Faire alliance avec notre corps, défi ou évidence ?

par | 6 Mar 2019 | Bien-être et santé | 0 commentaires

Nous avons tant à reprocher à notre corps, dès l’adolescence… trop gros, trop maigre, trop gras, pas assez musclé, trop fatigué, trop douloureux, trop comme ci ou pas assez comme ça… Il devient comme un double séparé de nous, de notre tête pensante. Nous le regardons avec condescendance voire mépris parfois. En tout cas c’est peu amicalement parfois que nous cherchons à le maîtriser, dompter, dresser, redresser, muscler, éduquer, rééduquer. Toutefois, de désagrément en colère contre ce corps qui ne fait pas ce que nous voulons, la physiologie ou la pathologie nous invitent à quelques rendez-vous pour en prendre soin. Car chaque désagrément ou symptôme représente un message à décoder, une invitation à s’écouter, se ressentir, se comprendre au fil de notre vie.

 Dans nos pays occidentaux, la mode et son exigence influencent notre regard sur notre apparence et de fait, sur notre corps. Guidés par l’époque et la culture, on aime ici les femmes rondes et là, on les apprécie minces. Tantôt les cheveux sont suggérés longs, lâchés, libres, tantôt ils sont favorisés parfaitement lissés ou encore à la garçonne, ou bien bouclés. Les seins, le ventre, les cuisses, les fesses, le nez et même les parties génitales pour les femmes suscitent de nombreuses chirurgies plastiques pour entrer dans une certaine norme. L’injonction « il faut souffrir pour être belle » peut se faire maltraitance dans certaines situations. Des générations entières ont grandit avec cette croyance. Le corps, son confort et même son fonctionnement physiologique voire son anatomie passent alors parfois au second plan. Les conséquences en sont multiples. L’une d’entre elle est la perte de repères intérieurs, de ressentis corporels, d’écoute de soi, une distanciation d’avec ses besoins.

 Notre besoin de contrôle sur notre nature humaine nous fait, en effet, parfois oublier que notre corps a des besoins propres, des besoins physiologiques que la nourriture (si tant est qu’elle soit adaptée) et le sommeil seuls ne suffisent à combler. Nous en oublions aussi que notre physiologie a une intelligence propre. C’est d’ailleurs celle-ci même qui nous envoie des signaux pour nous signaler que quelque chose ne va pas, qu’un changement de comportement par exemple est nécessaire. Lorsque ces inconforts ne sont pas compris et écoutés, apparaissent des compensations en tout genre qui peuvent progressivement s’installer. Un déséquilibre se crée pour maintenir l’équilibre global, quel paradoxe !

Le génie de la physiologie (et le défaut de cette qualité)

Cela ressemble à un paradoxe ainsi posé, mais c’est pourtant cette qualité d’adaptation permanente qui permet la survie dans des conditions extrêmes ou même la survie d’une espèce. Car tout ce qui est vivant jouit de cette adaptabilité voire sur-adaptabilité. La vie, l’énergie du vivant a une force incroyable. Nous avons tous vu une fleur pousser entre deux plaques de goudron, des animaux survivre dans des conditions extrêmes, des êtres humains se sortir de contextes où toute chance semblait hors de portée. Notre corps s’adapte admirablement. Il se sur-adapte même si nécessaire, ce qui signifie qu’il va au-delà de ses limites. Il y a un dépassement des limites.

Le contexte n’est pas toujours aussi rude, bien sûr. Pourtant, au quotidien, stress, fatigue, pollution, alimentation non adaptée, émotions non identifiées viennent perturber notre organisation intérieure globale. Nous sommes « équipés » de nombreux capteurs et de régulateurs, c’est physiologique, c’est-à-dire « normal » d’un point de vue de la santé. On appelle homéostasie la capacité à maintenir l’équilibre, à le rétablir autant que possible. Dans ce cas, les différents systèmes corporels interagissent, « communiquant » entre eux via les liquides corporels, les hormones et les fascias notamment, informant le cerveau et recevant de lui des instructions. Fatigue, inconfort, accélération du cœur, transpiration ou autres signalent une régulation en cours. Ce sont des messages normaux, jusqu’à un certain point. Dans le corps humain, tout comme dans la nature, l’équilibre est un déséquilibre en mouvement.

Si les conditions reprennent leur cours habituel, les sensations s’harmonisent effaçant tout inconfort. Dans le cas inverse, un nouvel équilibre se trouve, prenant en compte ce qui est présent et s’appuyant donc sur le déséquilibre existant. On appelle cela une compensation, qu’elle soit fonctionnelle, hormonale ou posturale par exemple. Les petits désagréments entrent dans le quotidien comme partie prenante de la situation globale, obligeant tout l’organisme à se transformer en fonction.

Il y a du génie dans ces micro-adaptations du quotidien au fil de notre vie. En les écoutant, en tenant compte du repos, de la détente, du besoin de mouvement et autres nécessités, nous faisons alliance sur le long terme. Sans cela, la pathologie peut s’installer, sans que nous ne la voyions prendre place en apparence.

Pour lire cet article dans son intégralité, vous pouvez vous le procurer au format PDF dans notre boutique !

Testez-nous GRATUITEMENT pendant 14 jours