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Du défit de prendre soin de notre corps dans mon article du numéro 1 de Présences Magazine, à celui de l’écologie, il n’y a qu’un pas quand il est question de globalité. Les nombreux articles, vidéos, manifestations, tout comme les résultats des élections européennes témoignent que la question du climat est une préoccupation grandissante. Dans le même temps, nombre de bonnes volontés se demandent comment s’y prendre et par où commencer. Avant que des décisions drastiques ne soient mises en place, prenons soin suivant l’axe ou les axes qui nous conviennent au mieux. Il existe, en effet, mille façons de prendre soin de la terre et d’agir au quotidien. Cet article est une invitation à prendre soin de soi avec un regard global pour notre corps et notre planète. Tout ce que nous mangeons, utilisons, achetons, que ce soit pour nous nourrir et aussi pour notre mieux être a, en effet, une incidence sur l’environnement, y compris avec les meilleures intentions. Voici un tour d’horizon de nos comportements de consommateurs et leurs conséquences sur l’environnement.

Se nourrir, de nombreuses implications et conséquences

Si nous nous intéressons de près ou de loin à notre bien-être et notre santé, il y a de fortes chances pour que nous soyons informés en matière d’alimentation ainsi que des effets des traitements des sols, arbres, plantes et autres transformations génétiques. Le choix du biologique ou de l’agriculture raisonnée va dans ce sens, de même que celui de diminuer ou supprimer viandes et poissons d’élevage. Les questions « qu’est-ce que je mets dans mon corps pour me nourrir ? » et celle de « quelles sont les conséquences de ces choix sur l’environnement ? » ou encore « comment je participe à la pollution avec cet achat ?», sont de bons repères pour nous accompagner. Car, en effet, le label « bio » ou « sans ajout » peut avoir diverses significations suivant la provenance, la législation en vigueur et le packaging. En cas d’hésitation devant du miel bio du Chili ou des poires dites « non traitées » d’Afrique du sud par exemple, le choix alimentaire sain pour soi-même n’est alors pas suffisant car, d’une part les normes ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre et à ce stade non vérifiables, et d’autre part les trajets parcourus par ces aliments pour arriver à destination sont coûteux en énergie et en pollution. Le transport des aliments a, en effet, un impact direct sur l’environnement. Il est de notre responsabilité de vérifier les compositions, les labels et aussi la provenance. Nos décisions d’achat sont notre pouvoir de choisir clairement l’écologie intelligente. Un pas de plus serait d’informer les responsables des magasins concernés, de notre choix et des raisons de ceux-ci.

À ce moment-là entre bien sûr en jeu la question du coût et de la gestion globale de notre budget. Un autre aspect se présente sans tarder qui est « mais comment je fais ? ». Car cela demande toute une organisation d’acheter local et sans traitement, surtout lorsque nous habitons en ville. De plus, de nombreux produits biologiques sont emballés sous plastique pour être vendus en supermarché mais aussi en surfaces spécialisées. Tofu, fromage, fruits secs, biscottes et autres biscuits sont concernés. Nous pensons bien faire pour nous-mêmes en achetant ainsi, mais la réalité est qu’il a fallu emballer dans des usines, transporter bien sûr, stocker et aussi que le tri est inévitable. Se profile alors une autre question, celle du temps et de la disponibilité pour ceux qui envisagent de préparer ces aliments eux-mêmes.

Si nous regardons toute cette chaîne, ne serait-ce que pour l’alimentation, nous voyons bien les nombreuses implications et combien cela peut sembler complexe et exigeant. Toutefois, c’est en faisant un pas après l’autre, de notre mieux, que les choses changeront dans nos consciences et connaissances, afin de cesser d’être manipulé par des publicités ou tarifs attractifs au détriment de notre santé et de l’environnement. Reprendre notre pouvoir de décision est sans doute le premier pas vers une écologie corporelle et environnementale.

Prendre soin de notre corps et de ses besoins, représente une façon somme toute facile d’accès d’amener notre focus à la fois sur le présent (ici notre nourriture au quotidien) et sur l’avenir (préserver la planète). Il n’est pas question ici d’accuser ou de combattre, mais bien de décider pour soi en conscience et en présence avec soi-même et bien au-delà. Rien ne peut se dissocier, nous sommes tous reliés d’un bout à l’autre du monde.

Se vêtir responsable, pas si simple !

Il n’est plus un secret que l’industrie textile est l’une de plus polluantes de la planète. Utilisation d’eau à outrance, produits chimiques et colorants, usines immenses, fibres synthétiques, utilisation de pétrochimie, la liste est longue. Toutes les grandes marques ou presque sont concernées. Il existe bien des marques éthiques qui font un magnifique travail. Mais, malgré leurs efforts, leurs tarifs sont élevés. Alors, que faire… ?

Avant d’aborder la question financière, revenons à nos questions de référence : « qu’est-ce que je mets sur mon corps pour m’habiller ? » et aussi « quelles sont les conséquences de mes choix sur l’environnement ? » ou encore « comment je participe à la pollution globale avec cet achat ?»

Parce que, si la fabrication des textiles pollue la terre, l’eau et l’air, il est un sujet dont on ne parle pas ou pas encore et qui me tient fort à cœur : la pollution du corps. Notre peau se trouve, en effet, en contact direct avec des tissus toute la journée et aussi la nuit. La peau est un organe sensible, le plus grand de tout notre corps, celui qui fait le lien entre l’intérieur et l’extérieur, qui se laisse traverser (crèmes, huiles, etc.) et qui émet, des fluides, notamment. La lymphe se trouve juste sous la peau. Elle favorise notamment le bon fonctionnement du système immunitaire et la circulation des toxines corporelles pour élimination. Je ne sais pas dans quelle mesure cette pollution textile peut s’infiltrer dans la lymphe par perméabilité mais je me pose la question depuis plusieurs années déjà. Plus les tissus sont proches du corps et plus ils sont serrés, en particulier au niveau de l’aine, des organes génitaux et aussi des aisselles (où se trouvent une grande concentration de ganglions lymphatiques) et plus le risque de pollution corporelle me semble important.

Pour autant, je ne suis pas en train de dire qu’il faudrait nous promener en pagne, mais je m’autorise ici à faire ce lien pour plusieurs raisons. Nous savons aujourd’hui, en effet, que l’alimentation, la pollution, la consommation d’excitants, les émotions non reconnues et intégrées peuvent être les causes de certains dysfonctionnements voire maladies. Mais je n’ai jamais encore vu abordé cette question de la pollution par les vêtements. Cela demanderait une bien plus grande analyse bien sûr. Mais je m’étonne. Ce qui me saute aux yeux, pour ne prendre qu’un exemple, c’est le nombre toujours croissant de femmes se plaignant de douleurs pendant leurs menstruations notamment, ou bien les problématiques de fertilités féminine et masculine. Tout en sachant que les causes sont multiples, je ne peux m’empêcher de penser que les sous-vêtements synthétiques et les vêtements serrés y sont pour quelque chose. C’est une supposition dont je n’ai pas la preuve, mais je me demande quand viendra le temps où nous pourrons lire la composition, la provenance et aussi le traitement de nos habits, afin de faire nos choix en connaissance de causes et de conséquences possibles, à la fois pour nous-mêmes et aussi pour l’environnement. En attendant, pourquoi pas choisir éthique autant que possible, ou bien chiner, échanger, relooker et nous ouvrir à notre créativité et nos ressources de transformation.

Dans la salle de bain…

Outre la cuisine, il y a un autre espace dans la maison ou la pollution du corps et celle de la terre se trouvent fortement en résonnance. C’est la salle de bain. Car si nous pouvons être affectés par ce que nous introduisons dans notre corps par la bouche en nous alimentant, nous pouvons aussi pâtir de ce qui s’introduit dans notre corps à notre insu via notre peau par contact quotidien et répété.

Nous utilisons, en effet, dans cette pièce d’eau de nombreux produits, crèmes, shampooing et savons (sans parler des détergents que nous respirons !) qui sont, la plupart du temps, conditionnés dans des flacons en plastique dont le recyclage est complexe et dont la terre déborde avec toutes les polémiques et déviances qui se révèlent sur ce que deviennent ces plastiques. Ces produits, promesses de beauté, jeunesse, propreté et apparence conforme aux normes de la mode, sont utilisés à même la peau ou le cuir chevelu. Ils pénètrent ainsi dans notre corps via cet organe sensible. Ils sont vantés par une publicité qui nous touche là où se trouvent nos peurs (peur de ne pas être assez belle ou beau, de sentir mauvais, de vieillir, d’avoir les cheveux bouclés ou lisses ou blanc suivant les modes, peur de ne pas être « conforme »…).

Revenons à nos trois questions : « qu’est-ce que je mets sur ma peau pour me laver ? », « quelles sont les conséquences de mes choix sur l’environnement ? » et « comment je participe à mon insu à la pollution environnementale avec cet achat ?».

Une vision corporelle et globale pour nos logement, déplacements, activités, vacances etc.

Notre corps fait partie intégrante de la nature, nous ne pouvons pas nous dissocier. Prendre soin de l’un c’est prendre soin de l’autre et inversement. Il est essentiel de réintégrer cet aspect qu’il est si facile d’oublier en occident, tant notre mode de vie s’est éloigné du bon sens, tant nous nous sommes coupés de notre nature humaine, tant les tentations sont fortes là où tout est fait pour que nous consommions. Or il y a une position qui est claire et détendue qui est de se poser la question : à quel moment je décide de moi-même lorsque je fais un achat ou bien à quel moment je me laisse influencé. C’est une question de pouvoir personnel au service de l’avenir de cette planète, la nôtre, la seule sur laquelle nous pouvons vivre. Il n’est pas non plus question de se faire violence et d’aller dans le perfectionnisme, mais bien d’être conscients et de décider ce que nous voulons, chacun et tous ensemble parce que nous savons ce que nous sommes en train de faire. Nous ne pourrons pas dire à nos enfants ou petits enfants que nous ne savions pas. Les scientifiques l’expliquent depuis des décennies, le temps est compté maintenant et nous le savons. Agissons chacun à notre niveau maintenant. Observons d’un autre regard, empli de justesse, tous ces éléments qui, dans notre logement, nos déplacements, nos vacances, nos sports ou activités nous permettraient de gagner en santé et de prévenir par des gestes écologiques simples et de bons sens. Soyons présents à nous mêmes dans nos consommations, achats, gestes du quotidien. « Suis-je libre ou suis-je conditionné en agissant ainsi », c’est la question que je nous invite à nous poser en faisant un tour d’horizon le plus objectif possible de notre façon de vivre, de notre maison, de notre lieu de vie, de notre ville, de notre région. Car se rendre en pleine nature pour randonner afin de détendre nos nerfs et régénérer nos organismes n’a pas de sens d’après moi, si nous ne rendons pas d’une façon ou d’une autre ces bienfaits à la terre.

Ecologie émotionnelle ? De quoi s’agit-il ? Quel lien avec la terre ?

L’écologie émotionnelle est notre capacité à identifier nos émotions, les traverser et à les transformer afin qu’elles ne se stockent pas dans notre psychisme et dans notre corps. Il s’agit ici de présence à nous-mêmes, à ce qui se vit en nous intimement au fil des jours et des années. Vous vous demandez peut-être en quoi cela est-il en lien avec l’environnement ?

La globalité d’une réflexion écologique ne peut exclure que nos émotions favorisent, perturbent ou empêchent des comportements clairs, réfléchis et responsables. Tous les éléments cités dans cet article sont en lien avec nos besoins, bien sûr, mais aussi avec nos émotions, croyances, habitudes, impulsions etc. En cas de mal-être, nous allons rechercher ce qui va nous soulager. Cette recherche se fera parfois, si ce n’est souvent, à l’extérieur de nous, chocolat ou sucre ou café pour certains, médicaments pour d’autres, compulsion d’achat ou de temps sur les réseaux sociaux par exemple. Si par notre qualité de présence à nous-mêmes nous pouvons dans un premier temps, identifier ce qui se passe dans notre jardin intérieur, nous pourrons nous mettre au clair sur nos besoins profonds et agir en conséquence, dans le respect de nous-mêmes et de la planète. Sans cela, nous sommes régis par notre besoin immédiat de soulagement, par nos peurs ou nos croyances, sans disposer ni du choix, de la liberté, ou de la responsabilité de nos comportements.

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Effea Aguilera

Effea Aguilera

Thérapeute psycho-corporelle, danse thérapeute en Expression Sensitive®, auteure,

Créatrice de l’approche « Découvrir le potentiel du périnée® »

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