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Texto de Graham deux semaines suivant notre périple en mode vanupiéisme.  Il décrit être encore à télécharger l’amplitude de son expérience de sa randonnée en mode Earthing.  Comblé, il pense déjà à faire bénéficier d’autres de ses découvertes au fil de sa grande marche de 4 heures.  

Je me remémore ces quatre heures à plonger au cœur de la forêt en totale présence de cette beauté sauvage et silencieuse.  Pas à pas pieds nus dans l’herbe, il y a peu à dire sinon que l’essentiel quand l’énergie s’y présente. Sous le bruissement délicat des brindilles imbibées d’une froide pluie, nous cheminons en écoute profonde de ce que la nature cherche à nous chuchoter à travers sa calme sagesse. 

En passant le petit pont qui enfourche la rivière, une chute d’eau attire soudain notre attention de son chant bruyant.  Je m’arrête pour y faire face, et ressens à cet instant un chant qui monte des profondeurs de mon être.  J’explique succinctement à Graham la pratique chamanique de libérer le son « A » pour l’offrir à la chute afin de transmuter toute énergie négative induite par les stresseurs urbains vécus au quotidien. 

En effet, la pratique ancestrale du cri libérateur est encouragée par les Premiers Peuples de la Terre en diverses formes. Par exemple, les aborigènes d’Australie favorisent le massage collectif de la tête à l’aide d’une fine branche pour ré-harmoniser les membres de la tribu à la fin de la journée.  D’autres tribus forment des cercles de libération du stress par l’expression d’un A soufflé en groupe vers le feu qu’ils encerclent. 

Dans nos sociétés occidentales, le cri primal doit se vivre dans l’étouffement d’un oreiller puisqu’il est sujet à des perceptions d’hystérie alors que pour les Premières Nations, le cri revêt un besoin de transmuter les énergies négatives.  Les bienfaits du cri en nature conjugué aux électrons reçus par Mère-Terre est un outil de transmutation encore sous-estimé par nos cultures, souvent répressives de notre nature fondamentale, laquelle requiert pourtant une connectivité régulière à la Nature avec un grand N.  Le cri consciemment vécu avec l’aide, par exemple, de la chute d’eau permet la prévention du cumul d’énergie négative qui conduit invariablement à des maux de tout genre, bénin ou malin. Le bruit de la chute étant plus puissant que le cri humain, il devient positivement étouffé de sorte à éviter de vous faire inutilement remarquer. 

Rassuré par le but du cri, Graham joint son plus long « AAAAAAAAAAAAAA » primal au mien, amusé par la longueur de mon A qui n’en finit plus.  Nous répétons l’exercice à l’unisson que nous terminons par un large sourire soulagé avant de poursuivre cette marche au cœur de la forêt habillée de ses plus vertes parures, sous les jets incessants de la pluie. Cette libération du A semblait résonner encore en nos êtres devenus plus légers et ouverts aux secrets encore inexplorés que cette marche voulait encore nous révéler. 

Un chant mantrique s’élève en un chuchotement paisible de mon cœur à ma gorge, une chanson surement offerte par l’esprit de cette forêt.  Je pense aux chamans du peuple Shipibo du Pérou qui partent en retraite dans la forêt Amazonienne pour entendre les chants cachés dans la fabrique de l’univers et les emploie par la suite pour guérir et harmoniser les êtres en besoin de réalignement.  De même, il est possible d’entendre ces chants dans une marche méditative, si vous arrivez, pour un instant, à maîtriser le flux de vos pensées jusqu’à une complète « thoughtless » neutralité.  Si vous voulez pousser plus à fond l’aventure, il est à propos de se munir d’un tambourin ou d’un simple instrument de mesure tel un « shaker ». Lorsque vous aurez trouvé une souche ou un sol accueillant, battez la mesure et laissez monter en vous le chant que vous entendez. Les premiers essais se démontreront parfois lents et tortueux, mais à force de persévérance, votre écoute se raffinera et se matérialisera en une ode insoupçonnée, telle une offrande à l’esprit du lieu où vous vous déposez. Les chants spontanés ouvrent le chakra cœur et créent des patterns d’harmonisation autour de votre être, lesquels entrent en synergie avec les champs auriques de l’ensemble des créatures qui composent cette grande orchestre de la vie.  Par cette union de votre son harmonique au grand Tout, votre âme baigne dans un état de paix profonde, lequel vous habitera suffisamment longtemps pour engendrer le besoin de renouveler l’usage.  Ce dharma, cette action consciente de la réception et du don entre vous et la Nature constitue le mouvement respiratoire même de l’univers, exprimé dans le nom Yod He Vav He, les deux He constituant l’inspiration et l’expiration, le Yod symbolisant le ciel et le Vav, la terre. 

La respiration est au centre de la pratique d’Earthing.  Pour cette raison, cette podo-méditation requiert le silence entre vous et votre accompagnateur afin de maximiser votre présence à votre corps et à ce qui est. C’est un moment de vide, d’atteinte du « nothingness », tout en honorant ce temple, votre corps de lumière, qui en reviendra rechargé et solidifié.  Soyons conscients que c’est par notre corps que se vit l’incarnation, et plus vous en prendrez soin, plus votre vie en sera enrichie.  La podo-méditation c’est aussi le moment de purifier vos pensées, de délaisser celles qui ne vous servent plus au profit de celles qui vous élèvent et vous mettent en service de l’amour pour vous-même et votre entourage. Les grands sages ne disent-ils pas que de remplir sa coupe, c’est se donner la capacité de remplir celle des autres et de ce pas, de créer un monde plus harmonieux?

Ce quatre heures partagé avec Graham m’a encore appris à quel point la Nature parvient toujours à nous livrer de précieux enseignements.  Telle une œuvre d’art livrée à l’interprétation personnelle de chacun, la Nature nous donne ce que nous avons besoin de recevoir dans l’instant. Pour mon co-équipier, la leçon tirée en a été une de consolidation de son nouveau projet d’ouverture d’un centre de méditation.  Si nous voulons seulement accepter que l’univers interagit avec nous de sorte que tout est une expression du « Grand Manitou », nous devenons des entités divinement guidés par le langage sacré de l’univers.  Les chamans des Premières Nations de la Terre ont développé pour cette raison leur « médecine cosmique » à travers le monde animal et végétal, lequel possède des vertus inhérentes pouvant nous livrer de puissants messages, et ainsi contribuer à de meilleurs choix de vie. Il suffit seulement de prendre le temps de prêter nos sens et notre intuition à cette intériorisation que l’Earthing peut procurer. Pour ce faire, il faut s’engager dans une routine qui permet cette connectivité, et de s’exercer à une écoute consciente des messages que vous offre la Vie avec un grand V.  D’où l’importance de pratiquer l’art du « blessing », de bénir et remercier la Vie pour ces pieds et cette Terre qui vous porte.

Pour conclure cette trilogie de notre thème, je passe le clavier à Graham qui a eu la gentillesse de me texter le résumé de son expérience.  Il me fera plaisir de vous retrouver le mois suivant avec une pratique de Earthing au sein d’un lieu sacré à partir de la Californie.  Namasté et….À vous, Graham!

« La connectivité à la Terre est un moyen de rétablir notre lien avec la planète. Il y a beaucoup à apprendre sur les nombreuses textures et les sensations de la randonnée en format pied nu. Je ressens un sentiment de connexion ancestrale et charnelle lorsque je marche sur la terre sans chaussures.  Aujourd’hui, j’ai traversé 4 km sur du paillis en alternance de sols luxuriants, traversés  de ruisseaux entrecoupés de routes non-pavées.  Je dirais que je n’ai jamais apprécié autant la mousse verdoyante qui jonche le bas des arbres après avoir ressenti la dureté coupante du gravier!

Parmi la présence des arbres matures, j’ai pris conscience de notre présence humaine en relation avec la Nature.  J’ai également conclu qu’ils sont des êtres sensibles, d’une manière que nous ne comprenons pas toujours bien. Leur énergie parle dans une énergie que les mots ne peuvent exprimer.

Chaque parcelle de forêt contient une micro-ville de vie organique…minuscule flore, champignons et moisissures boisées forment une harmonie chaotique sous la majesté des vénérables pins. Tous ces êtres s’entrelacent dans un écosystème boréal imparfait, impeccable et divinement organisé. Un mélange homogène de matières en décomposition, mêlé de la nouvelle vie qui se prépare, tisse un véritable patchwork vivant, lequel célèbre en tout moment la magnificence de Gaïa. »

Earthing : c’est le pied ! 2

Cet article vous a plu ? Il fait partie du No 9 de Présences Magazine publié en décembre 2019.

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Niwan Yod

Niwan Yod

Niwan YOD vit au Canada, à Vancouver. Artiste peintre et sculptrice, créatrice littéraire, adepte de yoga, chamane, elle se passionne pour le mieux-être en lien avec la connexion à la nature.

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