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Au postulat de l’âme

par | 7 Oct 2019 | Spiritualité | 0 commentaires

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Il est des concepts que l’on ne remet presque jamais en cause ! Tenez, par exemple, celui de l’âme ! Bien évidemment, les athées purs et durs n’y croient souvent point, pas plus qu’à l’invisible d’ailleurs. C’est fort dommage car cela pourrait leur permettre un questionnement libre sur le pourquoi de l’âme ! Cet athéisme n’est, la plupart du temps, qu’un rejet de toute forme possible de sortie de la matière et du mental là où il pourrait faire entrer par une porte non religieuse ou magique des notions de l’invisible… Pour tous les autres, il semble gravé dans le marbre et pour l’éternité que chaque individu possède une âme qui lui est propre et éternelle…

Et pourtant ! Pourquoi donc cette notion n’est-elle jamais débattue et considérée telle une certitude aux accents de postulat mathématique ?! Il n’y a donc quasiment aucun questionnement sur ladite affirmation. Son existence est certaine et indiscutable aux yeux de presque tous et surtout de ceux qui se disent en spiritualité… Il n’est pourtant question que d’une croyance comme toutes les autres malgré ce que l’on veut bien en dire.

Alors, cette précieuse âme existe-t-elle vraiment ? Qui est-elle ? Comment fonctionne-t-elle et quand en avons-nous donc été doté ? Est-elle étroitement liée à la notion d’ego ? Car, chez presque tous les individus en quête de spiritualité, l’ego semble être un problème central mais point celui de l’âme… Comme c’est étrange ! Combien y a-t-il de livres de développement personnel et de connexion à l’invisible vous expliquant que l’ego serait l’ennemi à abattre ?! Cette notion même mériterait un article à elle seule car finalement comment pourrions-nous vivre cette expérience incarnée sans la présence d’un ego ?

Toute la possibilité de l’expérimentation de la matière se fait pourtant au travers de notre corps. N’y percevoir qu’un horrible cachot au fond d’une prison, c’est probablement la demande de mettre un terme à l’expérience elle-même ! À ce rythme, il fut bon de ne jamais choisir de prendre part à l’incarnation et de rester dans l’Éther sans forme… Ne serait-il pas plus question de remettre le mental ego à sa place et dans le rôle qui est le sien : Faire de nos existences corporelles un pont entre le Ciel et la Terre ! De la sorte, on tire donc à boulet rouge sur l’ego qu’il faudrait plutôt essayer de séparer en deux parties : mental-ego et simple ego. Immense et vaste travail effectué sur le dit mental-ego afin qu’il prenne sa simple place, une forme de maîtrise de soi peut probablement apparaître et après ? Qu’en faire si c’est pour penser avoir réglé le problème à un niveau subtil alors que ce n’est qu’au niveau grossier de l’individu incarné que l’avons effectué ? En fait, croire en son âme indestructible hors du temps et individuée, n’est-ce pas une Ultime ancre du petit mental ego qui se cache ? Se sentant dépollué du «monstre» sans avoir bousculé sa croyance en une âme personnelle et éternelle, est-ce vraiment être sorti du concept du moi? Ne cachons-nous pas ainsi sous le tapis la continuité de cette croyance en l’individu tout puissant et séparé du Tout ?

Discourir sur la re-connexion au Soi et au grand Tout en laissant perdurer cette étrange croyance de l’âme est-il vraiment raisonnable ou même, et surtout, sage ? Pour ma part, ce questionnement arriva jusqu’aux limbes de mon cerveau il y a de nombreuses années déjà. Pourtant, lesdites années à la déconstruction mentale allaient largement s’étirer tant la tâche était ardue. On ne se sépare pas ainsi de cette certitude de l’âme si bien incrustée aux fondements même de notre incarnation ! Il y a donc plus de dix ans, telles étaient mes interrogations : «En chacun vivait un Bouddha, un Jésus, un saint… Restait néanmoins, en porte à faux, cette singulière impossibilité de l’existence de l’âme chère aux bouddhistes. Quelle étrange incongruité pour moi qui depuis toujours y croyait tant ! Du coup, chacun d’entre nous ne posséderait pas la sienne, impartageable et éternelle ?

C’était une difficile expérience que de se frotter à cette idée. J’avais été élevé et éduqué avec cette certitude et devais la mettre à l’épreuve. Un exercice ardu que de décortiquer une évidence acquise depuis la naissance de la conscience. Urticant nettoyage sur ces vérités qui semblent nous couler de source ! Qu’en serait-il de ma capacité à comprendre cela, à entrer dans les profondeurs de mes certitudes et à peut-être les remettre en cause ? Cette possibilité ne professait-elle pas, in fine, que nous n’existions pas vraiment et fondamentalement de façon séparée ? L’ego était non seulement un leurre mais nous empêchait de voir une unicité au-delà de toutes les séparations. En gommant et effaçant progressivement mon petit Moi, pouvais-je vraiment entrer dans un monde aboli de souffrances, de déceptions et de peurs ? Le jeu de la prospection en valait vraiment la chandelle. Du gros Je grandiloquent, j’en avais encore rudement à revendre ! Que resterait-il de cette conviction d’être un individu autonome et pourvu d’une âme après un tel examen ? Qu’une simple construction mentale ?»[1]

Après tout ce jeu de «chamboule-tout» et de dépollution intérieure, il me semblait maintenant deviner qu’il faille pouvoir sortir réellement du mental et de la raison afin de toucher à ces notions ! Ces informations fréquentielles devenaient paradoxalement subjectives là où tout justement le «sujet» s’effaçait ! S’ouvrait alors une porte donnant sur quelque chose de l’ordre d’une perception de la vacuité ! Cela, je l’expérimentais encore un peu plus quelques années plus tard lors d’un de mes voyages en solitaire dans le Haut-Himalaya : «Posé dans cette contrée reculée, je m’interroge. Au final, n’existerait-il pas sept milliards de mondes qui se frottent et s’entrechoquent en permanence ? Ainsi irait le monde, fait de nos individualités, alimenté de nos projections, de nos besoins et envies. Nos croyances… voilà bien le hic !

C’est aussi de cela que procède mon voyage dans ces lieux perdus : démonter laborieusement des pensées devenues trop facilement «la Vérité». Si l’abandon quotidien de tant d’énergies à grimper ces sommets donne purification… alors que grâce soit rendue à l’univers»[2] . Redescendu et digestion informationnelle passée se livraient ainsi des enseignements tels que ceux-ci : Nous ne sommes que des boules d’énergies et pas des individus séparés. Cette illusion se fait par nos projections mentales telles les images sur un écran de cinéma. En cela, nous sommes à la fois le projecteur, le scénariste, le réalisateur, l’acteur et l’écran. Une sorte d’illusion du «Je suis et j’ai une âme» entrerait en scène du moment où nous acceptons de revêtir le costume de l’acteur. Le personnage créé existe vraiment mais seulement à notre propre niveau ! Il est ce continuum d’énergies qui a accepté de s’incarner dans la danse matière de notre Mère la Terre.

À l’annonce de ces informations, je comprenais qu’il y aurait, pour le coup, autant de mondes que d’individus qui se pensent comme tels ! Et la vision de chacun des acteurs prétendument individuels leur semblant, comme de bien entendu, la plus juste !!! Mais en fait, imaginez donc qu’il puisse y avoir plus de sept milliards de mondes accolés les uns les autres et coexistant à la croyance d’un seul monde vu comme «réel» !  Seulement, pour le coup, il n’y aurait VRAIMENT pas du tout d’individus REELLEMENT séparés ! Simplement de multiples flux énergétiques et informationnels issus de l’Énergie primordiale…. Le Très-Haut (donc nous Tous !) ferait alors l’expérimentation de la jouissance de la matière et du temps présent.

Le temps mathématique et linéaire terrestre n’étant rien d’autre qu’une autre chimère possible uniquement dans nos scénarios d’humains incarnés ! On parle souvent à dessein de la qualité du «jeu d’acteur» et là l’expression prend plus que jamais tout son sens tant nous avons trop pris au sérieux ce simple jeu d’acteur ! D’incarnations en incarnations, nous aurions fini par nous identifier, nous livrer pieds et poings liés, à notre mental pour totalement nous dissoudre aux creux de nos chimériques personnages ! Toute la difficulté semble se faire à la prise de conscience du dit jeu planétaire et de l’acteur holographique que nous sommes.

Si notre incapacité à pouvoir descendre directement au plus profond des failles sous-marines des océans nous a fait imaginer des outils en prolongement de nos corps…. Eh bien, nous pourrions nous voir ainsi à plonger dans les plus basses fréquences de la matière demeurant impossible de façon directe aux esprits que nous sommes ! Dans la foulée, tout cela mettrait bien à mal la grande notion à la mode des «flammes jumelles» ou autres «âmes sœurs». S’il n’est pas question d’en contester la possible expérimentation, ce ne serait que sur un plan relatif et d’évolution. Elle ne demeurerait qu’une notion transitoire à la compréhension de l’inexistence de l’âme tout court ! Il faudrait donc finir par réussir à la transcender…

Au final, on discourt bien souvent sur la nécessité de l’instant présent, du lâcher prise ou encore de la re-connexion au Tout… Et si tout cela procédait tout justement du fait que ce jeu demeure juste celui de la spiritualisation de la matière ? C’est là que se fait l’expérience à laquelle j’ai fait allusion dans l’article dénommé «une imprimante à énergies». L’immense possibilité du libre arbitre aurait permis de sur-imprimer de l’énergie mentale sur la virginale perfection de l’Amour initial !!!

Le chemin de départ reste néanmoins de s’atteler à dé-construire toutes nos croyances. De les passer à la moulinette et de voir en arrière-plan tout le travail du dit petit mental-ego afin de nous garder coller à sa seule existence ! Ainsi devrait suivre un nouvel article consacré au choix de s’incarner, son pourquoi et comment, que je nommerai «Le meilleur joueur de la galaxie»….

À suivre donc !

[1]: Extrait de «Les maladies du Bien» Pages 349 et 350.

[2]: Pages 131 et 132 de «La révélation de soi. Népalsolo Tome2»

Au postulat de l'âme

by Yan Serre | Présences Magazine No 7 - Octobre 2019

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