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La pratique du dialogue intérieur est un outil que j’utilise fréquemment pour booster ma créativité. Elle peut aussi servir comme forme d’examen de conscience, ou comme introduction préalable à la conversation avec Dieu, le divin, la source ou le vivant, selon ce qui vous parle. Elle précède la prière ou la méditation parce qu’elle nous permet de déposer notre fardeau et alléger quelque peu les couches survoltées du mental.

Voici donc un dialogue récent avec une version plus sage de moi - du moins comment mon ego imagine une parole intérieure améliorée qui apaiserait mes questionnements incessants ! Il se veut à la fois tendre et ironique, parce que je crois que si l’on connaît bien nos zones sensibles, alors on peut aussi sourire en nous voyant être en réaction plutôt qu’en conversation… reprenons donc le dialogue avec ce qui parle en nous plutôt qu’avec ce qui réagit en permanence.

Sur le seuil de la porte :

  • J’ai besoin de faire le point, je crois.
  • Rentre, je t’en prie.
  • Non mais je ne vais pas rester longtemps, je voulais juste parler d’un ou deux trucs.
  • Que veux-tu éviter ainsi ? Est-ce que ta parole et ton vécu ne méritent pas mieux que cette fausse nonchalance ?
  • Ça n’est pas si important ni même grave. Et puis de toute façon je n’ai pas vraiment le temps.
  • Tu crois encore à l’existence du temps ? Excuse-moi mais tu me fais rire… tu n’auras jamais le temps après lequel tu cours depuis le début de ta vie. Tu es bienvenue ici, mais sache que je ne t’écouterai que si tu acceptes de t’asseoir vraiment et que tu ne regardes pas ta montre. Avec moi on ne peut pas faire les choses à moitié : soit tu me dis ta vérité, soit tu peux aller voir ailleurs. Alors ne fais pas de manière et rentre. Laisse-moi t’expliquer ce que signifie s’asseoir. D’abord, tu vas enlever tes chaussures. Ceci pour te rendre compte que pieds nus, tu te portes toi-même très bien. Tu n’es ni plus haut ni plus bas que tes talons ou tes croyances pourraient te le faire croire et il en va de même pour moi. Nous sommes simplement ensemble ici, sans aucun rapport de force ou de hiérarchie. Pose tes pieds sur le sol avec la conscience que le temps n’existe plus chez moi. Tu le vois bien : ici tu ne trouveras aucune horloge, aucun calendrier. Ensuite, avance-toi avec humilité et dignité. Tout ce que tu portes, je le sais déjà. Il n’y a pas à en rougir, ni à t’en défendre. Tu viens simplement déposer ton fardeau, n’est-ce pas ? Alors fais-le pour de vrai, pas en cherchant à te flageller ou à préserver ton orgueil. C’est ça, pose-toi en face de moi.
  • Je pourrais m’asseoir près de la fenêtre, ça serait aussi bien, non ?
  • Non. Je veux te voir en face de moi, de sorte que je puisse lire dans ton regard ce que ton âme réclame.
  • Ça me met trop mal à l’aise de faire face à ton regard.
  • Que crains-tu au juste ? Je connais tout de toi. Est-ce que je t’ai déjà rejetée, abandonnée, critiquée ?
  • Bien sûr que non ! Pourtant si tu voyais où j’en suis encore aujourd’hui, tu pourrais te dire que toutes tes leçons ne m’auront servi à rien.
  • Rappelle-toi que je ne te donne jamais de leçon. Ni même de conseil. Ma parole n’est que l’écho de ce qui se murmure en toi. Quand est-ce que tu lui feras confiance pour de bon ?
  • J’ai encore besoin de me rassurer.
  • Avec de nouvelles lectures ?
  • Ces lectures m’ont aidée.
  • Bien sûr. Les lectures guident. Mais elles ne font pas le chemin à ta place… nous en avons déjà discuté mille fois. Je sais que tu connais tous ces concepts. Je connais ton plaisir intellectuel dans l’exploration des cosmogonies, des liens du vivant.
  • Oui, cela me parle et me fait sentir moins seule.
  • Qui a dit que tu étais seule ?
  • Je ne trouve personne comme moi.
  • Nuance : tu ne livres pas ta parole au monde, par conséquent personne comme toi ne peut venir à ta rencontre… mais revenons-en à ce dont tu te nourris. Les enseignements que tu as reçus à l’extérieur sont précieux. Qu’en as-tu fait ?

 

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Marion Dorval

Je m’appelle Marion, je suis une artiste-auteure hybride qui n’aime pas trop se définir….

J’aime dire que j’habille les mots et danse les sons, grâce à la poésie, au chant et aux tissus.

Après un parcours professionnel jalonné de plusieurs reconversions, je suis finalement retournée à ce qui me passionne depuis toute petite : le langage - sous toutes ses formes: voix parlée, chantée, écrite, mouvements et gestes. C’est ainsi que j’ai créé Mémovoix. C’est une approche holistique et créatrice et c’est aussi mon chemin, pour libérer sa voix.e et oser être soi. Une pratique vivante et évolutive, à travers laquelle nous pouvons créer un pont harmonieux entre notre monde intérieur et celui des autres, grâce à cet incroyable canal qu’est la voix. Ce qui m’anime est l’exploration joyeuse du sensible pour nous relier à nous-mêmes et donc aux autres, l’expression libre et consciente de notre singularité pour nous sentir unifiés et connectés au Tout.

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