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L’enfance, puis l’adolescence se passent. Dans les starting blocs de la vingtaine,  la vie qui nous appelle nous demande «Et toi ? Que deviendras-tu ? Comment as-tu l’intention d’exprimer dans le monde le souffle que je t’ai offert ? Auras-tu le courage de devenir telle que je t’ai fait.e,  de laisser germer les grains que j’ai placés en toi ? »

Ces rêves qu’on laisse de côté

Et nous pressentons bien que quelque chose de  brillant, d’indompté, de grandiose en nous ambitionne d’être mis bas mais il y a ces études à terminer, ce travail à trouver, ce loyer à payer, cette vie quotidienne à financer. Les années défilent avec les mariages, les naissances, les enfants et leurs bobos, les ménages et rendez-vous divers chez les pédiatres et les dentistes. Le chef au bureau et sa tête de licenciement, tenir bon encore quelques années, il faut bien rembourser notre prêt. Après, plus tard, quand je serai à la retraite... Subrepticement, la vie s’écoule au loin et nous nous laissons vivre par notre quotidien.

Seulement au fond de nous, cette petite voie murmure encore et nous remet en mémoire les rêves que  nous faisions, les poèmes que nous écrivions, les virées que nous aspirions à entreprendre, les amours aux lèvres desquelles nous aurions tant aimé boire. Et peut-être entendons-nous, si nous y prêtons l’oreille, pleurer la personne que nous avons imperceptiblement cessé d’être. Elle nous parle d’une vie telle une rose parfaitement éclose juste avant de faner, épanouie, accomplie, avérée ; dans l’équilibre éternel entre passé et avenir.

L’enseignement des personnes en fin de vie

Qu’est-ce qu’une vie accomplie, épanouie ? Ce qui m’a personnellement aidée à répondre à cette question, c’est l’accompagnement des personnes en fin de vie. Confrontée à l’ultime vérité, l’ultime évidence sur la condition humaine : la finitude de la vie, j’ai ressenti concrètement que moi aussi, un jour, il me faudrait laisser la place. Il me faudrait accepter la déchéance de mon corps meurtri et peut-être aussi de mon esprit. Avoir le privilège d’assister aux derniers instants de la vie d’une personne constitue pour moi le plus grand enseignement spirituel qui soit ! On meurt comme on a vécu et parfois quand le corps meurt, il est inhabité du Sens depuis bien longtemps.

Cette prise de conscience a éveillé en moi le désir profond de répondre par OUI à l’appel de la vie. Ne plus vivoter, ne plus perdre de temps précieux à ce qui ne sert pas ou plus la vie, ne plus laisser d’autres décider de ce qui est bon pour moi à ma place, entrer en dialogue avec cette vie qui m’habite provisoirement.

 

 

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Awa Belrose

Awa Belrose

Née en 1973 et anciennement accompagnatrice de personnes en fin de vie, Awa Belrose continue d´accompagner les personnes en deuil ou en recherche de sens en leur proposant des expériences initiatiques en pleine nature. Ayant grandi en Afrique équatoriale, toute sa confiance dans la nature et dans la capacité humaine d´auto- guérison coule dans son travail. Formée à l´accompagnement de la quête de vision pendant trois ans dans la tradition School of Lost Borders en Allemagne par son mentor Haiko Nitschke, elle a fondé en 2007 l´institut Atelier de l´Âme qu´elle dirige en Allemagne, où elle vit depuis bientôt vingt ans.  Depuis 2018 Awa est psycho-praticienne (Heilpraktikerin für Psychotherapie) et a ouvert un cabinet. Elle est formée en communication non violente et en imagination active.

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