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La vie est faite d’imprévus. Rester vivant, c’est bien s’adapter en permanence aux changements internes et externes que nous traversons. Le mouvement est la vie, dans ses petits et grands soubresauts. J’écris cet article dans une période particulière, celle d’une crise sanitaire mondiale, qui demande à tous et à chacun de mettre en œuvre cette capacité à « faire avec » l’inconnu, plus que jamais. Je crois fortement que contextualiser mes mots est important, parce que ce que nous traversons actuellement nous demande un travail collectif tout autant qu’individuel de retour à soi inédit dans son urgence et son ampleur. Les questions essentielles sur la vie n’ont pas changé : elles sont simplement mises en exergue et c’est peut-être l’occasion ou jamais de reprendre les rênes de nos vies en dépit de la peur de l’inconnu. Nous ne pouvons plus nous dérober.

Quelle présence au monde nous est demandée dans ce chaos ? Comment garder le cap tout en créant du nouveau pour donner davantage de sens au contexte dans lequel nous évoluons ?

Dans cet article, j’ai envie d’explorer comment nous agissons face à l’incertitude, comment nous pensons aussi. Nos mots, nos voix et donc nos corps, sont les véhicules de ces tourments. Mais ils peuvent aussi se révéler les vaisseaux qui vont créer la réalité de demain, dans des choix conscients. Malgré l’incertitude et les doutes, j’aimerais vous partager le pouvoir des pratiques créatrices autour de la voix et des mots face à l’inconnu. L’observation et l’expérimentation en sont deux clés de voûte et nous aident à revenir à un présent plus conscient et apaisé en dépit de l’incertitude.

LA PEUR DE L’INCONNU AU CŒUR DE LA VIE

L’incertitude est une grande source d’angoisse pour l’être humain. Les animaux eux, sont encore paraît-il dans un mode de survie qui leur permet de rester alertes et conscients en permanence. Une vie dangereuse mais une vie pleinement vécue en conscience. Alors que le monde vacille et que nous sommes confrontés à la remise en question de fondements d’un vieux système, j’ai la sensation que notre nature animale est amenée à se lier davantage à notre capacité réflexive. Plus que jamais, il n’est plus question de dualité : nous ne pouvons plus nous contenter de vivre avec notre tête comme avant, pour construire des réalités déconnectées du cœur. Nous ne pouvons pas envisager un monde serein en cédant à nos instincts de pouvoir, de haine, de domination et d’avidité. Là où nous en sommes enfin, c’est peut-être au seuil d’une véritable alliance corps-esprit. Celle qui nous permettra de sentir davantage et de réfléchir au mieux.

Mais dans cette optique, l’incertitude demeure. Elle concerne le présent de chaque instant : que dois-je faire pour préserver ma santé et celle des autres ? Est-ce que je devrais m’inquiéter de ces signes de fatigue ? Est-ce bien raisonnable d’aller visiter un de mes proches âgés dans un contexte de crise sanitaire ?
Elle concerne un futur proche ou lointain : vais-je pouvoir déménager comme prévu, partir en voyage ? Est-ce que mes projets professionnels vont pouvoir redémarrer ? Vais-je pouvoir travailler à nouveau, ou retravailler dans les conditions qui me conviennent ? Comment faire de nouvelles rencontres ?

Personne actuellement ne détient la vérité sur ce qui s’est passé, ce qui se passe et ce qui peut arriver. La notion d’incertitude nous renvoie à la figure celle de la vérité. On voudrait pouvoir se reposer sur cette vérité immuable, souffler un peu, savoir à quelle sauce on va être mangé ! Quoi de plus naturel, pour un animal humain, que d’avoir envie de se sentir en sécurité physique, émotionnelle et matérielle ?

 

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Marion Dorval

Je m’appelle Marion, je suis une artiste-auteure hybride qui n’aime pas trop se définir….

J’aime dire que j’habille les mots et danse les sons, grâce à la poésie, au chant et aux tissus.

Après un parcours professionnel jalonné de plusieurs reconversions, je suis finalement retournée à ce qui me passionne depuis toute petite : le langage - sous toutes ses formes: voix parlée, chantée, écrite, mouvements et gestes. C’est ainsi que j’ai créé Mémovoix. C’est une approche holistique et créatrice et c’est aussi mon chemin, pour libérer sa voix.e et oser être soi. Une pratique vivante et évolutive, à travers laquelle nous pouvons créer un pont harmonieux entre notre monde intérieur et celui des autres, grâce à cet incroyable canal qu’est la voix. Ce qui m’anime est l’exploration joyeuse du sensible pour nous relier à nous-mêmes et donc aux autres, l’expression libre et consciente de notre singularité pour nous sentir unifiés et connectés au Tout.

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