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Diane GagnéAbsence et valeur des efforts

J’aime bien le thème de ce mois-ci. Comme ancienne avocate, j’ai vu au fil des ans se développer cette fantastique société de droits dans laquelle nous nous trouvons maintenant. En 25 ans, j’ai vu le balancier de la justice se déplacer, lentement mais sûrement.

De quel côté ?

Je ne saurais dire.

J’ai vu beaucoup d’aberrations. Des prévenus échapper aux mailles du filet en se servant de vices de procédures. Le ridicule de certaines sentences. J’ai vu des acteurs du système se comporter à l’extérieur des salles d’audience, d’une façon qui était très loin des grandes valeurs qu’ils tentaient de faire appliquer.

Mais j’ai aussi vu beaucoup de gens de cœur. Qui se donnaient sans compter. Vu de belles initiatives pour tenter de rendre le processus moins difficile pour les victimes. Des acteurs faire preuve d’une intelligence émotionnelle rare, dans un domaine qui traite principalement avec les faits, la logique et la rhétorique. Compris toute l’importance qu’a ce système, dans un monde où tout le monde crie pour ses droits, mais a encore beaucoup de difficulté à se responsabiliser.

Le système judiciaire est représentatif de la dualité de notre monde. Un système qui « tend » vers l’équilibre. Je ne sais combien de fois j’ai dû expliquer aux gens que le système judiciaire n’est pas un système égalitaire. Dans un procès, qu’il soit criminel ou civil, il y a un gagnant et un perdant. Toujours. L’égalité en justice, c’est ce qui est en amont du système et soutient l’ensemble de celui-ci. Ce grand principe de droit fondamental qui détermine que la loi s’applique également à tout le monde. Le système, quant à lui, n’est là que pour maintenir l’ordre et éviter le chaos. Pour tirer la ligne quant à savoir qui a suivi la loi, et qui ne l’a pas suivie.

Tendre vers l’équilibre
Là, se situe le grand jeu de la Vie.

Samādhi, satori, illumination, nirvana, « bliss », « enlightenment », équanimité.

Ce sont tous là des termes qui nous ramènent à cet état de paix, de bien-être et de profond contentement qui vient avec l’atteinte de l’équilibre intérieur. Le grand relâchement qui vient avec la reconnaissance de notre Véritable Nature. Cette base nécessaire pour nous ouvrir, avec les temps, à des états plus profonds que sont la Sagesse et l’Amour. États qui amèneront forcément plus de vision. À cette capacité de voir au-delà des apparences en toutes situations. Ce que certains exprimeront en disant « voir le Divin ou l’Absolu en tout ». Ou d’une façon plus pragmatique, voir que derrière le chaos apparent, se situe une perfection intrinsèque. Un système où l’équilibre se maintient et la création évolue.

Avec ou sans nous… Parce que nous ne sommes qu’un tout petit élément parmi tant d’autres dans ce système.
Alors, cela étant établi, quel est notre rôle dans ce système ? Parce que le rôle détermine toujours le degré de responsabilité.

À mon sens, il n’y a pas de bons ou de mauvais rôles. Il y a celui que nous avons à jouer. Et celui-ci se mettra en place, qu’on le veuille ou non. Avec notre concours ou sans celui-ci. Donc, où se situe l’enjeu ?

AU NIVEAU DE LA CONSCIENCE

Sans l’apport de celle-ci, le scénario sera lourd. Fait de résistances, de combats et de luttes. Il y aura des gains et des échecs. Des jours ensoleillés et des jours de pluie. Et quelques apprentissages en cours de route. Mais, en bout de ligne, la Vie se vivra, la Vie se déroulera et suivra son cours. L’évolution continuera son mouvement. Mais il y aura un personnage au centre de celle-ci, qui prendra son rôle très au sérieux. Qui s’impliquera, qui souffrira, qui aura de grands moments de joie et de bonheur. Tout autant que des moments de désœuvrement, de questionnements et de doutes. Mais plus il y aura de Conscience qui sera insufflée, plus les expériences seront vues comme des apprentissages. Nous permettant de dépasser la surface. Comprendre le personnage et les rôles qu’il s’est approprié au fil du temps. Voir que sous la surface, existe une toute autre Réalité. Ensuite, bien sûr, il n’en tiendra qu’à nous de décider jusqu’à quel point nous désirons explorer cette Réalité sous-jacente. Jusqu’à quel point, nous désirons nous unir à celle-ci.

S’OUVRIR À LA VIE ET LA LAISSER NOUS INSTRUIRE

Cette exploration, n’est qu’un chemin parmi tant d’autres. Qui emporte moins de résistances avec le temps. Moins de combats et plus de paix. Mais ne nous leurrons pas. Ne croyons pas qu’il ait plus ou moins de valeur que les autres. C’est là une propension bien humaine. Que de penser que nous avons à faire des choix. De croire qu’un chemin est plus vertueux ou meilleur qu’un autre. De rejeter une voie au détriment d’une autre, une religion au détriment d’une autre ou une façon de vivre au détriment d’une autre. On demeure encore dans la séparation et les petites convictions propres à nos personnages. Qui nous empêche de voir que nous sommes le choix. Que notre existence même est un choix qui s’est fait en Conscience.

CHAQUE ÉLÉMENT À SA PLACE DANS LE SYSTÈME

Si vous enlevez une planète dans notre système solaire, c’est tout le système qui va foutre le camp. Si vous enlevez un acteur dans le système judiciaire, c’est la même chose. Peu importe lequel. Même ceux pour qui il œuvre… Plus de demandeur, plus de défendeur, plus d’accusé, plus de victime, plus de système ! Vous me direz peut-être : Tant mieux ! Ce serait merveilleux que nous ayons un monde sans conflit et sans criminalité !

Certes… Et c’est ce vers quoi le système « tend ». Mais cela prend du temps. Et d’ici là, nous avons besoin de celui-ci. Aussi imparfait soit-il. Cela dit, il va sans dire que nous devons continuer à l’améliorer.

C’est la même chose avec chacun des éléments de cette Création. Ils sont essentiels au maintien de l’équilibre et au mouvement évolutif. Notre problème, lorsque vient le temps d’adresser ces questions, est notre empressement. Un empressement lié à cette urgence de vivre qu’induit la séparation, la peur de la souffrance et de la mort. Un empressement qui nous empêche d’avoir de la profondeur dans notre vision.

Cela dit, ce n’est pas très grave. Cela alimente nos conversations. Nous tergiversons sur ce que devrait être ce monde et nous continuons de nourrir une créativité qui permet de l’améliorer. Mais, quoique nous disions ou faisions, ce monde EST. Au-delà de nos discussions et de nos opinions. On peut constater de ce qui va bien et va moins bien. Mais il ne sert à rien d’en juger. Parce que si le constat est neutre et permet de trouver des solutions, le jugement lui, est toujours empreint d’une émotivité dont nous pouvons très bien nous passer. Qui ne fait mal qu’à nous et nous fait stagner.

Donc, la responsabilité, c’est comme tout le reste. C’est très relatif. Très important pour certains personnages et pas du tout pour d’autres. Mais complètement naturel pour qui reconnaît sa Véritable Nature. Vous irez spontanément vers l’autre. Vous tenterez forcément d’apporter un peu de beau et de bon en ce monde. Ou, à tout le moins, vous essaierez de ne pas nuire ! Lorsque vous vous reconnaissez en toutes choses et en toutes circonstances, cela ne peut pas faire autrement. Si le Soi est Cela, il n’y a plus d’objet et de sujet. Il n’y a donc plus véritablement d’autres qui doivent être traité différemment du traitement qu’on s’accorde à Soi.

C’est jusque-là, que va la profondeur de la vision pour moi aujourd’hui. Cela ne me rend pas parfaite, loin de là. Cela me permet de voir la perfection intrinsèque en toute chose et en tout être. De voir que mes limites et mes imperfections sont nécessaires à mon expérience et mon cheminement. Et il en va de même des vôtres.

Sans ma Présence, ce monde ne serait pas le même.

Et sans la vôtre, non plus.

Alors, soyez ce que vous êtes. Tel que vous êtes.

Pleinement. De tout votre cœur. Imparfaitement. Avec simplement cette ouverture à vous laisser instruire par la Vie.

Pour moi, c’est là notre seule véritable responsabilité. Mais pour certains, un énorme défi. Qui demande beaucoup de courage. Parce que se connaître, se comprendre et s’accepter, c’est du gros boulot pour plusieurs. Avoir la force de faire face à nos souffrances pour mieux les transcender, aussi.

Pourquoi est-ce aussi difficile ? Parce que cela demande abandon, confiance et lâcher-prise. Ce qui va à l’encontre de ce qui nous a majoritairement été appris. Dans un monde où le faire l’emporte encore sur l’être.

Ainsi, le non-effort est bien souvent vu et perçu comme un immense travail.
Oui. C’est un des nombreux paradoxes de la non-dualité. Cette Réalité où l’être grandit en Conscience, par cette juste tension entre le faire et l’être. Une tension nécessaire à cette prémisse qu’est la paix. La Sainte Paix qui vient avec l’équilibre et nous fait voir que nous sommes UN.

Certains travailleront très fort pour tendre vers l’équilibre. Jusqu’à ce point de rupture où il sera vu que c’est dans l’acceptation que les choses prennent place. Alors que d’autres accepteront plus facilement ce qu’ils sont, tentant de faire avec ce qui leur a été donné. Mais, dans un cas comme dans l’autre, on finit toujours par en arriver au même résultat.

Dans un cas comme dans l’autre, le voyage est parsemé d’essais et d’erreurs…

Un proverbe africain dit que l’erreur n’annule pas la valeur de l’effort accompli.

C’est là une grande sagesse que nous aurions intérêt à nous rappeler plus souvent.

Crédit photo : Devanath sur Pixabay


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Diane Gagné

25 ans dans le domaine judiciaire ainsi qu’une quête personnelle jalonnée de hauts et de bas, c’est le parcours de Diane avant que sa vie bascule complètement. Une nuit noire de l’âme l’entraîna jusqu’à une tentative de suicide. Un éveil spontané s’en suivi, un retournement de conscience s’opéra et plusieurs années d’arrêt s’imposèrent pour intégrer cette expérience. De cette pause naquit une réalité complètement nouvelle.

Nous sommes la Présence Éternelle qui habite au coeur d’un mouvement qu’on appelle la Vie. Rien à retrancher ou à ajouter à une vie qui est complète et pleine d’elle-même. Souffrances et résistances ne sont que le fruit d’une séparation illusoire. Nous ne tendons vers rien de spécifique sur le chemin spirituel, mais retournons simplement à ce qui est préexistant à toute manifestation. Il n’y a donc rien à apprendre mais tout à oublier.

Des pensées, des réflexions, des inspirations surgissent et repartent. Rien ne peut vraiment être saisi. Dans un élan de partager ce vécu, des textes, des partages en Présence et des conférences vous sont offerts. Ainsi que des services pour vous accompagner sur votre chemin.

Une simple présence sur votre chemin d’éveil, qui ne prétend à rien de particulier. La Vie qui se déverse, d’un cœur à l’autre…

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