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Christine Batelier
Comment se libérer de ses peurs ?
Christine BatelierComment se libérer de ses peurs ?

Je reçois beaucoup de femmes en consultation, qui sont des femmes fortes, actives, souvent célibataires, pour qui, « tout va bien » à priori dans le sens souvent de « bien adaptées à la société », mais qui, dans le fond de leur cœur sentent qu´il manque quelque chose. Elles ne sont pas complètement heureuses, ni épanouies. Ou bien alors elles commencent à repérer que des situations se répètent dans leurs relations, où elles reviennent souvent vers les mêmes schémas de comportements, que ce soit dans l’intimité, ou dans le travail. Comme par exemple attirer des partenaires qui ne sont pas disponibles. Derrière ces situations souvent se cache une difficulté d’engagement, créée par la peur de revivre des douleurs du passé, comme le rejet ou l’abandon.

Une des premières étapes importantes est de se rendre compte, de « prendre conscience », que ce « n´est pas l’autre qui vous fait ça », mais qu´il existe en vous des mémoires, des conditionnements intérieurs, un enfant intérieur blessé, qui vous font répéter la même histoire. Et on commence à mettre un cadenas fermé à 4 tours sur son cœur !

Tous ces comportements, conditionnements initialement se résument la plupart du temps en un mot : «LA PEUR».

L´Alchimie intérieure : transformer le plomb en or

Aujourd’hui j´ai reçu le témoignage d´une de mes clientes, que je nommerai ici « Valérie » qui m´a comblée de joie, où elle relate son expérience par rapport à l´enfant intérieur.
En effet nous travaillons depuis quelques temps sur les expériences qu´elle a vécues en tant qu´enfant, aussi bien avec son père qui avait des attitudes ambivalentes, c´est à dire avec des regards et des paroles à connotation sexuelles « déplacées » envers elle et très mal ressenties comme petite fille, qu´avec sa mère qui ne lui démontrait pas l´affection et l´attention dont elle avait besoin.

Elle relate :

« Je me rapproche de plus en plus de mon enfant intérieur et de sa douleur, au point que j´en ai des fontaines de larmes. Ce qui est bien, car je perçois beaucoup plus clairement ses vraies blessures qui sont présentes jusqu´à aujourd´hui, de ne pas me sentir à ma place, d’avoir peur de déranger, d’être de trop.
Et en même temps que je ressens ces vraies émotions intérieures, je sens une ouverture par rapport à l’extérieur, à mes amis, comme si je faisais tomber mes carapaces liées à ces peurs du rejet. C’est une expérience fantastique !»

Et si je me réjouis de ce témoignage, c’est qu’il démontre bien le processus d’alchimie intérieure, « le plomb qui se transforme en or ». En effet, en se permettant d’accueillir ce qui est vraiment là, en se connectant véritablement à la tristesse et aux peurs de l’enfant blessée qu’elle a été, elle sent aussi « son coeur s’ouvrir » ! Quand une énergie bloquée est libérée, elle se transforme d’elle-même.

Car là où l’on retire les blocages, l’Amour peut revivre et de nouveau s’exprimer ! Elle s’ouvre à la vraie connexion à elle-même et à la vulnérabilité.

Et vous ? Quand allez-vous vous permettre de vous ouvrir à la vie en vous ?

La clarté ne naît pas de ce que on imagine le clair, mais de ce qu’on prend conscience de l’obscur.

Carl Gustave Yung

Avant la peur, l’Amour

Le bébé, le petit enfant que nous étions, est né complètement ouvert, complètement amour, complètement innocence. Un bébé nous le montre bien avec son simple sourire qui illumine à quiconque le croise, car son sourire est vrai, ingénu et pur ! On ne peut pas ne pas y céder. Cet amour-là, nous naissons avec ! C’est notre connexion avec le « Grand Tout » (le « Grand Esprit » disent les chamans), avec l’Amour avec un grand « A », avec la « Vie » dans toute sa splendeur et qui nous habite.
Au fur et à mesure de ses expériences de vie, l’enfant va vivre des expériences douloureuses, émotionnelles ou même physiques (la privation du lait quand il a faim, se sentir sale, manquer de contact affectif…) qui vont automatiquement lui faire se créer des «carapaces» pour le protéger de sa douleur. Ces carapaces sont des défenses qui se manifestent comme des tensions et des blocages psychiques et énergétiques et qui vont petit à petit aussi l’éloigner de lui-même et de tout ce potentiel d’amour qui est en lui. Il va inconsciemment comprendre qu’il ne peut pas être aimé tel qu’il est, va chercher à s’adapter, et en cela s’éloigner de sa vraie nature pour survivre.

Les conséquences de cela est que, à un moment donné, dans sa vie d’adulte, ses peurs, ses défenses et ses protections deviennent clairement des limites et des prisons, qui lui feront répéter des vieux schémas souffrants.

À quoi sert la peur ?

La peur est un mécanisme de défense qui a pour but de vous protéger de quelque chose que vous ne voulez pas revivre, une douleur par exemple, de rejet, d´abandon, de tristesse. Cette peur vous permet de mettre une distance, vous éloigner des situations ou des personnes qui, pour votre système représentent, une menace à votre intégrité.

Et si, quand vous étiez petit, cette peur vous a servie, aujourd’hui elle représente un blocage pour de nouvelles expériences. Et elle vous fait réagir, par la fuite, la lutte ou par la paralysie, à des situations du présent qui ne vous menacent pas réellement. Ces peurs deviennent des auto-saboteurs.

Bien que cela ne soit plus adapté à votre condition d´adulte, il n´empêche pas que vous sentez soudain ressurgir ces vieilles peurs de vos mémoires et la même sensation que vous sentiez petit, comme si c´était hier, mais sans en avoir conscience.

Il en est ainsi pour nos différentes peurs, la plupart causées par des « erreurs de perception » qui n’ont pas été « vérifiées » et apaisées au bon moment, et qui vous ont laissé ces « illusions » dans votre mémoire et vos perceptions.

Dans la philosophie de l’Inde, cette illusion s’appelle Maya et désigne tout ce qui couvre la conscience de qui nous sommes vraiment, couvre notre vraie perception de la Réalité, nous éloigne du vrai bonheur.

On ne parle pas ici d´inhiber ou rejeter toutes les peurs, non ! Car la peur est d´abord un mécanisme naturel de notre cerveau reptilien (archaïque) pour nous protéger d´un vrai danger qui menace notre intégrité physique. Par exemple, si une voiture vous fonce dessus… c´est votre peur et tous les mécanismes associés qui vous feront prendre vos jambes à votre cou et c’est heureusement !

Par contre, si votre cœur s’emballe et vous rentrez en panique en voyant une voiture rouge, qui vous rappelle inconsciemment une situation de stress ou de douleur, il s´agit d´une peur « créée et mémorisée » dans votre cerveau émotionnel (limbique).

Ces peurs « psychologiques » constituent des registres imprimés et encore vivants dans vos mémoires qui n’ont pas été « mises-à-jour », et qui continuent d’agir, à votre insu, comme dans le passé ! Non pas que ces douleurs de l’enfance n’aient pas été véritables, car elles l’ont été vraiment, mais elles n’ont pas reçu l’accueil nécessaire ou suffisant pour qu’elles s’apaisent et s’effacent sur le moment ! Et même si elles ne sont plus « vraies » en relation au présent, elles continuent d’agir automatiquement à des « symboles » de l’extérieur, comme un appel à l’aide de votre enfant intérieur qui demande correction.

Tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime !

Il faut donc « revisiter » ces peurs « psychologiques », observer les situations qui les déclenchent, les accueillir et les « re-signifier » avec le regard du présent, pour qu’elles ne laissent plus de séquelles vivantes qui affectent directement votre vie d’adulte et vos relations.

Simple à comprendre, mais comment je fais quand je n’arrive pas à le contrôler ?

Ce que je suis vraiment, sans la peur

Imaginez-vous en train de regarder un lac paisible, il n’y a pas de vent, tout est paisible et calme. Vous voyez les nuages se refléter à la surface du lac, avec les arbres verts et peut-être aussi les contours d’une montagne. Vous pouvez sentir la chaleur suave du soleil sur votre visage et la douceur de vivre. Vous respirez calmement et tranquillement.

Ainsi, lorsque nous quittons cette peur, ou lorsqu’elle est devenue totalement amie, nous sommes habités par l’amour. Nghiem, Soeur Chân Giàc.

Cela est votre vraie nature !

Les peurs dans mon corps

Soudain vient une tempête, le vent se lève, commence à faire des vagues à la surface du lac, de l´écume se forme et vous commencez à vous rétracter dans votre corps pour vous protéger du froid et de la pluie qui vous cingle le visage. Vous ne voyez plus les belles images du lac, seulement son tumulte et votre respiration devient courte. Vous commencez à imaginer le pire et une angoisse s’empare de vous et vous retire vos moyens !

Cette scène, vous la vivez à chaque moment où une peur du passé est réactivée en vous, et vous remet à ce tsunami d’émotions.
Observez comme tout votre corps et votre respiration en sont altérés, et bientôt vos perceptions de la réalité deviennent troubles aussi et vous n’arrivez plus à raisonner.

Certes en cas d’une vraie tempête et tsunami, il est normal de ressentir tout cela ! Mais lorsque vous réagissez de façon démesurée à une parole ou à un ton « mal placé » de quelqu’un de votre entourage… non, ça n’est pas « présentement vrai ». Ça n’est pas « actualisé ». Ça n’est pas « d’aujourd’hui ».

Apprivoiser sa peur

Une des premières clés pour se libérer de ses peurs et de ses défenses du passé, est de se permettre d’être vulnérable par rapport à soi-même.

On a besoin de travailler par étapes, une couche à la fois, une respiration à la fois, un pas à la fois, dans ce rapprochement avec soi-même, avec ce qui est.
C’est dans ce mouvement où l’on va petit à petit, s’ouvrir à la vulnérabilité envers soi-même.

La vulnérabilité, c’est d’abord d’être simplement « là », présent, à ce qui est vraiment vivant en vous. Dans l’écoute bienveillante, avec douceur et tendresse.

Prendre son courage à deux mains, et se permettre de regarder, sentir, à partir d’un autre « endroit en vous ». À partir d’une conscience « maternelle » en vous, « adulte », un « observateur neutre », qui va pouvoir vous tenir la main pour véritablement regarder à quoi vous a servi cette peur dans le passé, ce qu’elle protège, et que vous pouvez aujourd’hui accueillir, si !

Car vous n’êtes plus cet enfant, et ne vivez plus dans le passé.

Et pour arriver jusqu’à la blessure originelle vraiment sentie de l’enfant, on a besoin d’abord de prendre conscience et sentir, toutes les couches d’émotions qui sont venues par-dessus, la peur et peut-être aussi la colère, la honte, l’indignation, l’humiliation, la culpabilité…

On a souvent besoin d’un cadre pour le faire initialement, pour ne pas tomber dans la complaisance émotionnelle, l’auto-commisération, ou la souffrance qui risque au contraire d’alimenter ce mécanisme de défense au lieu de le dérober.

« Accepter d’abord, pour pouvoir ensuite comprendre »

Arnaud Desjardins

Vous ne devez plus laisser votre enfant intérieur seul, ni abandonné, mais bel et bien être là ! C’est pour cela que vous avez besoin d’être présent, comme « adulte », et apprendre à être un nouveau père et une nouvelle mère pour vous-même, pour vous accueillir.

Accueillir, accepter, n’est pas « expliquer », n’est pas « conseiller », ni « regarder de loin ».

Ici il ne s’agit pas non plus d’« analyser », car cela ne serait qu’une nouvelle stratégie de fuite par le mental, mais bel et bien « rentrer dans le corps » et relâcher son corps et son système nerveux.

Toutefois, il ne s’agit pas non plus d’écarter complètement cette phase initiale d’élaboration verbale, mais cela n’est juste pas suffisant pour une véritable guérison !

Accepter n’est pas un processus intellectuel. Et là, je rejoins la définition d’Eckart Tolle qui dit :

Accepter, c’est se permettre de sentir.

S’approcher doucement

Et là, vous pourrez découvrir quelque chose de vous, cette partie vulnérable qui est restée cachée si longtemps dans le noir, en attendant que vous lui allumiez la lumière !
Cette peur n’est pas extérieure de vous, elle est intérieure, il faut, comme pour un oiseau, s’approcher doucement, la regarder, l’amadouer, en faire son amie.
Et petit à petit, comme l’oiseau qui va comprendre qu’il n’y a pas de menace « réelle », elle va se détendre et vous laisser vous approcher, jusqu’à ce que la peur n’existe plus, et que vous puissiez voir la véritable blessure en dessous, rencontrer la véritable cause qui a juste besoin que vous soyez là…

« Ce à quoi je fais face, s’efface ».

Premiers pas pour soigner sa peur

  1. D’abord préparez-vous un cadre de sécurité et de confiance : avec une personne de confiance, un endroit, un moment où vous pourrez être seul sans être dérangé ;
    Être là ! avec vous pour un instant « Ici et maintenant, personne ne vous menace réellement ! »
  2. Faites une pause, arrêtez-vous, donnez-vous le temps (sans être dérangé) ;
  3.  Respirez par le ventre, de façon régulière et profonde, « respirez-vous » et sentez-vous ;
  4. Ralentissez et approfondissez votre respiration ; Principalement l’expiration ;
    Permettez à votre corps de se détendre, c’est essentiel, laisser s’ouvrir ses cuirasses…
  5. Ouvrez votre coeur et regardez avec bienveillance ;
    Si des pensées viennent, ne vous y attachez pas, laissez-les passer (comme les nuages sur le lac) et surtout ne vous jugez pas ! Remettez l’attention sur votre respiration.
  6. Ouvrez votre corps un peu plus à chaque respiration et relâchez ;
  7. Laissez de l’espace, petit à petit à ce qui est là…
    Laissez-vous traverser, transpercer, sentir ces émotions infantiles en vous, en étant un parent bienveillant pour vous-même, sans quitter l’observateur que vous êtes. Vous « êtes » l’observateur bienveillant qui s’observe dans l’expérience de sentir une sensation, une émotion présente.
  8. Et accueillez ce qui est, en vous disant « c’est ok de sentir ça ! », c’est une émotion, c’est une douleur, c’est une mémoire, c’était vrai dans le passé. Cette peur, cette blessure ont juste besoin d’être rendues « légitimes ». Et maintenant, il n’y a plus de danger, vous pouvez vous sentir en sécurité et donner cette protection à votre enfant intérieur !
  9.  Continuez à observer, à donner de l’espace dans le corps, dans la présence de ce qui est, sans jugement, sans reluctance, sans «réaction», sans essayer de « sortir de l’expérience », tout en étant là !

Et se produira la véritable Alchimie Intérieure, car la peur et la joie sont de la même énergie.

Vers la liberté d’être

Et la magie peut alors s’opérer ! Au fur et à mesure que l’on accueille ce qui se présente, sans jugement, avec le coeur, la bienveillance, s’installe une paix intérieure, un relâchement et vous revenez à vous-même, dans tout votre potentiel d’expansion … un adulte renforcé dans sa maturité.
De plus, lorsqu’on se permet de sentir ce qui est, on libère aussi toute notre capacité à aimer et être aimé.
Ce sont les deux faces de la même pièce !
L’enfant intérieur en vous retrouve, à travers votre présence bienveillante, l’appui et la structure dont il avait besoin pour grandir et évoluer dans ses niveaux de conscience. Et vous vous ouvrez à de nouvelles ressources en vous, de connexion, de joie, d’ouverture génuine de coeur. Vous devenez enfin « adulte ».

Il est tout à fait normal que l’on n’y arrive pas seul au début. N’hésitez pas à vous faire aider, jusqu’à ce que vous puissiez marcher seul sur la voie de la liberté !

C’est un processus, on continue ensemble !

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Christine Batelier

Christine Batelier

Ma mission de cœur est d´accompagner les personnes dans leur chemin de transformation intérieure, d´évolution de conscience et de retour vers une vie authentique et de sens.

Praticienne et coach en psycho-énergétique, Feu Sacré®, ThetaHealing® | Conférencière | Instructrice et formatrice de Dakshina Tantra Yoga®

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