route devant moi est ma vie ».

Elle a décidé de commencer par le plus dur : partir sur les routes en plein hiver. Si elle arrivait à survivre durant le froid, cela serait la preuve qu'elle pourrait être nomade à plein temps. Après quelques jours de route dans  le sud de la France, une énorme tempête de neige la surprit et son chauffage tomba en panne. La voilà confrontée non seulement aux intempéries de son nouveau choix de vie mais surtout face à toutes ses peurs et insécurités. Sa réaction sur le moment fut « je suis folle, je ne vais pas y arriver, je suis une femme seule perdue au milieu de nulle part, je suis une maman irresponsable ». Pourtant, elle avait bien conscience que ses inquiétudes reliées aux questions pratiques pouvaient être résolues. Au pire, elle savait qu'elle pourrait toujours avoir recours à la police. Il se trouva que son voisin sur le camping où elles étaient arrivées les accueillit chaleureusement, leur proposa de dormir dans son véhicule et offrit même un chocolat à sa fille ! 

Cette première expérience lui apprit qu'elle allait devoir faire confiance et ouvrir son cœur. Le plus difficile fût de faire face à ses craintes les plus profondes, et même comme elle dit « de regarder sa peur de la vie ». Syama nous rappelle que nous travaillons tous beaucoup pour ne jamais se retrouver dans une telle situation, afin d’avoir une vie confortable et être en sécurité. Elle nous invite à faire confiance en la vie et surtout à faire confiance aux autres, ce qui n'est pas un mouvement naturel, surtout à notre époque.

 

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Gaia Orion

Gaia Orion

Gaia Orion fait des interviews de professionnels du monde artistique pour discuter d'art pour un monde florissant et en paix. Elle est une artiste internationale qui vit au Canada. Passionnée par les sujets de transformation personnelle et de changement sociétal elle est aussi coach de créativité pour individuels et en entreprise. Gaia donnera des stages en Europe en mai 2021 et exposera à Paris en janvier 2022.

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