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Earthing : la voie des va-nu-pieds

par | 7 Oct 2019 | Plantes et Nature | 0 commentaires

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« Couvrez ce pied que je ne saurais voir » pourrait dire aujourd’hui ce cher Molière? 

Ces pieds pédicurés, emmitouflés, surprotégés et aseptisés sont désormais l’apanage de notre société occidentale.  Symbole historique d’indigence, de pays sous-développés et de mouvements anarchiques du passé, les va-nu-pieds trébuchent sur nombre de préjugés.  Resterait-il encore une seule permission, soit la balade « pieds nus sur la plage » comme dans la chanson ? Pas praticable partout, bien entendu. Souvent par souci de prévention de blessures ou pour cause d’hygiène, le port du pied nu deviendrait-il de plus en plus une habitude en voie d’extinction ? 

Impossible de toute façon de manquer les messages lancés par les tenants de l’industrie du pied hyper dorloté.   En pharmacie, un rayon vous ensoleille de ses adoucisseurs, déodorants, poudres, traitements express, bains, crèmes antifongiques et coussinets d’appoints pour oignons-shiatsu-correcteur-de-posture.  Idem pour l’industrie de la chaussure avec son R&D axé sur le respect intégral de l’alignement postural en tout temps ou intempérie.  Sans compter tous les podos et réflexos de ce monde qui se joignent au bonheur du pied super soigné.

Naturellement, cette câlinerie de nos extrémités demeure une nécessité dans nos environnements sur-stressés.  Ce faisant, reste-t-il un peu de place pour se libérer des souliers et faire l’expérience de ce qui nous branche au fondement de notre humanité ?

Cette réflexion je ne l’avais jamais amorcée avant d’entendre le mot « earthing » ou « grounding ».  En fait, j’ai appris assez récemment que je pratique le « earthing » ou cet « enracinement » depuis l’enfance. Maintenant, je sais que ce type d’activité porte non seulement un nom, mais qu’il est étudié sérieusement pour ses immenses bienfaits thérapeutiques.  Documentaires et ressources WEB à l’appui, souvent dans la langue de Shakespeare, ce mouvement attire de plus en plus d’adeptes. Ce que cette pratique préconise, en bref, est d’inciter les êtres humains déconnectés des milieux naturels à trouver un moyen de se brancher à Mère-Terre par la nudité des pieds ou du corps en entier, de sorte à recevoir des électrons qui contribueraient à renforcer votre système immunitaire, libérer des antioxydants et augmenter votre énergie vitale. 

Les infos abondent sur le « earthing » et en soutien de la cause, nombre d’exemples à citer de guérisons naturelles liées à des problèmes chroniques de santé.  Entre autres avantages, cette méthode naturelle aiderait à préserver votre équilibre psychique, tout en stimulant un mécanisme de défense contre les ondes 5G, le bruit et la pollution.      

Pourtant, l’activité en apparence simple de marcher pieds nus en nature peut présenter un grand défi, voire un certain danger, pour ceux qui n’y sont pas habitués.  Les gens qui m’accompagnent en randonnée et qui me voient pratiquer le « earthing » ont tous l’impulsion un peu espiègle de m’imiter. Généralement, au bout de quelques minutes, je les entends ponctuer leur pas d’un chant quasi chamanique qui se résume en « aïe! aïe! aïe!» ou « ouch! ouch! ouch! ».  Leur réflexe (bien légitime) est de remettre chaussettes et bottes en place pour ensuite me suivre avec un certain air déconcerté pendant que je gambade avec légèreté d’une pierre à l’autre, en appui momentané sur de puissantes racines, pour me retrouver in extremis sur les troncs qui servent de ponts aux sentiers aménagés. Je file ainsi des heures durant jusqu’à l’atteinte du fil invisible de l’arrivée d’une autre montagne conquise, où je me sens comme une enfant, la tête en fête, mais à qui le soleil couchant indique le chemin de la rentrée. 

Il y a évidemment une grande pratique derrière l’atteinte de ce niveau de capacité à marcher longtemps pieds nus.  Provenant d’un héritage  canadien métis, j’ai eu la chance d’être une « wild child », à qui on laissait la possibilité d’être libre en nature, souliers en moins, durant toute la durée de l’été.  Pour répondre à cette question fréquemment posée, non, je n’ai aucun souvenir de pieds blessés, à part lorsque je devais porter des souliers. Ironique ou peut-être étrange vous direz, mais les chaussures plus que mes pieds nus m’ont occasionnées des ampoules et des douleurs à l’arche ou à la cheville.  J’en conclus qu’un pied bien exercé à vivre à l’état naturel développe une conscience, une forme d’intelligence d’anticipation adaptée à son environnement, laquelle peut difficilement égaler un soulier.

Sinon, à part le mocassin. En effet, pour les autres saisons, le port du mocassin se présenterait comme le substitut par excellence pour vivre la sensation ultra énergisante que procure ce que j’appelle le « va-nu-piéisme ».  Une chamane m’a appris que le mocassin de cuir, sans chaussette dedans, serait tout autant conducteur d’électrons que si vous étiez sans. Il semblerait donc que les premiers peuples de la Terre possédaient la science infuse quant à leur connectivité terrestre et au bien-être global qu’elle pourvoit.

Pour tout vous dire, j’ai d’abord vécu mon va-nu-piéisme en secret, sur les plages désertes de la Gaspésie, berceau de mes ancêtres.  Étant peintre et sculptrice, cet arpentage solitaire au contact de la zénitude des grèves était devenu une sorte de méditation active, adjointe à une cueillette artistique de bois de plage, de pierres et de métaux.  C’est en poursuivant mon aventure créatrice vers l’ouest du Canada, vers des rivages humainement très occupés, que j’ai constaté la rareté des pieds nus. Cette constatation est devenue plus importante encore lorsque j’ai « osé » dévoiler mes orteils lors d’une randonnée pédestre de six heures en sentier aménagé.  Ce qui constitue pour moi un état naturel de marche était accueilli par d’incessants commentaires, la plupart du temps admiratifs, et parfois préventifs, par des randonneurs bienveillants et visiblement inquiets pour mes pieds.  Pourtant, il y a bien Wim Hof, l’homme des glaces, qui a effectué un marathon pieds nus sur les neiges et les glaces, alors en comparaison, je n’y trouvais rien d’extraordinaire.  Pourtant, pour ces gens qui s’arrêtaient à mon passage pour me questionner sur mon va-nu-piéisme, il y avait un intérêt certain à vouloir comprendre et même essayer.  Intuitivement, je ressentais que mes « pieds libres » paraissaient rejoindre la mémoire ancestrale qui réside au cœur de tout être humain.  Et justement à cause de ces vives réactions spontanément manifestées par des personnes de toutes origines, j’ai commencé à réfléchir sur cet immense bonheur conjugué au bien-être de vivre périodiquement sans soulier sur la Terre. Cette première réflexion m’a encouragée à parfaire mon va-nu-piéisme, et qui sait ? Transmettre ce savoir pourrait bénéficier à un plus grand nombre de chercheurs d’expérience en terme d’alignement autonome de l’être, tout en y adjoignant certaines pratiques d’harmonisation, d’inspiration yogique ou shamanique, lesquelles méritent une communication en plusieurs étapes.

Si vous désirez débuter une telle aventure et que vous croyez qu’elle pourrait bien « vibrer » avec votre parcours de vie, il me fera plaisir de vous enrichir davantage sur le fondement et le développement actuel du « earthing/grounding » avec des exemples plus concrets.  Dans un prochain article,  il me semble à propos de vous offrir une forme de « kit de départ sécuritaire » du va-nu-piéisme afin de favoriser une expérience graduelle et surtout enrichissante.  Pour ce faire, nous irons à la rencontre de Graham Chan, chamane-méditant et entraineur personnel de la région de Vancouver, qui prêtera ses pieds à une première expérience de « Earthing ».

Pour tout de suite, vous pouvez tenter une première connexion à la Terre en retirant vos souliers dans un endroit naturel, comme un parc. Prenez note des sensations sous vos pieds, de vos points de sensibilités, et ressentez la température et la texture du sol.  Ce simple exercice est une excellente préparation et vous procurera une expérience très bénéfique de présence à votre corps tout en vous soulageant du stress de la journée.   Bonne « podo-méditation » et namasté !

Earthing : la voie des va-nu-pieds

by Niwan Yod | Présences Magazine No 7 - Octobre 2019

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