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Depuis mon enfance, point trop enjoint à une pratique religieuse forcenée, je me suis pourtant toujours senti attiré par de belles forces invisibles. Issu d’une famille catholique du côté de mon père, le cursus classique du baptême, de la première, de la seconde communion puis de la profession de foi me furent proposés sur un chemin plutôt aisé. Jusqu’à tel point qu’à la vingtaine semblait s’entre-ouvrir une voie plus contemplative et engagée. Les récitations du «Notre Père» ou autres «Je vous salue Marie» n’avaient point de secret pour moi. Ils peuplaient mon quotidien. Néanmoins, quelque chose sonnait vide au creux de mes oraisons, me poussant à un questionnement bien plus profond. Si ce qui suit n’est évidemment qu’un éclairage et une voie parmi tant d’autres, je me propose de vous livrer mon cheminement de la récitation vers la méditation consciente…. Commençons par détendre les athées les plus récalcitrants en leur disant que si le mot « prier » sous-entend bien évidemment de croire en Dieu, il y a pourtant un magnifique chemin qui s’ouvre aussi à eux. Voyez : il leur suffit de bien vouloir transposer le mot « prier » par celui de « méditer » ou « se recueillir » et tout y restera pratiquement intact. Nous avons l’art, par nos constructions mentales, de poser des intentions ou autres jugements sur tout ce que notre petit ego se met sous la dent… De la sorte, certains vous affirmeront que ce n’est pas pareil que de « prier Dieu ».  Ma recherche primaire fut essentiellement d’ouvrir mon esprit et il me semble bon, même indispensable, de penser que cela puisse rester ouvert à tous…  Aux croyants comme aux non-croyants. De plus, qui peut s’enorgueillir de ne croire en absolument rien ici bas ?  Énormément d’entre nous confondent la religion et ce que peut – ou pourrait – être une merveilleuse relation d’avec une Force créatrice. Rien n’empêche de se tourner plus aisément vers une énergie première, l’âme, l’esprit ou même une entité sans pouvoir ou vouloir la nommer. Le résultat est si approchant qu’on en déplore fortement que cela puisse provoquer de la haine, du fanatisme et même l’appel au meurtre !

«Ne triche pas et ne te mens pas…»

Alors, comment priais-je donc ? Si cela devrait être un exercice plutôt simple, j’ai la vive impression que très nombreux sont ceux, tout comme moi, qui ont connu de terribles difficultés en la matière. Pourtant, un jour pas fait comme un autre offre une voie à de fructueuses lectures ou surtout aux rencontres qui peuvent tout changer. Là, soudainement, des années entières de faibles pratiques ouvrent grandes les portes à quelque chose d’aussi puissant que beau. Une sorte de félicité lumineuse dégage les chemins obstrués pour nous fondre dessus, libérant ainsi nos mots maladroits : quelle jouissance ! La froide et vide récitation liturgique se transcende ainsi pour devenir aussi chaleureuse que puissante. J’en avais tant et tant récité de trop tristes « Notre Père » avant qu’ils ne prennent corps ! Une magnifique rencontre spirituelle m’offrit des portes nouvelles tenant pourtant en une fort simple recommandation : «Commence par faire le bilan de ta journée dans le calme et la sérénité de ta chambre. Mets tout à plat en faisant l’inventaire. Ne triche pas et ne te mens pas. Ne recule pas devant tes erreurs, tes paroles ou pensées déplacées. N’oublie pas les actes dont tu n’es pas fier mais ne te glorifie pas non plus de ce que tu as fait de positif»* Pour bien faire, il fallait surtout commencer par strictement respecter une indispensable condition que celle de ne JAMAIS se mentir à soi-même. Sinon, voilà l’infinie supercherie que celle-là… Surtout ne rien se cacher ! En vérité, il n’y avait rien à resquiller puisque c’est une affaire qui se trouve en soi et avec soi-même. Je débutais ainsi l’exercice par un passage en revue de tous les faits marquants de la journée écoulée, les identifiais, les analysais, les comprenais, séparant soigneusement les constructifs des destructeurs, ceux porteurs de joies et de bonheurs de ceux blessants et réducteurs. Je ne refusais jamais de les regarder bien en face et en particulier d’y décortiquer mes raisons et motivations profondes. «Ensuite, prends les résolutions qui s’imposent afin de changer ce qui doit l’être pour l’avenir. Ainsi grandira ce qui re-commence à pousser de bon en toi» m’ajouta-t-il. Quel intérêt à cela ? Tout simplement celui de se réformer intérieurement et surtout en profondeur ! J’éradiquais progressivement ce que j’imprimais comme négativité aux autres et qui ferait toujours obstacle à mon propre bonheur car la joie réside dans une forme d’altruisme… Alors, à quoi bon s’offrir obstacles supplémentaires ?! Par ce simple entraînement, j’appris à reconnaître en mon propre sein mes vilains penchants dès qu’ils venaient à se présenter aux portes de ma conscience. Voici donc comment se métamorphosa une bête récitation en une pratique concrète donnant sens et caractère au reste de ma prière. Tout ne devint pas aussitôt -et comme par enchantement- simple mais par cette pratique un retournement durable se fit en moi et m’aida sincèrement à progresser. Enfin, ne pensez pas que seuls comptent nos actes car dans ce domaine l’ensemble de nos faits ne sont que les fruits de nos pensées. Ainsi, en apprenant à maîtriser nos pensées, nous trouverons des chemins nouveaux à la reforme de nos actes ! Voilà ce que fut le premier ingrédient ajouté à ce que j’avais l’habitude de faire.

«Par voie de fait, mes prières s’intensifièrent tant en longueur qu’en densité. Chacune de mes pierres posées avait construit un édifice de litanies qui, sans même m’en rendre compte, permettait d’acquérir une force nouvelle. Cette assiduité offrait un perfectionnement de mes oraisons au point qu’elles ouvraient des passages inattendus… Respirations ! Il m’était devenu naturel de transformer le simple fait de respirer en un outil de prière. En premier lieu, ce fut en accompagnant le positif dans mes inspirations tout en me purifiant à l’aide des expirants malfaisants. Cette technique portait l’ensemble de mon attention sur ce que je percevais de négatif en mon sein afin de l’inclure dans mes expirations. De la sorte, je rejetais mes sombres déchets avec une aisance certaine. Enfin, cette façon de faire avait ouvert la voie à un apprentissage de ce que devait être une respiration complète»*.

« Méditer, ce n’est pas pour moi ! C’est trop dur »

Je transcendais ainsi de «simples» prières en une possible méditation ouverte sur l’ensemble de la Création. J’apprenais à méditer sans même m’en rendre compte ce qui interdisait toute possibilité à mon petit ego de s’emparer de la dite découverte. Il aurait eu vite fait de la transformer en une technique ! C’est tout justement quand naît cette volonté forcenée d’un but ou autre résultat que viennent se mêler des constats de grandes difficultés, d’échecs ou même d’abandons. J’entends régulièrement les mêmes réflexions et c’est trop souvent le découragement qui a pris le dessus. Ainsi, on finit par se dire que c’est quelque chose d’impossible ou réservé à une poignée de gens suffisamment éclairés. En voilà une erreur ! Ce qui est intéressant, c’est que tous ceux qui se sont essayés à la méditation semblent être passés par ces mêmes pérégrinations ! En premier lieu, on se demande comment procéder car cette pratique nous semble à tous si étrangère. Il faut avouer que nous avons de réelles circonstances atténuantes car vers chez nous autres Occidentaux, on ne nous pousse guère dans cette voie… Bien au contraire d’ailleurs ! Alors très vite, on se perd dans le « comment pratiquer la méditation, dans quel but, pour quel résultat? » Ça se brouille, se complique et on s’y perd. Pourtant méditer est à la portée de TOUS puisque c’est une capacité intrinsèque à notre nature profonde. C’est simplement quelque chose de présent intérieurement et qui ne demande qu’à passer de l’ordre de la puissance à celui de l’acte. L’introspection « retour » qu’est la méditation procède de cette façon. C’est là, en chacun de nous, obligatoirement, nécessairement, et cela patiente amoureusement à se (re)mettre en marche. La bonté est la patience même !!! C’est donc en pratiquant la prière que j’appris, naturellement, à méditer. Les deux semblaient d’ailleurs totalement imbriquées. Pendant bien trop longtemps prier ne fut qu’une trop simple récitation de mots bien appris par cœur et indéfiniment répétés. Priant à même le sol, je découvrais comment porter toute mon attention sur mes seules inspirations et expirations. C’est tout justement parce que je ne ne cherchais rien de précis, ni de comment ou de pourquoi, que je découvris la force de ces pratiques liées. Je me contentais de fixer toute mon attention sur le soulèvement produit par mon inspiration et par l’effondrement de mon expiration. Sans pouvoir l’expliquer, je donnais plus d’importance à la seconde qu’à la première car dans celle-ci, je laissais tout le poids de mon corps s’enfoncer dans le sol, absorbé par l’attraction naturelle de la terre. Il en résultait le si fameux «lâcher prise». C’est ainsi que j’appris progressivement à y abandonner l’ensemble de ma pesanteur. Chaque inspiration ne servait que mieux à tout relâcher dans l’expiration. Sentir ce corps s’enfoncer dans le sol en permettait l’oubli progressif et continu jusqu’à un effet d’élévation mais surtout à mettre de côté les pensées perturbatrices. Une des exaspérations des débutants à la méditation est justement cette incapacité à ne pas avoir de pensées parasitaires !  Elles semblent indéfiniment assaillir notre esprit ! Il parait alors impossible d’obtenir le calme serein en son propre sein. En découle un très grand découragement, voire l’abandon pur et simple. L’on se persuade alors d’être incapable de méditer et je suis évidemment passé par là ! Néanmoins, avec perspicacité, je ne doutais point que la méditation pourrait permettre de décoller mon esprit du « moi » afin de ré-apprendre le Tout. Progressivement et continuellement, observer mes pensées comme de simples constructions mentales permettait de s’en détacher. De se rendre compte combien la pureté lumineuse de l’esprit est une magnifique et sublime réalité. La concentration sur la respiration est un moyen de comprendre que nos pensées parasitaires ne sont pas ce qu’est la nature profonde de l’Esprit. Les phases de pensées « perturbatrices » ne feront dès lors que mieux vous sauter aux yeux lorsqu’elles viendront investir vos périodes de concentration. C’est tout justement là que vous pourrez les débusquer pour ce qu’elles sont vraiment : des constructions mentales ! Alors, elles pourraient bien devenir de simples manifestations ! Accepter de laisser venir ces pensées sans les rejeter, les fuir, les haïr ou nous rendre «coupables» de ne pas réussir à faire le vide devient une étape importante. Une fois de plus, je sais combien cela peut être difficile ! Il faut transiter par cette acceptation et ne pas tout vouloir de suite comme nous y sommes tellement et trop habitués. Il nous faut bien prendre conscience que c’est par la présence des ténèbres que l’on entrevoit la Lumière au fond. Nos règles basiques d’incarnation sont faites de dualités à transcender ! À transcender aussi, et surtout, sont nos propres mésestimes car comment pourrions-nous ouvrir la porte de la méditation et du calme de l’esprit en ayant des pensées négatives à notre propre sujet !? Il est important de ne pas perdre de vue que nous possédons exactement la même nature lumineuse que les plus grands saints que la terre ait portés. Ils n’ont fait que polir patiemment ce même diamant que nous sommes tous sans exception ! C’est particulièrement encourageant non ? Inspirez donc la bonté du Tout et expirez votre petit ego…  Vous découvrirez combien ces premiers exercices seront eux-mêmes dépassés ultérieurement ! Il n’y a point de technique absolue et universellement efficace mais seulement des pistes à suivre, à vivre en direct et surtout par soi-même… Expérimentez-les ! Rien ne vous empêchera de vous rapprocher des enseignements de maîtres au fur et à mesure de vos propres progrès. Ne perdez jamais de vue qu’il faut laisser pousser ses dents avant que de vouloir mâcher le puissant caramel spirituel !!! Conserver en votre esprit combien l’ensemble de nos actions et de nos pensées passées (karma) fait que nous sommes tous un peu différents face à cet apprentissage.

Avoir sa petite touche personnelle peut permettre de mieux réussir…

Bonne méditation à toutes et tous et que tous les êtres puissent connaître la paix, l’amour et l’éveil en ce monde.

«Commencez par changer en vous ce que vous voulez changer autour de vous». Gandhi.

*Extraits du livre «Les maladies du Bien» Yan SERRE. Éditions Terrévada


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Yan Serre

Yan Serre

Ancré au nord Finistère, de Brignogan plages, Yan nourrit une passion pour la littérature et la nature depuis son plus jeune âge (il écrit depuis l’âge de 12 ans). Les mondes de la philosophie et de la spiritualité l’attirent très rapidement et c’est ainsi qu’il se met à lire Descartes puis Platon dès la classe de 3ème. D’un tempérament solitaire et aventurier, son enfance est portée par deux grands rêves : parcourir le globe par les mers et découvrir l’Himalaya. Il suit des études de philosophie puis exerce pendant cinq années au sein de l’Éducation nationale. Il a pourtant peu à peu envie d’indépendance et d’introspection. C’est alors qu’il se met en quête de tout ce qui pourrait l’aider à mieux vivre et à libérer son esprit de son quotidien matérialiste. Il découvre le yoga et le bouddhisme vers ses trente ans. Il multiplie les départs, d’abord en Europe puis dans le reste du monde. A l’hiver 2012, il entame un voyage initiatique en direction du sommet de l’Everest en solitaire, sans guide, sans porteur et sans moyen de communication. Cette expérience le transforme, humainement et spirituellement parlant. De retour, il est poussé par une incroyable envie de changer de vie et de se consacrer à la recherche du Soi. Il quitte son emploi pour créer sa propre société Terrévada afin de venir en aide aux artisans rencontrés au Népal. Il se lance dans sa passion d’écriture en publiant un premier livre qu’il auto-édite par choix, comme un pas de plus dans sa démarche d’indépendance mais toujours guidé par l’envie de partage. Il s’agit de “Népalsolo”, un premier livre qui sera par la suite suivi d’un deuxième tome nommé sur “La révélation de soi”. En 2016, il choisit de quitter son logement et de vendre une très grande partie de ses affaires personnelles pour acheter un camping-car, un lieu grâce auquel il peut poursuivre sa quête d’une vie plus indépendante et nomade. Il y approfondit son désir de partir à la rencontre des autres en leur faisant découvrir ses livres et les révélations découvertes lors de ses voyages.

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