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Earthing : à vos pieds… Prêts ? Partez ! 2Retrouvez une lecture audio en fin d’article 

Pluie.

Cette pluie Vancouveroise qui tombe en légers jets chatouilleurs et disparates. Cette douce douche d’infinissimes bubulles d’eau s’accumule sur la chevelure en un halo humide qui s’accroche à votre visage en tentacules ruisselantes.  

L’appli météo indique 12°C.

12 degrés et pluie pullulante. Le soleil prédit s’est barricadé derrière une bande de nuages noirs, tels des petits lutins enquiquineurs qui vous rappellent à votre divan douillet plutôt que d’aller jouer les andouilles pieds nus en forêt.   Malgré cela, pas de texto d’annulation de la part de mon co-équipier de « Earthing ».  Vaut quand même mieux valider. Au moment où mon doigt appuie sur le mini-G virtuel pour émettre un « Good morning Graham! », je reçois un « Tea ready », comme quoi j’ai affaire à un vrai, un futur va-nu-pieds qui ne craint pas les sols mouillés.

Après un thé rapidement englouti, Graham me conduit au sentier de son choix, SFU Forest Trail. Arrivés dans le stationnement, sans aucune hésitation, il délaisse ses sandales en me lançant un joyeux soupir « OK let’s do it! ». Sous ses pieds dénudés, l’asphalte frisquette et détrempée éveille chez lui un réflexe de retroussement d’orteils ponctué d’un « Oh my God! What did I get myself into ? » 

Oui, une question bien légitime lorsqu’on troque le confort de nos chaudes galoches,  surviennent subito des images de tuque-foulard-et-nez-dégoulinant-sur-un-thermomètre-rougi faute d’avoir protégé nos extrémités du froid et de l’humidité.  Sans compter le sentiment d’être complètement  insensé quand on pense qu’un adulte-majeur-et-vacciné devrait comprendre la corrélation minimale entre se découvrir les pieds et se voir attraper la mort. Tout ce combat intérieur entre les idées reçues et l’expérience sur le point de se vivre est tout à fait normal, d’où l’importance de bien préparer ce type d’excursion. 

Mon premier conseil est de boire une bonne dose de chaud tout juste avant la randonnée.  Il est recommandé aussi d’éviter la tentation d’avaler des aliments lourds qui contribueraient à saper votre énergie vitale au profit d’un long processus de digestion.  La meilleure sélection « pré-vanupiéiste » est de vous concocter un smoothie à base de lait végétal (chanvre, avoine, amande ou autre) et y inclure banane, avocat, poudre de protéine et collagène végétal.   

Votre sac de randonneur peut aussi contenir un breuvage chaud, une barre protéinée, des chaussettes chaudes et des souliers adaptés.  Naturellement, personne ne vous incite au nudisme intégral alors, offrez-vous le bonheur de bien couvrir votre corps pour le garder au chaud et au sec.  Le vêtement dri-fit est l’option à considérer, bien que je favorise son acquisition en mode usagé, en guise de compromis écologique, à cause des particules micro-plastiques libérées dans les océans après lavage et qui affectent grandement la santé respiratoire de la faune marine. 

Pour cette raison importante de respect envers notre très souffrante planète, je me permets la digression d’inciter à réduire la consommation de vêtements sportifs synthétiques, car bien que super pratiques, ils restent hyper-polluants.  Plus nous devenons conscients de notre pouvoir non-pollueur en optant pour une consommation responsable, plus nous envoyons un message de masse à pousser les industries à prendre une orientation verte. 

Le « Earthing »  est donc plus que juste une expérience de connectivité par les pieds nus en balade idyllique dans les forêts. C’est une marche sacrée pour honorer la Terre dans une action civile globale, laquelle passe par une foule de petits gestes vécus au quotidien, comme, par exemple,

  • manger des aliments non-transformés et provenant de cultures biologiques, 
  • porter des vêtements plus naturels,
  • acheter le moins possible d’objets jetables et en plastique,
  • réduire la consommation d’eau potable et d’eau chaude,
  • utiliser moins la voiture et plus les transports verts,
  • mettre le portable en mode avion pour réduire les ondes,
  • etc.

Etc. veut dire que cette liste pourrait être enrichie par une foule d’autres gestes pour ceux qui veulent s’appliquer à pratiquer un « Earthing » cohérent.  Promouvoir ce mouvement « reconnectif » ne m’exonère en rien de cette difficulté d’adhérence à un réel savoir-vivre-vert. Cela demande du temps et plus d’argent si on veut du bio et du vrai, et donc ma vie est parsemée de dilemmes au quotidien quand je constate le travail planétaire à faire et l’ampleur du désastre autour de nous.   Comment entrer dans la perspective gagnante de mieux coexister avec Mère-Terre ?  Je pense que de vouloir marcher nu-pieds est déjà un pas dans la bonne direction puisque c’est le seul moyen de nous brancher authentiquement à Elle, de la sentir à travers notre corps dans toute sa vivance.   

La Terre, c’est la grande porteuse de Vie. Comme une mère ou une épouse trop dévouée, on tend à la prendre pour acquise jusqu’au jour où elle n’est plus. Sauf que si elle n’est plus, nous ne sommes plus non plus. Il est tellement temps de prendre un premier pas vers une marche en avant ressentie et raffinée, l’unique chemin  pour accéder à l’objectif au cœur du « Earthing ». « De ce pas », nous devenons des êtres terrestres qui comprennent fondamentalement que cette présence de fleurs, d’arbres, de ruisseaux, d’insectes, de champignons, bref tout ce foisonnement qui s’offre à nos yeux reflète notre propre existence. Si vous permettez à l’arbre d’exister, vous permettez à un monde d’exister. Vous accueillez votre propre existence et celle des générations suivantes.

Avec ce sens du sacré en votre cœur, vous êtes désormais prêt-e-s à entamer une réelle expérience de vanupiéisme. Le nombre de pas à franchir résulte uniquement de votre propre capacité à le faire. Ainsi, nul besoin de vous dépasser plus que nécessaire, alors si vous désirez rebrousser chemin, personne ne vous regardera autrement, sinon que vous-même, puisque souffrance et résistance extrêmes sont très éloignées du but recherché. 

Parlons donc tout de suite des objectifs de mieux-être global que génère ce type d’activité. Pour le corps, il s’agit d’une forme de yoga vécu par les pieds, de l’union du pied à la terre dans une forme d’écoute de sensations internes et externes, obtenue par un contact intime auprès de la nature. Si vous arrivez à dépasser vos peurs en vous pliant à votre confiance d’adaptation en forme survie,  vous vous apprêtez à vivre une expérience de méditation fascinante autant que nourrissante.            

Malgré les quelques frissons de départ, Graham emboite allègrement son pas déchaussé sur une merveille de sentier tapissé d’écorces de cèdre rouge. Sans jamais dépouiller son visage de son magnifique sourire, il met son focus sur tout ce qu’il l’entoure, presqu’à en oublier ses pieds.  Je l’enjoins gentiment à porter plus attention au sol, ce qu’il fait plus systématiquement après la rencontre d’une racine enfargeante qui le lui rappelle plus strictement que moi. 

Je vous suggère au tout début de la marche d’opter pour un mouvement perpétuel  du regard en vertical, de bas en haut, afin de maximiser votre présence à vos pieds, desquels vous dépendez pour éviter justement une fin de marche à cloche-pied. Bref, être présent à vos pas démontre de la courtoisie pour votre accompagnateur qui n’aura pas à vous porter à califourchon pour la redescente.  Effectivement, pour tout genre d’excursion en nature, il est fortement conseillé d’y aller en dyade et d’avoir un portable (que vous aurez mis en mode avion), lequel vous donne accès au 911 (118 en Europe) ou à une carte du lieu, si jamais vous vous blessez ou vous vous perdez.  

Cela conclue votre « kit de départ sécuritaire », tel que je vous l’avais promis dans ma communication précédente.  Quant au « durant et après », j’aimerais vous y convier dans mon prochain article en vous partageant les propos de Graham suite à son expérience de vanupiéisme d’une durée surprenante de plus de quatre heures.

En attendant ce partage, aimeriez-vous nous exprimer vos opinions, expériences ou questions au sujet du « Earthing »?  Ce serait une joie de vous lire! Et si vous ne l’avez déjà fait, tentez de prendre un court moment pour libérer vos pieds et les mettre en contact avec une surface naturelle. Fermez vos yeux et enregistrez en votre cœur les sensations vécues, les messages reçus, les images perçues. Bonne podo-méditation et Namasté !

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Niwan Yod

Niwan Yod

Niwan YOD vit au Canada, à Vancouver. Artiste peintre et sculptrice, créatrice littéraire, adepte de yoga, chamane, elle se passionne pour le mieux-être en lien avec la connexion à la nature.

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