Faut-il nécessairement pardonner pour arriver à la guérison de nos blessures relationnelles ? Point de paix sans pardon ? Ou le pardon comme lumière sur le gâteau ?

Concevoir l’étape du pardon comme un seuil à franchir pour se libérer totalement de nos entraves psychologiques est la vision de certains thérapeutes et de nombreuses personnes en recherche d’un mieux-être. J’y vois là avant tout une tentative, légitime, de sortir d’émotions douloureuses et parfois destructrices, la colère en particulier.

Seulement je doute que cela soit toujours possible. Certaines trajectoires sont si lourdes et si noires qu’un véritable pardon relève alors d’une grandeur d’âme dont peu parmi nous sont pourvus. « Humains, trop humains » comme l’écrit le psychiatre Irvin Yalom(1).

Mais surtout, pour en examiner sa possibilité, interrogeons-nous sur la nature du pardon. Que pardonne-t-on et qui pardonne-t-on ? L’agresseur présumé ? Nous-mêmes ? Certainement les deux. Mais que signifie alors se pardonner à soi-même ?

Selon mes observations de thérapeute, le travail d’introspection et d’expression émotionnelle en psychothérapie permet de traverser les différentes étapes de nettoyage d’une blessure ou d’un traumatisme relationnel, afin d’aboutir idéalement à un mieux-être général. Lorsque quelqu’un nous a fait du mal, - prenons l’exemple de parents peu présents et autocentrés-, nous allons devoir d’abord prendre conscience de cette réalité, sortir d’éventuels déni et minimisation, et ainsi se confronter aux émotions générées. Nous ressentirons de la colère, par vagues, avec parfois des explosions bien légitimes et saines, puis de la tristesse, là aussi se déferlant avec un rythme plus ou moins intense et libérateur selon nos capacités et notre rythme psychique. Enfin, peu à peu, viendra l’acceptation, celle d’avoir vécu cela, - ici un manque de présence voire d’amour parental -. À l’issue de ces quatre étapes, qui sont celles de tout deuil, viendra le pardon envers la ou les personne (s) incriminée(s).

Ou pas.

 

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Gwenaelle Persiaux

Psychologue et psychothérapeute en libéral et en institution psychiatrique, et portée par mon métier-passion, j'accompagne les personnes sur leur chemin de découverte d'eux-mêmes. Je propose une approche holistique, intégrant les différents plans de conscience, avant tout lors de stages thérapeutiques qui permettent par les effets miroir et de résonance du groupe d'aller plus loin dans nos profondeurs. Egalement formatrice au sein de l'organisme OYA Formations, je transmets aux professionnels de la relation d'aide sur les thèmes qui me sont chers : la psychologie énergétique (EFT), l'attachement et la psychopathologie. Enfin je suis aussi l'auteure de deux livres sur l'attachement publiés chez Eyrolles : Guérir des blessures d'attachement (février 2021) et Coupé des autres, coupé de soi (janvier 2022).
www.gwenaellepersiaux.com, où vous pourrez trouver d'autres textes et inspirations diverses.

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