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Couple : comment aider l'homme à s'ouvrir 2Retrouvez le podcast en fin d’article 

C’est ce que nous appelons Julie et moi LA grande question, celle que tant de femmes se posent. Toutes souhaitent être en relation plus profonde avec leur homme et pensent avec raison que cela implique une plus grande ouverture de cœur. C’est vrai. Toutefois il n’y a pas de solution miracle telle que : « il n’a qu’à s’ouvrir ! ». Au contraire, ma propre expérience m’a amené à voir que c’est une problématique complexe qui demande un travail de chacun ainsi qu’un travail d’équipe.

Le cœur de l’homme ne peut pas s’ouvrir de force.

Il est important de comprendre que si le cœur de votre homme est fermé ou se ferme en certaines circonstances et bien c’est qu’il y a une raison. Cette fermeture est une conséquence de quelque chose à trouver : c’est un symptôme. Tenter de travailler sur la conséquence en ignorant la cause revient à tenter de changer votre reflet dans un miroir. C’est impossible et destructeur pour la relation. Tout changement ne fera que déplacer le problème qui ressortira sous une forme ou une autre.

Il est impossible de travailler sur l’autre.

C’est une règle d’or dans le couple et même partout ! Ce que chacun cherche d’abord et avant tout c’est d’être aimé inconditionnellement. Aussi, chaque tentative de changer l’autre est vouée à l’échec en partant. Elle sera invariablement perçue comme une forme de contrôle. L’autre lira entre les lignes le message suivant : « si on veut me changer alors c’est que je ne suis pas assez bien comme je suis ».

[Comme toujours, j’écris à partir de mon expérience personnelle. Aussi je vous invite à faire preuve de discernement. Il se peut que le type d’homme que je suis, que le type de relation que je décris ne vous corresponde pas du tout. C’est parfait. Si vous ne ressentez pas de résonance intérieure, ne forcez rien. Votre ventre est la meilleure boussole intérieure qui soit !]

Quelles sont les causes possibles de fermeture du cœur et leurs solutions ?

Les blessures émotionnelles de l’enfance

Peu importe les familles, nous avons tous eu des parents qui ont fait de leur mieux pour nous aimer inconditionnellement, mais qui ont échoué. C’est à toute fin pratique impossible dans ce monde où nous sommes à ce point déconnectés du moment présent. En tant qu’enfant, tôt ou tard, nos parents nous ont transmis leur façon conditionnelle d’aimer que nous avons ressenti comme une terrible injustice : ce besoin fondamental que nous avions n’a pas été comblé. À partir de cette blessure originelle, nous commençons à réagir à chaque fois que nous revivons une situation similaire. Il y a plusieurs façons de réagir (mécanismes), mais toutes ont pour conséquence une fermeture, une coupure avec le moment présent pour ne pas ressentir l’émotion reliée à la blessure réactivée. La femme en tant que partenaire intime aura donc souvent (et vice-versa) le rôle ingrat d’être le « messager » (le déclencheur) par lequel sera contactée l’émotion qui pointe vers la blessure à guérir.

Le meilleur moyen que je connaisse pour réintégrer le moment présent, pour intégrer les charges émotionnelles liées aux blessures de l’enfance est de faire « le Processus de la Présence » de Michael Brown. C’est un livre qui propose une méthode de respiration consciente échelonnée sur dix semaines qui vous amène à revenir habiter le présent. Je le recommande à tous et en particulier aux couples qui veulent sincèrement cheminer ensemble vers plus de connexion.

Les conditionnements, l’histoire et la biologie

Pour la majorité des hommes, s’ajoute un conditionnement qui vient renforcer ces mécanismes qui visent à éviter de ressentir. Je parle ici du « Sois un homme ! » en version française ou encore du « Fais un homme de toé ! » en version québécoise. Il s’agit d’une injonction reliée au masculin distordu qui associe faiblesse et vulnérabilité. Inconsciemment nous nous la transmettons de génération en génération. J’ai moi-même déjà usé de ces mots terribles envers mes propres fils avant de comprendre ce qu’ils impliquaient. Depuis je les encourage le plus possible à ressentir et à vivre leurs émotions.

Puis, comme si ce n’était pas suffisant, les hommes qui ont un côté masculin prédominant sont, à l’image de leur sexe, plutôt tournés vers l’extérieur, vers le FAIRE, vers l’action. C’est naturel et normal. Quand les hommes se retrouvent entre eux, ils ont plutôt tendance à parler de ce qu’ils font ou à commenter le monde via le sport et la politique (par exemple) plutôt que de parler de ce qu’ils vivent ou de ce qu’ils sont.

Au niveau historique, il y a eu un bris de transmission dans les lignées pères-fils qui s’est produit lors de la révolution industrielle. Auparavant, le père transmettait son métier à son fils. Le fils passait donc beaucoup de temps avec son père et recevait une transmission masculine. Le fils apprenait à être un homme par osmose en passant du temps avec son père (ou un autre homme). À partir de la révolution industrielle, les pères ont commencé à travailler loin de leurs fils et le père est devenu un modèle absent, plutôt imaginé que réel. Les fils se sont donc retrouvés avec un père fantôme, personne pour leur apprendre à être des hommes, chose qu’une femme ne pourra jamais faire pour des raisons évidentes.

À ce niveau je dirais que les hommes ont un grand travail à faire ensemble pour rétablir entre eux ce lien manquant. Il existe maintenant des endroits, des communautés où les hommes peuvent se reconnecter avec une lignée de transmission masculine saine. Pour moi, la porte d’entrée a été les cercles d’hommes. J’y ai découvert dans ces endroits protégés (sécuritaires) la faim que j’avais d’être en lien véritable avec d’autres hommes. J’avais si faim de pouvoir simplement partager ce que je ressentais en dedans, les émotions qui m’animaient et les défis auxquels j’étais confronté. Il y a peu ou pas d’espaces dans le monde « extérieur » (au bureau par exemple) où les hommes peuvent échanger sur ces sujets intimes. C’est en train de changer enfin.

Puis les cercles m’ont amené à vivre l’Aventure Initiatique de Nouveau Guerrier proposée par le ManKind Project (MKP). Il s’agit d’une communauté mondiale dont la devise est : « changer le monde un homme à la fois ». J’y ai trouvé une vraie fraternité masculine, quelque chose dont j’avais également très faim qui m’aide maintenant à explorer mon monde intérieur, à faire face à mes ombres et à vivre le cœur ouvert, en intégrité.

Il y a de nombreux autres espaces pour les hommes et je ne vous nommerai que celui-là que je connais bien puisque je l’anime avec mon ami Jérôme Lavens : Au Cœur du Masculin. C’est un stage de cinq jours dans lequel nous sommes amenés à explorer nos émotions pour mettre en lumière ce qui entrave leur circulation et nous empêche de toucher à la joie d’être et à notre saine puissance d’homme.

Le relationnel

J’en parlais dans mon dernier texte, nos corps ont besoin de donner et recevoir de l’amour. Naturellement, ils vont se fermer à ce qui n’en est pas et c’est très sain. Le corps possède sa propre sagesse. Le cœur de l’homme étant une porte ouverte sur sa dimension intérieure, elle aura donc tendance à se refermer facilement au moindre danger. Le commérage est malheureusement largement répandu et utilisé par presque tout le monde. Dans le monde féminin c’est un enjeu de taille. On dit que les hommes règlent leurs problèmes en se battant, on dit aussi que les femmes les règlent en médisant. J’ai même entendu une femme dire à propos du commérage que c’était « l’ombre du féminin » …

Lorsque j’ai commencé à ouvrir le cœur, je me suis rapidement aperçu qu’en certaines occasions précises, j’avais envie de m’enfuir et de me protéger. La plupart du temps, c’était lorsqu’elle utilisait le commérage comme moyen de communication. La mise en pratique des 4 accords toltèques (Don Miguel Ruiz) est à mon avis le meilleur outil pour comprendre et se débarrasser du commérage qui n’est vraiment pas une façon de partager sa propre vérité, sa propre beauté qui elle favorise l’ouverture du cœur de l’homme. Sans cet assainissement de la communication, l’homme va se sentir, inconsciemment ou pas, menacé par cette absence de confidentialité et de confiance. Il aura peur par exemple de voir son intimité racontée à tout vent à l’image de ce que sa femme lui raconte en parlant des autres.

Il y a un autre aspect du relationnel qui peut jouer ici. Puisque l’homme refoule beaucoup de ses émotions, il se peut que la première chose qui sorte de son cœur nouvellement réouvert ne soit pas des « je t’aime à la folie » comme attendu, mais plutôt un torrent de boue. La femme doit être consciente de cela. Si elle demande à l’homme de s’ouvrir et de partager ce qu’il ressent, elle doit aussi être prête à accueillir de façon inconditionnelle ce qui va sortir. Si vous n’êtes pas capable de rester en lien, présente et ouverte devant la tempête de ses émotions masculines et bien il se peut qu’il comprenne que toutes ses émotions ne sont pas les bienvenues…

Je dirais que pour le relationnel en général, les 4 accords toltèques sont un outil de premier plan pour rester en lien peu importe ce qui est partagé à la fois pour elle ET pour lui. Le relationnel étant par définition une circulation entre deux êtres, il est important que les deux justement travaillent à assainir au mieux cette circulation.

Notez qu’il y a de nombreux autres outils disponibles tels que la Communication Non-Violente (CNV) par exemple.

Il est impossible de travailler sur l’autre

C’est une règle d’or ! Je participais dernièrement à une formation MKP et l’une des premières choses que l’on nous enseignait était celle-ci : « Il n’y a aucun processus dans cette formation, ni dans MKP au complet qui vous permettra de travailler sur quelqu’un d’autre que vous-même. »

Ultimement, chacun est absolument libre d’être ce qu’il choisit d’être. Qui sommes-nous pour prétendre vouloir interférer dans la vie de qui que ce soit ? Nous sommes des êtres souverains. Aussi, je pense que nous sommes autorisés à prodiguer des conseils, à aider quelqu’un seulement si ce dernier est d’accord, s’il nous demande de l’aide. Avant de donner un conseil, demandez-vous quelle est votre motivation profonde. Est-ce pour « sauver » l’autre personne ? Est-ce pour être vous-même plus confortable ? Vous pouvez aussi demander pour éviter de faire des suppositions : « es-tu ouvert aux conseils ? »

Notre premier devoir de partenaire en couple est surtout d’accueillir, d’aimer l’autre tel qu’il est. Toutefois, cela ne veut pas dire de tout accepter, bien au contraire.

 

Se positionner

Vous êtes également un être souverain. Si vous souhaitez être en relation avec votre homme vous devez trouver une façon de lui dire « oui » à lui et d’établir vos limites en disant « non » à ce qui n’est pas de l’amour. L’exemple qui me vient est évidemment la sexualité. Comment dire « oui » à son homme tout en disant « non » à la sexualité conventionnelle (mécanique et inconsciente) qu’il vous offre et que vous avez accepté jusqu’ici ?

Vous pouvez vous positionner par exemple en parlant en JE. C’est une méthode qui fonctionne bien car elle permet de partager sa vérité en parlant de soi et non pas en portant des accusations en parlant en TU. Ainsi on peut discuter de sujet délicat tout en restant en lien. Cela demande de la pratique car la communication en TU est (hélas) très largement répandue et c’est notre premier réflexe de l’utiliser. Elle nous permet d’extérioriser la source de nos inconforts ce qui est fort pratique pour éviter de regarder en soi. Se positionner exige donc un travail d’introspection pour être en mesure de partager ce que l’on vit lors de la sexualité conventionnelle pour reprendre mon exemple.

Attention, même si vous parlez en JE, même si vous mettez des gants blancs, il se peut fort bien que votre homme réagisse très mal à ce que vous allez lui partager. Même s’il a fait un certain travail sur lui-même, il se peut fort bien que cela déclenche en lui un flot d’émotions douloureuses… Une femme avertie en vaut deux comme on dit. De toute façon, tôt ou tard, il vient un moment où il est impossible de retarder ce genre de discussion pour sortir le couple de l’impasse de la sexualité conventionnelle.

Voir le reflet

Le plus difficile lorsque l’on est face à ses frustrations et d’y voir sa propre responsabilité, de trouver ce qui nous appartient dans la situation. Si le problème est entièrement du ressort de son partenaire alors nous ne pouvons rien y faire. Cela peut être confortable j’en conviens, puisque nous n’avons rien à faire, nous sommes « victime » de la situation. Toutefois, se confiner dans ce rôle vous enlève tout pouvoir d’y changer quoi que ce soit. Vous êtes ainsi condamné à rester frustré en accusant l’autre périodiquement de vous faire souffrir. Il est plus difficile, mais ô combien salutaire, de tourner résolument son focus vers soi-même pour aller voir ce qui est activé en soi par le comportement de l’autre. Encore ici je vous encourage à vous engager dans le Processus de la Présence de Michael Brown pour dénouer vos propres nœuds et ainsi vous libérer de ces schémas répétitifs.

Il existe aussi de nombreux espaces pour travailler entre femmes. Pour des raisons évidentes, je ne puis vous en parler par expérience. Je vous invite donc à utiliser votre boussole intérieure pour trouver l’espace de travail qui vous correspond le mieux.

Travailler en équipe

Comme vous pouvez le constater, il y a un travail personnel que chacun peut faire de son côté. C’est, à mon avis, nécessaire et sain de travailler hommes et femmes chacun de leur côté pour régler certaines problématiques particulières. Je pense aussi qu’à un certain moment, il devient essentiel de coordonner les efforts du couple pour développer cette synergie que j’appelle connexion. Dans ma conception, la connexion se partage en deux volets : la connexion des cœurs et la connexion des sexes. Ces deux connexions étant le reflet l’une de l’autre.

Par exemple, je sais par expérience qu’une sexualité mécanique va nourrir le ressentiment et les frustrations de la femme qui vont se transformer en poison émotionnel qui à son tour sera offert à l’homme via la connexion des cœurs. Ce poison émotionnel viendra à son tour alimenter la sexualité de l’homme créant un cercle particulièrement vicieux tant pour elle que pour lui.

Il est donc plus efficace (selon moi) de travailler au niveau du cœur ET de la sexualité pour développer la connexion. Pour aller dans cette direction il est primordial pour le couple de faire cette fameuse prise de conscience initiale pour nommer l’éléphant dans la pièce et commencer à transformer la sexualité vers une plus juste qui va nourrir la connexion et aider à briser le cercle vicieux.

Pour faire cette prise de conscience je vous recommande de lire mon livre Cœur et Sexe enfin réconciliés. J’y raconte notre chemin de couple et notamment les prises de conscience qui nous ont amené à transformer notre relation.

Pour transformer votre sexualité j’ai essentiellement deux ouvrages à vous recommander :

  • Faire l’amour de manière divine (Barry Long)
  • Slow Sex (Diana Richardson)

Si vous cherchez un stage pour explorer directement cette nouvelle sexualité plus connectée je vous invite à aller vers ceux de Catherine Delorme. Elle propose une approche basée sur le Tantra avec laquelle je me sens en résonance. Je vous recommande également Anne et Jean-François Descombes qui transmettent l’approche Slow Sex de Diana et Michael Richardson.

Nous offrons également Julie et moi le stage Au Cœur de la Sexualité, dédié à cette exploration dans laquelle nous partageons notre approche essentiellement pratique et conçue pour être facile à ramener à la maison.

Voilà chers lecteurs qui complète cette chronique mensuelle. Grâce à vous, elle me permet d’accomplir une partie de ma mission d’homme qui est : « je crée un monde en connexion en partageant ma vision ». Je vous invite d’ailleurs (si ce n’est pas déjà fait) à vous abonner à Présences Magazine pour supporter cet espace de paroles qui aborde : « des sujets qui sont rarement traités dans la presse magazine et qui pourtant méritent qu’on s’y intéresse de manière approfondie pour continuer d’évoluer dans une démarche de développement personnel. »

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Jean-Philippe Ruette

Jean-Philippe Ruette

Jean-Philippe Ruette, amant, père, massothérapeute, cartographe, écrivain. Depuis 5 ans il écrit son odyssée de retour vers sa bien-aimée sur son blog « au-delà des écrans ». Sa prose poétique touche le cœur par sa justesse et sa chaleur. Avec sa compagne Julie Tremblay, il partage sa vision rafraichissante du couple via des conférences et ateliers. Il anime aussi des cercles d’hommes et participe activement à l’essor de la communauté des Nouveaux Guerriers (MKP) chez lui au Québec. Il est l’auteur des livres Ulysse de banlieue et Cœur et Sexe, enfin réconciliés.

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