Chronique de Jean-Philippe : vers le nouveau couple

par | 6 Mar 2019 | Amour et sexualité | 0 commentaires

Il y a quelques années j’ai eu à ouvrir les yeux, non pas que j’en avais tellement envie, disons plutôt parce qu’elle ne m’en a pas laissé le choix. Depuis un moment déjà j’insistais lourdement sur mon besoin pressant (irrépressible) de faire l’amour plus souvent. J’étais alors convaincu que c’était surtout elle qui devait changer pour retrouver un désir qu’elle semblait avoir perdu. Moi mon désir était intact, c’est le moins qu’on puisse dire et j’avais de plus en plus de difficultés à encaisser ses « non pas ce soir ».  Je ressentais douloureusement cette bulle dont elle s’entourait pour se protéger de moi et de mon impétueux désir.

Un jour, après des mois d’introspection, elle m’a annoncé qu’elle avait fait son ménage, qu’elle avait pris le temps de se ressentir, de se connecter avec ses véritables besoins. Suite à ce périple intérieur elle revenait vers moi en déposant à mes pieds un fardeau, celui de porter seule la responsabilité et la culpabilité de nos difficultés sexuelles. Celles-ci se résumaient essentiellement à son manque d’intérêt, comme si son corps s’était fermé avec les années et que son désir avait disparu, chassé par la routine et le quotidien.

Elle me disait en substance qu’elle n’avait plus envie de subir ce va-et-vient mécanique que je lui proposais en guise d’intimité et qu’il n’était plus question pour elle de faire l’amour pour acheter la paix. Elle ajoutait qu’ayant abondamment réfléchi, elle avait décidé de se choisir et que si cela impliquait une séparation, elle était prête à vivre avec. Inutile de vous dire que ce fut tout un choc à encaisser. D’un seul coup je comprenais que j’étais un piètre amant, qu’elle en avait plus qu’assez de ma sexualité et qu’elle était prête à me quitter !

Pendant un moment j’ai été en perdu dans la tempête de mes émotions. Tristesse, colère, honte, culpabilité, je me suis longuement apitoyé sur ma vie ô combien misérable en cet instant. Après les larmes et les cris, un certain calme est revenu et je ne suis retrouvé seul avec ce fardeau déposé à mes pieds et qui n’avait pas bougé. Ce calme après la tempête m’avait laissé en cadeau une prise de conscience qui allait m’aider à ne pas sombrer, à me retrousser les manches et à me mettre en route.

Ce n’était pas à moi qu’elle disait non, c’était à ce que je lui proposais.

Peu à peu j’ai été capable de retrouver une certaine contenance, de revenir vers elle pour lui demander ce qu’elle voulait comme sexualité. Elle ne le savait pas et semblait même être arrivée à la conclusion qu’elle n’aimait tout simplement pas faire l’amour et qu’elle pourrait très bien vivre sans. Tout ce qu’elle pouvait me dire c’était que son réel besoin était de se sentir en « connexion » avec moi. Tout le reste était secondaire. En résumé elle voulait du cœur, tandis que moi je voulais du sexe…

Suite à cette douloureuse mais nécessaire mise au point, je me suis retrouvé devant un choix :  me résigner ou découvrir un nouveau chemin.

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